S'informer devient un réel plaisir

«Mali, une transition du provisoire vers le définitif : la réaction du parti colonial par l’embargo» par Amadou Bal BA –

0

Au Mali, la crise se rajoute à la crise. Prenant prétexte de l’intervention des forces russes au Mali et du recul considérable des délais de transition (5 ans), le président MACRON a décidé, de s’abriter derrière la CEDEAO, pour asphyxier le Mali, à travers un embargo. Pourtant, en matière de leçon de démocratie, le président MACRON devrait rester modeste. En effet, le président MACON est allé installer au pouvoir, personnellement, le 21 avril 2021, Mahamat DEBY, fils d’Idriss DEBY (1952-2021) du Tchad. Le président MACRON a également reçu, le 12 novembre 2021, Ali BONGO, du Gabon, «un légume» ayant failli s’écrouler sur les marches de l’Elysée. Tout récemment et en début janvier 2022, le président MACRON devait se rendre au Mali, mais sous réserve d’y convoquer un sommet de la CEDEAO ; C’est ce que la junte militaire a catégoriquement refusé. C’est un des points de crispation entre le Mali et le président MACRON.

La transition censée être provisoire avec une élection présidentielle au 23 février 2022, s’allonge et tend vers le définitif. J’ai toujours pensé que les régimes militaires veulent toujours transformer le provisoire en définitif. La tactique est bien rôdée : rassurer à travers «un Comité de salut public» et promettre de rendre le pouvoir aux civils, mais dès que leur pouvoir est stabilisé, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. A ma connaissance, seul Jerry John RAWLINGS, au Ghana, avait rendu le pouvoir aux civils.

Au Mali, tout avait bien démarré par une révolte populaire, le 5 juin, contre l’indolent ancien président Ibrahima Boubacar KEITA, mais ce sont les militaires, un 18 août 2021 qui organisent un putsch. Un premier gouvernement est démis de ses fonctions, et remplacé, le 7 juin 2021, par M. Choguel MAIGA, chef de la désobéissance civile. Choguel MAIGA osera défier le président MACRON, à travers l’intervention des forces russes dans son pays. Choguel MAIGA avait promis des élections présidentielles au 23 février 2022, après donc une période de transition de 9 mois. Le MPR, le parti de Choguel, organise un congrès du 11 au 12 décembre 2021, suivi «d’assises nationales de la Refondation» du 27 au 30 décembre 2021, censées fixer les règles du jeu d’un Mali Nouveau et démocratique. Cependant, et curieusement, ces Assises, loin d’être une «Refondation», proposent une période transitoire de 5 à 10 ans. Pourquoi ce qui était censé être provisoire devrait devenir définitif ?

La classe politique africaine était déjà en grande partie discréditée. La CEDEAO, sans doute instrumentalisée par le Parti colonial, décrète l’embargo du Mali, un Etat faible et surtout enclavé, donc vulnérable. Républicain inguérissable, je crois fondamentalement à la démocratie et au caractère civil d’un gouvernement. Le président de transition, le colonel Assimi GOITA, dans une allocution télévision du 10 janvier 2022, estime que la négociation reste encore possible avec la CEDEAO.

La junte militaire est dos au mur. Le président MACRON a une bonne occasion de faire tomber le gouvernement malien. En effet, la stratégie du président MACRON au Mali est clairement lisible : il s’agit, à travers l’embargo, avec la perspective des pénuries et de la montée du prix des denrées de première nécessité, de monter la population malienne contre la junte malienne. En raison de cet embargo, l’histoire ne se répète pas mais elle peut bégayer. En effet, pendant longtemps Modibo KEITA (1915-1977) avait tenu tête à la France du général Charles de GAULLE (1890-1970). Mais quand Modibo avait envisagé de sortir du FCA, c’est le début de la fin de son règne ; la France a organisé une montée des prix et une grève des commerçants.

L’embargo de la CEDEAO, téléguidé par la Macronie, aura des conséquences pénibles pour la population au Mali, un Etat enclavé ; l’accès au port de Dakar et l’excellent réseau routier et ses ponts bâti par le président Macky SALL, est bloqué. Ce qui constitue un coup très dur pour la junte qui n’est soutenue que par la Guinée, mais un pays forestier avec réseau routier médiocre pour l’approvisionnement en denrées alimentaires. L’Algérie qui a donné des facilités aux forces russes intervenant, mais est plus lointaine.

J’apprends, et c’est à confirmer ou à infirmer, que le président MACRON va suspendre les vols d’Air France sur le Mali. Ce qui va davantage installer le Chaos au Mali, avec ses nombreux ressortissants en France. En tout cas, les diasporas maliennes, installées dans 65 pays, s’apprêtent à manifester le samedi 15 janvier 2022 pour soutenir la junte malienne.

Pour l’instant, et à l’intérieur du Mali, seul l’Iman DICKO, soutient la Françafrique. Ce soutien à la junte, en raison des troubles et des mécontentements pouvant être alimentés ou suscités, va-t-il durer longtemps ?

Une situation particulièrement préoccupante à suivre.

Paris, le 11 janvier 2022 par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.