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Biennale de Dakar 2022: le Bilan affiché

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L’annonce en 2018 d’El Hadj Malick Ndiaye en qualité de Directeur artistique laissait présager une aussi belle réussite. Non seulement pour ses compétences intellectuelles et artistiques mais aussi et surtout parce qu’à l’heure de la forge, l’Etat sénégalais a compris qu’il fallait faire confiance à un homme qui pouvait percevoir et restituer à juste titre les battements de cœur du continent et faire davantage entrer l’art actuel dans les mœurs quotidiens de ses habitants.
L’exposition officielle de la Biennale qui a mobilisé à elle-seule plus de 180 000 visiteurs le prouve à raison. Entre peintures, sculptures, photographies, vidéos et installations multiples, Indaffa (forge en Sérère), le thème de cette quatorzième édition, s’est laissé appréhender en toute liberté et sans contrainte aucune par chaque visiteur. Une curation hétérogène qui invite, dans un cheminement personnel, à prendre conscience de la situation de l’Afrique dans le monde sans vérité absolue mais plutôt à retrousser dès maintenant les manches pour un avenir meilleur.
La quatorzième Biennale de Dakar, ce fut aussi une exposition hommage au grand maitre malien Abdoulaye Konaté au Cap Manuel, l’ancien palais de justice de Dakar ; les expositions des quatre commissaires invités au Musée Théodore Monod d’Art Africain ; les pavillons nationaux de la Chine, de la Côte d’ivoire et du Sénégal au Musée des Civilisations Noires ; le Colloque scientifique mené avec brio par l’économiste Felwine Sarr ; le Marché de l’Art et les rencontres professionnelles au Monument de la Renaissance Africaine ; l’exposition « 343 » d’Ousmane Dia dans l’enceinte de l’Université Cheick Anta Diop ; « Black Rock 40 », l’exposition inaugurale de Black Rock Senegal, la résidence d’artistes fondée par Kehinde Wiley ; « Les Restes Suprêmes » de Dorcy Rugamba, un projet spécial qui questionne le rôle que joue l’art africain dans la construction d’une vision euro-centrée du monde ; la carte blanche donnée à Soly Cissé à la Galerie Nationale d’Art et celle également donnée aux Manufactures Sénégalais des Arts Décoratifs de Thiès ; le projet Doxantu ou l’art dans les différents espaces publics de la ville de Dakar ; les programmes pédagogiques et les différents concerts musicaux.
Avec plus de 400 expositions éclectiques, les manifestations OFF ont également apporté à cette édition de la biennale des bouffées d’air frais tout en ne perdant rien de leur esprit originel.
En revanche, il faut espérer que le pilotage institutionnel de la prochaine biennale soit moins chaotique. Car, n’eut été en effet la qualité des propositions artistiques et la communication globale assez bien tournée malgré des contraintes récurrentes, on aurait pu assister à un grand flop tant dans le montage des expositions que dans la logistique globale de l’évènement.
Le Grand Prix Léopold Sédar Senghor de la Biennale a aussi perdu cette année de sa superbe crédibilité en se faisant, contre toute attente, décerné à l’Ethiopien Tegene Kunbi (né en 1980) alors qu’il avait des propositions artistiques plus intéressantes et plus actuelles dans l’exposition officielle.
On espère donc vraiment que le Secrétariat Général de la Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar sera bien inspiré de corriger ses erreurs pour une Biennale de Dakar encore plus réussie en 2024.

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