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Une table ronde germano-africaine pour faire face aux crises

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Des représentants européens et africains ont débattu des solutions à mettre en œuvre face aux nouveaux défis que représentent la Covid-19 et la guerre en Ukraine.

L’Allemagne se prépare à accueillir fin juin le sommet des chefs d’Etat du G7, dont elle assure la présidence actuellement. En amont, Berlin plaide auprès du groupe des sept premières puissances industrielles du monde en faveur des pays les plus pauvres. Ces pays continuent de subir les effets de la pandémie de Covid-19 et la guerre russe en Ukraine vient aggraver la situation avec ses conséquences sur la sécurité alimentaire.

Comment sortir de ces difficultés mais aussi comment se préparer à affronter de nouveaux défis ? Ces questions étaient jeudi (12.05) au centre de l' »Africa Roundtable », une table ronde sur l’Afrique à Berlin. Des acteurs politiques européens et africains ont partagé leurs idées avec des représentants du secteur économique, de la santé et de la société civile.

Pandémie et guerres, deux facteurs de crise
Lorsqu’il s’agit du coût de la pandémie de Covid-19 en Afrique, Tajudeen Raji est formel.

« La Covid-19 a affecté des vies sur le continent africain et cela prendra des années pour récupérer de ces dégâts. »

Ce pédiatre est en charge des instituts de santé publique et de recherche au Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine. Pour lui, la pandémie a non seulement désorganisé l’infrastructure sanitaire en Afrique, elle a aussi gâché les progrès enregistrés dans la lutte contre d’autres pathologies comme le VIH-Sida.

L’invasion russe de l’Ukraine est encore venue aggraver l’insécurité alimentaire.

Autant de constats faits par les participants à la table ronde de Berlin.

Des actions concrètes pour répondre aux crises
Mais tous sont d’accord là-dessus : au lieu de ressasser ce qui ne va pas, il vaut mieux parler d’actions concrètes.

Du concret, pour Amadou Hott, le ministre de l’Economie du Sénégal, c’est l’investissement en Afrique où les opportunités sont nombreuses.

« Ce qui est important pour le Sénégal et pour l’Afrique, à mon avis, c’est de continuer à faire de gros investissements, de ne pas attendre cinquante ans pour faire ce qu’on peut faire dans les dix prochaines années. »

Traitement d’égal à égal et partenariat gagnant-gagnant.
L’homme d’affaires Mo Ibrahim encourage Européens et Africains à dénoncer aussi ce qui ne va pas.
Député allemand depuis une dizaine d’années et d’origine sénégalaise, Karamba Diaby, hôte de la rencontre qui se déroulait dans les locaux du parlement allemand, tient compte aussi de l’opinion publique européenne.

« Si nous prenons l’exemple du Mali avec l’EUTM, nous avons contribué à former les forces de sécurité pour qu’elles défendent leur pays, et nous remarquons qu’une partie de ces forces a contribué au coup d’Etat, explique-til. Donc tout cela, ce sont des discussions critiques qui sont au niveau des populations européennes, en Allemagne et ailleurs, dont nous tenons compte de cela. Néanmoins, je dis que nous coopérons avec les pays et nous tenons compte de l’intérêt de la société civile, l’intérêt de la population. »

La synthèse des discussions de cette table ronde sera soumise aux dirigeants du G7 qui se réunissent du 26 au 28 juin en Allemagne.

« The Africa Roundtable » en est à sa deuxième édition. Soutenu par la banque européenne d’investissement, l’Onu, la fondation Bill et Melinda Gates ainsi que la Deutsche Welle, l’événement est organisé par Global Perspectives Initiatives (GPI), une structure de la société civile allemande.

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