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Relance des Industries Chimiques du Sénégal: Des acteurs plaident pour une nationalisation des Ics

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Jadis fleuron de l’économie sénégalaise, les Industries chimiques du Sénégal (Ics) vivent une situation complexe. L’État du Sénégal a décidé de l’arrêt, « jusqu’à nouvel ordre, des opérations de sondage dans les concessions des Ics à partir du lundi 3 juin 2024 ». Pour les membres du Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (Cndes) et du Groupe secteur privé et développement (Gspd) -d’anciens employés des Ics- l’heure est venue pour le Sénégal de reprendre les choses en main. Ils faisaient face à la presse vendredi à Dakar. « Depuis 2014, les Ics sont sous le contrôle du groupe indonésien Indorama qui possède une filiale en Inde pour les engrais (Indorama India Private Limited). Parallèlement, le Conseil d’administration des Isc, composé de 12 membres, ne compte que deux Sénégalais. Pire, les sphères directoriales sont occupées par les Indiens. Sur les 70 cadres, 60 sont des Indiens. Les employés sénégalais qui partent à la retraite sont remplacés par des Indiens. Ils sont plus de 200 à la mine de phosphate. Les employés sénégalais sont passés de 2500 à 1500 », ont-ils indiqué.

Pour Abdoul Aziz Ndiaye, ancien des Ics, rien que pour l’aspect financier, entre redevance minière, recettes de vente d’acide détournées, surfacturation de matières premières, les Ics doivent 300 milliards de FCfa au Sénégal. « Il faut que l’État du Sénégal récupère le contrôle des Ics. S’il le fait, il peut redevenir l’actionnaire majoritaire. Il pourra alors ouvrir le capital au secteur privé national », a-t-il plaidé.
Selon lui, si les bonnes dispositions sont prises, le Sénégal peut régler définitivement le problème d’approvisionnement en engrais. « Nous étions les maîtres du jeu dans l’engrais. Aujourd’hui, l’acide phosphorique est entièrement exporté vers l’Inde. Et c’est la matière première pour faire de l’engrais », a ajouté M. Ndiaye. Pour pallier ce problème, il suggère aussi de transformer la dette que l’entreprise doit à l’État en capital.

Évoquant le potentiel des Ics, l’ancien des Ics a indiqué que rien que l’usine d’engrais de Mbao est, par exemple, capable de produire 250 000 tonnes par an alors que les besoins de l’agriculture sénégalaise sont estimés à 150 000 tonnes l’année. « A fortiori elle n’exporte plus dans les pays cotonniers. L’usine ne reçoit pas l’acide phosphorique nécessaire pour produire. Aujourd’hui, Indorama, actionnaire principal et maître du jeu, destine l’acide phosphorique des Ics à la fabrication des engrais en Inde », a-t-il précisé.

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