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Transport maritime : la BCEAO suggère la création d’une compagnie régionale au sein de l’UEMOA

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Selon la Banque centrale commune aux pays de l’UEMOA, les paiements des services de fret international atteignent les 4 000 milliards FCFA. Elle conseille la création d’une compagnie régionale pour compenser. Mais mobiliser des ressources pour un tel projet ne semble pas évident.

Dans son rapport sur le commerce extérieur de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour le compte de l’année 2021, la Banque centrale de cette sous-région (BCEAO) recommande que soit créée une compagnie maritime commune.

Son objectif ultime à travers cette proposition est d’atténuer le poids que représente le paiement des services fret pour les marchandises importées par les pays membres sur les dépenses effectuées en devises.

« Dans la perspective d’atténuer la facture fret dans l’UEMOA, des mesures suivantes pourraient être prises : […] mettre en place une compagnie régionale de transport maritime, qui permettra à l’Union de bénéficier des recettes de fret vis-à-vis des non-résidents, en assurant le transport des marchandises vers les partenaires commerciaux », peut-on lire dans le rapport de l’UEMOA dont l’Agence Ecofin a obtenu une copie.

Avec la réouverture globale des économies post covid-19, la forte demande des services de transport maritime a entraîné une hausse des prix du fret dans le monde, avec une facture qui, pour l’UEMOA, s’est approchée des 4 000 milliards FCFA (6,2 millions $). C’est la part la plus importante (51 %) des dépenses extérieures effectuées par les pays membres de la sous-région, pour des questions de service.

Au-delà du secteur du transport maritime, la BCEAO, qui gère aujourd’hui de manière autonome ses réserves de change, est attentive à tout ce qui pourrait affecter leur évolution à la baisse ou à la hausse.

Sa proposition d’une compagnie maritime régionale pour exporter les biens achetés par des clients étrangers vise à instaurer de l’équilibre sur un secteur qui fait perdre des devises aux pays de l’UEMOA, sans aucune contrepartie en recette.

Les revenus de transports générés par les compagnies de la sous-région, notamment Air Sénégal, Air Ivoire ou encore le leader Asky, ne permettent pas de compenser la part qui est déjà payée aux compagnies aériennes non incorporées au sein de l’UEMOA, et moins encore aux armateurs internationaux qui apportent des marchandises aux ports de la sous-région.

La suggestion ne semble pas irréalisable. En Algérie, le gouvernement a été autorisé à accroître la flotte maritime nationale en acquérant de nouveaux navires. Le but de cette initiative est aussi de réduire la facture du fret, qui aura été un des postes de dépenses extérieures les plus importants pour les pays africains.

Il est cependant plus complexe de le concrétiser. Le secteur requiert des capitaux de démarrage importants, notamment en devise. Dans l’absolu, cela pourrait exiger de mobiliser des ressources financières sur le marché international des capitaux.

Un exercice complexe pour les pays exemplaires de l’UEMOA, dont la notation reste spéculative pour les agences internationales de notation.

Aujourd’hui qu’elle gère ses réserves de change elle-même, la BCEAO pourrait peut-être résoudre l’équation de l’accès aux devises. Mais avec une situation des importations de biens qui a atteint les 21 622 milliards FCFA et un déficit sur le commerce des biens de l’ordre de 1 186 milliards FCFA en 2021, il n’est pas certain que l’institution ait la totale flexibilité pour une opération d’une telle envergure.

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