importance politique, économique, et symbolique. À l’époque, le Sénégal était présidé par une aussi étrange qu’intéressante personnalité, Abdoulaye Wade. Plus qu’étrange, en fait, l’homme était surtout paradoxal. Érudit, titulaire d’une agrégation d’économie obtenue sur les bancs de l’université française, et en même temps assez désorganisé dans sa pensée. Suivre une conversation avec lui exigeait un très grand effort de concentration. Gros travailleur, il pouvait être impressionnant lorsqu’il décrivait ses projets de développement, et en même temps complètement cyclothymique. Il lui arrivait de se renfrogner dans un mutisme complet comme de partir dans des colères homériques. Incontestable démocrate pour 90 % de son activité, il pouvait céder à une des pulsions de son tempérament et envoyer un de ses opposants en prison.

En résumé, le calme n’était pas son point fort et son imprévisibilité notoire nous faisait toujours redouter le pire. Je l’aimais bien cependant, car j’admirais ce très long parcours au service de son pays, et l’aspect ascétique de sa personnalité. Au fond, il n’aimait et ne vibrait que pour son travail. En cela, il était très loin du portrait caricatural du président africain aimant à jouir de toutes les bonnes choses de la vie. Les chiffres, entre la France et le Sénégal, étaient impressionnants.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici