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Plainte de la SODAV contre Xibaaru et L’Exclusif: Le Cored tranche

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Le Tribunal des Pairs du CORED a examiné le 3 février 2021, la plainte conjointe de Madame Ngoné NDOUR et Monsieur Aly BATHILY contre le site d’informations
Xibaaru et le quotidien L’Exclusif.
Les faits : Les plaignants ont saisi le CORED en leurs qualités respectives de Présidente du conseil d’administration et de Directeur-gérant de la Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins (SODAV). Ils estiment que le site d’informations en ligne
xibaaru.sn les a « diffamés » et a « gravement porté atteinte à leur réputation » dans les parutions des 9, 10, 11 et 12 janvier 2021.
Le même reproche est fait au quotidien L’Exclusif qui, dans sa parution du vendredi 15 janvier 2021 avec un appel à la Une, écrit : « Népotisme ou gabegie à la SODAV – Un musicien empoche 100 millions par bimestre.»

Avis du Tribunal des pairs :
Le Tribunal des pairs du CORED considère que les plaignants sont bel et bien habilités à saisir le CORED, conformément à l’Article 13 de ses Statuts : « Le CORED peut être
saisi par toute personne physique ou morale, de toute violation des règles d’éthique et de déontologie, dans les conditions prévues par le Règlement intérieur. »

Le Tribunal des pairs du CORED considère que Xibaaru a fait un traitement
déséquilibré de cette affaire et que le principe de la contradiction n’a pas été
respecté. Le (la) journaliste qui a traité l’information s’est contenté d’une seule source (anonyme). Le Tribunal constate que le site en ligne n’a pas donné la parole
aux plaignants. D’ailleurs, dans sa réponse au CORED, la rédaction de Xibaaru déclare qu’elle ‘’n’a pas diffamé et elle estime même devoir réclamer des réponses à la
SODAV sur le pourquoi d’un don à un conseiller du président ».

C’est précisément la faute qui a été commise à savoir ne pas contacter la structure incriminée, au nom du droit du public à une information juste et équilibrée. Il en est de même pour L’Exclusif, l’éditeur note en parlant de la SODAV et des personnes indirectement incriminées : « … autant nous n’avons pas trouvé nécessaire de les joindre pour recueillir leur version même si, à titre facultatif, nous pouvions le
faire ».

Pour le Tribunal des pairs, l’éthique et la déontologie de notre profession n’en font pas une démarche facultative mais une exigence.
Par ailleurs, l’usage de sources anonymes pour s’attaquer à des personnes physiques ou morales est proscrit.
En son article 17, le Code de la presse stipule : « Le journaliste et le technicien des médias doivent s’interdire les accusations anonymes ou gratuites ». Les informations
auraient donc dû être recoupées y compris celles venant de l’Observatoire de la
Musique et des Arts du Sénégal (OMART).
Enfin, en mentionnant un musicien « non sénégalais » à la tête de l’Association des
Métiers de la musique au Sénégal (AMS), Xibaaru fait une remarque discriminatoire
et stigmatisante.
Le Code de la presse en son Article 18 stipule : « Le journaliste et le technicien des
médias doivent respecter la dignité humaine ; éviter toute allusion, par le texte,
l’image et le son, à l’appartenance ethnique ou nationale d’une personne, à sa
religion, à son sexe ou à son orientation sexuelle, ainsi qu’à toute maladie ou
handicap d’ordre physique ou mental, qui aurait un caractère discriminatoire et/ou
stigmatisant. »
Le Tribunal sert un blâme à Xibaaru qui a été épinglé par deux fois par le tribunal
sortant et un avertissement au quotidien L’Exclusif.
Le Tribunal recommande à L’Exclusif de veiller à l’équilibre de l’information chaque
fois qu’une personne (physique ou morale) est mise en cause et à se doter d’un ours
conformément au Code de la presse.

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