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Report de la Présidentielle : Le Front Démocratique Pour Une Election Inclusive (FDPEI) pour « une concertation nationale »

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POUR UNE ÉLECTION DÉMOCRATIQUE, TRANSPARENTE ET INCLUSIVE

APPEL SOLENNEL À TOUTES LES FORCES VIVES
DE LA NATION POUR SAUVER LE SÉNÉGAL ET PRÉSERVER SA PAIX, SA STABILITÉ, SON UNITÉ ET SES ACQUIS DÉMOCRATIQUES!

Notre Front a été créé par des candidats spoliés de leurs droits civils et politiques par le Conseil constitutionnel à l’étape du parrainage citoyen et lors de la publication de la liste définitive, les écartant ainsi et injustement de la course à la Présidentielle de 2024.

Aujourd’hui la crise politique s’est installée et n’épargne aucun compartiment de notre peuple, d’où notre décision de nous regrouper en un front solide et compact pour apporter notre contribution aux perspectives de sauvegarde des intérêts de notre pays et de notre peuple. Nous sommes tous concernés : leaders politiques, cadres de la société civile, personnalités indépendantes afin qu’ensemble nous puissions faire face aux graves défis auxquels nous sommes confrontés avec l’exacerbation de la crise électorale et politique.

Cette crise est née avant tout d’une série de décisions très regrettables du Conseil Constitutionnel, disqualifiant de façon irrégulière des « citoyens candidats » qui étaient pourtant en parfaite conformité avec les règles du parrainage citoyen et l’exigence d’une nationalité sénégalaise exclusive.

La survenue d’accusations graves et très préoccupantes contre certains membres du Conseil constitutionnel a provoqué, fait sans précédent dans notre histoire politique et institutionnelle, la mise en place d’une Commission d’enquête parlementaire.

Aussi grave que la spoliation des droits de candidats et la mise en place d’une commission d’enquête, un autre grand scandale a éclaté trois jours avant le lancement de la campagne pour la présidentielle : il porte sur la révélation de la présence d’une candidate bi-nationale (et peut-être de plusieurs autres) sur la liste des candidats autorisés à compétir pour les suffrages des citoyens. Pourtant un autre candidat, lui, a été écarté justement pour bi-nationalité alors que la preuve qu’il avait régularisé son statut avait été présentée à tout le pays.

Considérant que c’est ce même Conseil constitutionnel qui doit proclamer le Président ou la Présidente de la République vainqueur de l’élection du 25 février, il était devenu incontestable que notre pays entrait dans une grave crise de crédibilité et de confiance dans ses institutions.

C’est dans ces circonstances qu’est intervenue la décision du Président Macky SALL de stopper net le processus électoral en abrogeant son décret portant convocation du corps électoral pour l’élection du Président de la République le 25 février 2024.

Depuis l’annonce de cette décision le samedi 3 Février, l’histoire de notre pays semble s’être accélérée avec le vote à l’assemblée d’un report du scrutin présidentiel au 15 décembre prochain.

Ce qui est aussi frappant c’est la série d’événements qui ont suivi. Des violences meurtrières qu’on croyait bannies de notre vie politique ont été observées. Aux morts et blessés dans les manifestations ont succédé des appels à l’affrontement et à l’insurrection. Une telle spirale ne conduit pas notre pays à bon port.

S’y ajoute l’implication ostentatoire et intolérable des Médias étrangers (français et du Moyen Orient en particulier) dans les infox, la manipulation et l’exaltation de la violence au Sénégal. Certains journalistes étrangers sont allés très loin dans la désinformation pure et simple en parlant « d’affrontements qui ont embrasé tout le pays ». Les plus téméraires ont dépeint une apocalypse au Sénégal qui présage « d’une guerre civile » ou « d’un coup d’état militaire » ! Du jamais vu… comme s’ils étaient en mission pour contribuer à la déstabilisation de notre pays.

On sait qu’il circule au Sénégal, dans ces moments de fragilité électorale et politique, toutes sortes de lobbys pour des intérêts funestes et inavoués et qui utilisent à l’envi tous les supports médiatiques et les instruments de la communication digitale.

En outre, on a noté des injonctions inacceptables de pays et d’organisations partenaires qu’on a vainement attendu du bon coté des femmes et des enfants massacrés par milliers sans répit à Gaza, sans compter les coupures de l’Internet et de l’électricité jusque dans les hôpitaux.
N’est ce pas de façon manifeste une indignation sélective !

Certains pays sont même allés jusqu’à récuser le vote du Parlement d’un autre pays en le déclarant « illégal » prétendument à cause de l’intervention des forces de l’ordre (pourtant prévu par l’article 53 du règlement intérieur du parlement sénégalais). Sans préjuger de nos différentes opinions sur le vote de notre parlement, nous rappelons quand même que dans un de ces pays, le décompte des votes pour la proclamation des résultats de leur dernière présidentielle n’a pu se faire au Congrès que suite à l’intervention armée de leurs Forces de Défense et de Sécurité après une violente insurrection et des saccages perpétrés par les partisans du Président candidat malheureux à sa réélection.

Notre posture de candidat aspirant à remplacer le régime actuel nous interpelle également sur l’urgence d’éradiquer le type de relation faite de soumission et de courbettes qui nous vaut aujourd’hui ces formes d’humiliation.

Notre Front démocratique pour une élection inclusive rappelle à nos compatriotes que, nous Sénégalais sommes les premiers à dénoncer les failles de notre démocratie et à chercher à y remédier. La crise constitutionnelle, institutionnelle et politique qui frappe de plein fouet notre pays est très grave et très sérieuse. Toutefois nous savons que la résilience, historiquement attestée du peuple sénégalais, peut nous tirer d’affaire et nous aider à restaurer un processus électoral inclusif, relancer le fonctionnement régulier de nos institutions et prévenir toute prolongation indue du mandat présidentiel.

Notre Front Démocratique ne s’était pas concentré sur le maintien ou le report de l’élection présidentielle. Par contre, nous avons exigé sans relâche nos droits de candidats à la présidentielle, pour que ceux parmi nous qui seront régularisés puissent être inclus dans la liste des candidats. Dans cet esprit nous n’avons jamais validé les thèses de ceux qui nous proposaient d’accepter les décisions injustes et indéfendables du Conseil constitutionnel et d’être des dommages collatéraux consentants du système mis en place pour nous juger et nous écarter. De là que le report de l’élection, malgré ses inconvénients manifestes, répare la grave injustice qui nous avait été faite. Il nous rassure aussi que nos droits seront respectés à la reprise du processus électoral et que la question des binationaux sera tranchée de façon juste et équitable.

Au Président de la République, nous lançons aussi un Appel solennel à organiser dans les meilleurs délais non pas « un Dialogue national » (formule contestée) mais « une Concertation nationale sur la réforme de la Loi électorale et des Institutions en charge de sa mise en œuvre et la relance du Processus de l’élection présidentielle ».

Cette concertation nationale nous permettrait une gestion concertée de la transition et la mise place d’une feuille de route pour la réconciliation nationale et pour une élection présidentielle apaisée, crédible et inclusive.
Même la controverse sur la durée de la transition devrait trouver un compromis raisonnable et acceptable pour tous lors de la concertation.

Egalement, Nous proposons, des gestes forts d’apaisement à travers notamment la libération des détenus arrêtés dans le cadre d’activités ou de manifestations politiques.

Aujourd’hui, notre Front démocratique tend la main aux personnalités indépendantes comme aux Leaders politiques et autres cadres de la société civile, afin qu’ensemble, nous puissions faire face aux graves défis auxquels est confronté notre pays.

Le Front Démocratique se réjouit de la rencontre avec la mission parlementaire de la CEDEAO et de nos échanges approfondis qui les ont amené à conclure que la crise dans notre pays étant éminemment politique et par conséquent la solution politique devrait être privilégiée.

Le Front Démocratique exprime sa profonde gratitude aux deux anciens Chefs d’Etat, les Présidents DIOUF et WADE, pour leurs sages recommandations en vue de promouvoir le dialogue et de préserver la paix dans notre pays.

Le Front Démocratique rend également un vibrant hommage et félicite les autorités religieuses et coutumières de notre pays ainsi que les grandes figures intellectuelles nationales et africaines qui oeuvrent sans relâche pour la préservation de notre bien le plus précieux : la paix et la stabilité du Sénégal.

Le Front démocratique exprime sa reconnaissance et sa solidarité à la presse qui travaille avec courage et abnégation pour préserver le droit des citoyens à l’information.

La mission de sauver le Sénégal n’est la mission d’aucun média étranger ou d’aucun pays étranger. Puisons d’abord et avant tout dans les immenses ressources et ressorts de notre peuple, en nous adossant sur son génie propre, pour redresser la barre et redonner à notre pays son statut de pays leader dans le combat de notre continent pour la dignité, le développement, la démocratie, la protection des droits humains et la Renaissance africaine.

Fait à Dakar, le 14 Février 2024

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