Une femme dirigera certainement le commerce mondial. Et le match se joue désormais entre la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala et la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee qui restent les seules en lice pour la direction générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Ngozi Okonjo-Iweala est-elle à deux doigts de diriger le commerce mondial ? La Nigériane et la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee sont désormais les deux candidates restant dans la course vers le poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), annonce ce jeudi 8 octobre David Walker, président du Conseil général de l’OMC.

Le temps des femmes
Il est donc désormais certain qu’une femme dirigera l’OMC au cours des prochaines années. Actuelle ministre du Commerce de la Corée du Sud, Yoo Myung-hee est également une figure dans son pays, pour être la première femme à occuper cette fonction. On lui crédite également plusieurs accomplissements notamment dans les relations commerciales de son pays avec les grands pôles commerciaux mondiaux.

Cependant, de nombreux observateurs donnent Ngozi Okonjo-Iweala pour favorite. D’ailleurs depuis l’annonce de sa candidature, l’ex-ministre nigériane s’est démarquée dans cette course qui a initialement rassemblé huit candidats dont trois Africains. La deuxième phase enclenchée le 24 septembre dernier ne retenait que cinq candidats dont la kényane Amina Mohamed. Première femme à la tête du conseil général de l’OMC en 2005, celle qui a déjà tenté de briguer la direction générale en 2013 et qui s’estimait légitime pour le poste cette fois, est donc finalement écartée.

Une campagne offensive, des soutiens à travers le monde…
Connue pour ses accomplissements dans la lutte contre la corruption au Nigeria pendant ses mandats de ministre des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala -également ex-ministre des Affaires étrangères- préside le Gavi, l’Alliance pour le vaccin financée par Bill & Melinda Gates. En juillet 2018, elle est devenue la première personnalité africaine au conseil d’administration de Twitter.

Tout au long de la course, Okonjo-Iweala a mené une communication offensive et reçu le soutien de personnalités influentes à travers le monde. Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, surprenait sur les réseaux sociaux en septembre, en affichant son soutien à sa compatriote et appelant le monde à appuyer sa candidature.

Si la présente élection du directeur général de l’OMC a émergé comme celle de l’Afrique et ce, 25 ans après la création de l’institution, elle intervient aussi à un moment crucial de l’histoire commerciale mondiale en raison du contexte de la pandémie de coronavirus, la récession mondiale et la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Tout cela représente un cocktail de défis majeurs pour le prochain patron de l’OMC. Ngozi Okonjo-Iweala a confié à The Telegraph qu’elle « n’a pas peur de gérer le conflit USA-Chine » et qu’elle pense avoir vécu des situations plus complexes dans ses fonctions de ministre du Nigeria.

Ce que les Africains attendent de la future DG de l’OMC
Du côté de l’Afrique, des voix s’élèvent pour appeler le prochain leader de l’OMC à travailler de manière à permettre au continent de développer son commerce, alors que l’Afrique s’apprête à lancer le plus grand espace commercial au monde, la Zlecaf. « Un leadership africain à l’OMC devrait au moins commencer à aider à installer dans les pays du continent, des infrastructures intégrées pour la promotion de la qualité, la normalisation, la métrologie et les essais, afin de leur permettre de produire de la qualité qui peut aussi faire l’objet de traçabilité… », estime dans une récent entretien avec La Tribune Afrique, l’économiste international Papa Demba Thiam.

« L’Afrique soutiendra le successeur d’Azevêdo, à condition que l’OMC serve l’Afrique de la même manière qu’elle sert le reste du monde », tranchent Hippolyte Fofack d’Afreximbank et Pat Utomi du Paftrac dans une tribune publiée sur LTA.

Dernière ligne droite …
La troisième phase des consultations entre membres de l’OMC se tiendra du 19 au 27 octobre. La directrice générale de l’OMC sera annoncée d’ici le 7 novembre prochain. En attendant, un intense lobbying se poursuivra certainement à Genève par le Nigéria et la Corée, mais aussi par tous ceux qui soutiennent l’une des deux candidatures de Ngozi Okonjo-Iweala et Yoo Myung-hee. Si l’Afrique n’a pas affiché un consensus autour d’un candidat au début de cette course, il apparait évident que les coudes vont se resserrer autour de l’unique ressortissante du continent en lice. A suivre !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici