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«Mme Aminata TOURE dite «Mimi», est candidate aux présidentielles de 2024» par Amadou Bal BA

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Mme Aminata TOURE, dite «Mimi», a été Garde des Sceaux Ministre de la Justice de 2012 à 2013, Première Ministre de 2013 à 2014, Présidente du Conseil économique et social et environnemental de 2019 à 2020, puis évincée de ce poste au profit d’Idrissa SECK. Auparavant, Mme TOURE fonctionnaire international pendant 24 ans aux États-Unis. Mme TOURE a été observatrice internationale dans différentes élections en Afrique.

Sur le terrain politique depuis 32 ans, membre de l’Alliance pour la République, APR, Mme Aminata TOURE a été tête de liste de la bataille des législatives, du 31 juillet 2022, pour le parti présidentiel. Selon Mme TOURE, il avait eu un accord ferme du président Macky SALL, pour qu’elle présente pour le poste président de l’Assemblée nationale. Mais, suivant Mimi TOURE, c’est seulement le 12 septembre 2022, quelques minutes avant le vote, que le Président Macky SALL l’a informée qu’il avait changé d’avis. Cependant d’autres sources indiquent que, le parti présidentiel se serait réuni quelques jours avant le 12 septembre 2022, afin de partir uni à la bataille du perchoir ; il semblerait qu’une vingtaine de députés de l’APR seraient hostiles à Mimi TOURE, sans doute des amis de Amadou BA l’actuel Premier ministre. Partir divisé serait donc, paraît-il, pour le camp présidentiel, suicidaire. Un point à élucider.

Par conséquent et en raison de revirement, le 12 septembre 2022, Mme Aminata TOURE a immédiatement quitté l’hémicycle et s’est retirée du groupe WhatsApp de l’APR. Se sentant trahie, selon Mme TOURE a rapidement réagi : «Je n’ai pas participé au vote par principe. J’estime que le critère de sélection du candidat de Benno n’était pas objectif, c’était plus un critère familial que relevant du mérite militant. J’aurais pu me satisfaire d’un arrangement politique, d’un strapontin bien payé, mais non. Donc, il faut aussi que nos organisations fonctionnent de manière rationnelle, que le mérite revienne comme critère de sélection, parce que tout le monde n’a pas le bras long, tout le monde n’est pas le cousin ou l’arrière-cousine du président de la République» dit-elle, pour le poste de président de l’Assemblée nationale. En effet, l’APR a présenté Amadou Mame DIOP, maire de Richard Toll, un inconnu du grand public, au poste de président de l’Assemblée nationale. Moustapha NIASSE, 82 ans, qui occupait ce poste de président de l’Assemblée nationale, a été recasé comme Ministre conseiller du Président de la République. En revanche, Mme Aminata TOURE, qui avait qui avait soutenu Macky SALL, à la fin de 2008, dans son combat contre Abdoulaye WADE, a été lâchée en plein vol.

Mme Aminata TOURE semble déjà avoir engagé la collecte des parrainages, bien avant sa conférence de presse du 25 septembre 2022.

Dans sa conférence de presse, Mme Aminata TOURE estime que si elle recherchait des privilèges, des postes et un bon salaire, elle serait restée aux Nations. Mme Aminata TOURE a donc choisi de revenir au Sénégal, pour servir son pays et se sent investie de valeurs, dans le respect de la Constitution. «Le 3ème mandat est impossible juridiquement et moralement. La divergence fondamentale est que le 3ème mandat est derrière nous, fondamentalement» dit-elle. Mme Aminata TOURE a été Directeur de Cabinet de Macky SALL et avait combattu, avec lui contre maître Abdoulaye WADE. Le président Macky SALL doit «respecter sa Constitution à la lettre et respecter le peuple sénégalais et devenir un exemple» pour l’Afrique. Macky SALL avait déjà mis en garde ses collègues africains le tripatouillage de la Constitution, afin de se maintenir, abusivement au pouvoir. «D’ici 15 mois, en 2024, le président Macky SALL va dégager» dit-elle.

Cette conférence de presse du 25 septembre 2025 est finalement une déclaration de candidature aux présidentielles : «J’y pense intensément et sérieusement» dit Mme Aminata TOURE au sujet de sa candidature aux présidentielles de 2024. Mme Aminata TOURE sera présente à l’assemblée nationale pour «défendre les intérêts exclusifs» du Sénégal, dit-elle. Personne ne pourra l’écarter de l’Assemblée nationale, sinon, Macky n’aura plus de majorité parlementaire.

Après donc cette candidature de Mimi quels sont ses atouts et ses faiblesses ?

C’est une femme cultivée, intelligente, professionnelle, déterminée, née à Dakar, de l’ethnie ouolof souhaitant reprendre le pouvoir. Mimi TOURE aura donc vraisemblablement l’appui de sa communauté, les Lébous et les Mourides qui ont toujours voté contre le président Macky SALL.

Avec quelles forces politiques entend-t-elle mener victorieusement la bataille des présidentielles de 2024 ?

Mimi TOURE a le pied dedans et le pied dehors. En effet, Mme TOURE si compte revenir à l’assemblée nationale, mais au sein de l’APR, comment pourrait-elle donc rassembler l’opposition ? Maître Abdoulaye WADE depuis 2012 n’a pas toujours renoncé à remettre Karim WADE dans le jeu politique. Pap DIOP a quitté le PDS sur ce point précis. Wallu et Yéwwi n’ont pas pu s’entendre sur une candidature unique le 12 septembre 2022 pour le poste de président de l’Assemblée nationale. Les deux clans de l’opposition affichant déjà leurs divergences vont se ranger subitement derrière Mimi TOURE, qui est comptable du bilan de Macky SALL ? C’est l’un des points faibles de l’opposition, souvent désunie, «les bandits se battent au moment de la distribution du butin» avait maitre Abdoulaye WADE à Idrissa SECK.

Mimi TOURE va se présenter aux présidentielles de 2024, mais sur quel projet politique alternatif crédible ?

Comme l’opposition classique, on a cette ritournelle depuis 2012 : le fichier électoral, le troisième mandat, le vote des Peuls, «Neddo ko bandoum» la piété ou la solidarité filiale, etc. J’attends de chaque candidat, à ces présidentielles, puisse proposer un solide programme de nature changer vraiment les conditions de vie des Sénégalais. Pour l’instant, dans sa conférence de presse, Mme Mimi TOURE déclare qu’elle va consulter les Sénégalais et la diaspora, afin de construire son projet politique.

En ma qualité de militant de la cause du Sénégal et d’observateur de la vie politique, les événements de violence et de saccage de l’assemblée nationale du 12 septembre 2022 avaient une très mauvaise image de ce «grand petit pays», en référence au titre de mon troisième livre. Je me délecte en raison de cette brusque accélération du calendrier politique. On veut va vivre deux ans de campagnes des présidentielles.

Jusqu’ici, le président Macky SALL en grand Seigneur de la Politique avait pu «liquider», neutralisé ou récupérer ses adversaires potentiels. Le poste de Premier ministre n’avait pas été supprimé en 2019, pour le «Fast Track» pour évincer des concurrents potentiels. La bataille sanglante pour le poste de président de l’Assemblée nationale, l’éviction du gouvernement de maître Malick SALL ayant mené une très belle campagne des législatives au Fouta-Toro, sans être candidat, de même que la nomination de Amadou BA, premier ministre, jadis en disgrâce, soupçonné pendant longtemps de déloyauté, sont dans cette logique de calculs politiques de conservation du pouvoir en vue des présidentielles de 2024.

En définitive, le chemin des présidentielles de 2024 est jonché de cadavres. En politique, c’est un champ de bataille ; il faut tuer ou être tué. Jusqu’ici Macky SALL avait tendance, sur des motifs établis (détournements de deniers publics, viol ou crimes) à emprisonner ses concurrents. Le précédent d’Ousmane SONKO et ses salons de massage, qui a envoyé les jeunes au casse-pipe, a mis un coup d’arrêt à cette stratégie de détournement de pouvoir. Mimi TOURE est donc consciente qu’en se déclarant 15 mois avant l’échéance des présidentielles, elle va affronter, dans un futur immédiat, de graves adversités aussi dans le camp présidentiel et que dans l’opposition.

Pour Mohandas Karamchand GANDHI (1868-1948, voir mon article) était un enfant peureux et sage ; adulte, il ne cherchait nullement pas à remettre en cause l’ordre colonial, ni le système inégalitaire de sa caste. Cependant, avocat en Afrique du Sud, traité de «sale Coolie » et jeté hors d’un wagon de première classe, GANDHI qui était avocat, se senti humilié ; il prit alors conscience qu’il fait partie de la caste des «vaincus», des «dominés» et entreprit alors une lutte pacifique, mais résolue contre le colonisateur britannique. Par conséquent, l’humiliation, est une source de motivation pour se dépasser, se révolter et gagner un combat que l’on croyait perdu ou inégal. «On nous tue, mais on ne nous déshonore» dit un dicton bien sénégalais. Même si l’endurance est l’un des traits de caractère de l’Africain, Mme Aminata TOURE a puisé dans cette injustice une source de révolte ou de révolution. On dit que Mme Aminata TOURE a les défauts de ses qualités : le franc-parler et la détermination. Pour un leader politique, mieux vaut l’avoir avec soi plutôt que contre soi.

A ce stade, trois camps vont probablement s’affronter aux présidentielles de 2024 : Macky SALL, Mimi TOURE et Ousmane SONKO. Où se rangeront Karim WADE, Khalifa SALL et Foutankais ainsi que leurs diasporas ?

Le Fouta-Toro, marginalisé, trahi, calomnié et vilipendé, est toujours resté au centre du jeu politique, même lorsque Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) avait emprisonné pendant 12 ans, de 1962 à 1974, le 1er premier ministre du Sénégal Mamadou DIA (2010-2009, voir mon article).

Paris, le 25 septembre 2022, par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

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