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«Mahmoud DARWICH (1941-2008), poète palestinien nationaliste, de l’errance, de la Nakba, de l’amour, de l’altérité et de la Paix» par Amadou Bal BA –

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Né le 13 mars en 1941 à Al-Birwa, à une dizaine de kilomètres de Saint Jean-d’Acre, Mahmoud DARWICH est le deuxième enfant, de Salim et Houria DARWICH, une famille nombreuse ; ses parents sont propriétaires terriens. «J’éprouve une certaine fierté d’appartenir au pays qui a engendré Jésus. Si le monde est témoin chaque jour de plus d’un nouveau Golgotha, je note avec fierté que le premier Golgotha eut lieu en Palestine. Avoir cela en mémoire aiguise ma conscience personnelle, m’arme d’une grande force morale, ouvre devant moi un vaste horizon humain», dit Mahmoud DARWICH. Il a vécu en exil au Liban, avec sa famille. Quelques mois plus tard, son grand-père paternel, que le poète aimait tant, et en qui il voyait son père culturel, les ramènera au pays, en «infiltrés». Ils découvrent alors que leur village a été démoli pendant leur absence, et remplacé par un village agricole israélien, Ahihoud, abritant le kibboutz Yasur. À la suite de l’armistice, en 1949, sa famille revient clandestinement en Palestine, à Dair Al-Assad, où sa famille est revenue s’installer, clandestinement. Ils seront régularisés, mais devenus citoyens de seconde zone, le jeune Mahmoud apprend l’hébreu. Il commence à se passionner pour l’écriture. «Un jour je serai poète et l’eau se soumettra à ma clairvoyance. Métaphore de la métaphore que ma langue, car je ne dis, ni n’indique un lieu. Et le lieu est mon péché et mon alibi. Je suis de là-bas», écrivait le Palestinien Mahmoud DARWICH. «La poésie est l’épouse du lendemain et la fille du passé» écrit-il dans «Ne t’excuse pas». Cinq fois arrêté pour ses écrits et ses activités militantes entre 1961 et 1967, souvent en compagnie d’autres militants d’origine juive, Mahmoud a connu les prisons. «Ils ont enchaîné sa bouche avec des chaînes et attaché ses mains aux rochers des morts ; ils ont dit : tu es meurtrier. Ils ont pris sa nourriture, ses vêtements et ses bannières et l’ont jeté dans le puits des morts. Ils ont dit : tu es un voleur. Ils l’ont chassé des ports, et il emporta sa jeune bien-aimée. Puis, ils ont dit : tu es un réfugié», écrit-il dans «La terre nous est étroite».

Après avoir terminé ses études secondaires en Israël, il a poursuivi des études supérieures à Moscou. En 1968, il avait tenté de partir à Paris, mais les autorités françaises lui avaient refusé le visa. En 1967, assiégé à Haïfa, il s’en échappe. Après avoir passé un an à Moscou, Mohamed DARWICH se rend au Caire, initiative qu’il considère parmi les événements les plus importants de sa vie. En effet, à partir de 1970, il vit en exil, d’abord en Egypte où il a passé deux ans, puis à Beyrouth pendant douze ans. «Et nous chantons en cachette : Beyrouth est notre tente. Beyrouth est notre étoile» écrit-il. Depuis il a séjourné à Paris et, après les massacres de Sabrah et Chatilla au Liban, il se rend à Tunis. À chaque défaite des Palestiniens, souvent accompagnée d’un massacre, c’est un nouveau départ, la Nakba. «Quand je dis que je ne crois plus possible la création d’un État palestinien souverain, ce n’est pas seulement en raison des déclarations des Israéliens, mais de par un fait accompli : ceux qui vont en Cisjordanie, qui voient les colons, comprennent qu’il est devenu pratiquement impossible d’avoir une continuité géographique entre les territoires palestiniens. Et aujourd’hui il y a ce mur qui mesure 650 km, au moment où le monde est fier de la chute du mur de Berlin !» dit le poète. En 1987, il est élu membre du Comité exécutif de l’OLP. En 1995, il s’installe à Ramallah en Cisjordanie. «Je vis à Ramallah. C’est moins que la vie et mieux que la mort» dit-il, avant de disparaître en 2008.

«J’aime la poésie parce qu’elle nous fait don d’une force», dit Mahmoud DARWICH. Éternel exilé, du Caire à Beyrouth, de Paris à Tunis, puis Amman, Mohamed DARWICH cherche à ne parler que d’amour, d’espoir et de partage. La fulgurante renommée de Mahmoud DARWICH avait débuté avec l’un de ses premiers poèmes, «Carte d’identité» est aux accès nationalistes «Inscris ! Je suis Arabe. Le numéro de ma carte : cinquante mille. Nombre d’enfants : huit. Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine. Je suis mon prénom «Patient infiniment», dans un pays où tous vivent sur les braises de la colère. Mes racines. Mon grand-père était paysan, être sans valeur, ni ascendance, ma maison, une hutte de gardien. Que tu as raflé les vignes de mes pères, et la terre que je cultivais moi et mes enfants ensemble. Tu nous as tout pris hormis, pour la survie de mes petits-fils, les rochers que voici. Je n’ai pas de haine pour les hommes, je n’assaille personne, mais que si j’ai faim, je mange la chair de mon usurpateur. Gare à ma fureur !» écrit-il. En 1960, à 19 ans, il avait aussi publié «les oiseaux sans ailes», une claire conscience de la castration du peuple palestinien. Il vivait alors en Israël, où il allait devenir le chantre de la cause palestinienne. «Maintenant en exil, oui à la maison, dans la soixantaine d’une vie brève, on allume pour toi les bougies. Sois joyeux, aussi calme que tu peux. Une mort stupide s’est égarée sur les chemins encombrés et t’a laissé un répit. Sur les décombres, une lune indiscrète rit comme une idiote, ne croit pas qu’elle s’approche pour t’accueillir» écrit dans le poème «Maintenant en exil». Quarante ans plus tard, de Ramallah, où il s’était établi après les accords d’Oslo en 1993, il écrivait : « Si quelqu’un parvenait/ A une description des fleurs d’amandier/ La brume se rétracterait des collines/ Et un peuple dirait à l’unisson/ Les voici/ Les paroles de notre hymne national » dit dans «Comme des fleurs d’amandier ou plus loin». Il préconise, face à l’injustice, un devoir de résistance, une forme d’espérance «Résister, c’est de s’assurer de la bonne santé de ton cœur, de tes testicules et de ton mal enraciné : le mal d’espoir», écrit-il dans «Etat de siège».

Entre blessure et rêve d’une patrie, en nationaliste, considéré comme l’un des chefs de file de la poésie arabe contemporaine, et animateur d’une des principales revues littéraires du monde arabe : Al-Karmel, Mahmoud DARWICH est la voix de la Palestine, dans son exil, ses regrets, mais aussi ses rêves et son identité irréductible. «Je m’en souviens parfaitement. Une nuit d’été, alors que nous dormions, selon les coutumes villageoises, sur les terrasses de nos maisons, ma mère me réveilla en panique et je me suis retrouvé courant dans la forêt, en compagnie de certains habitants du village. Les balles sifflaient au-dessus de nos têtes et je ne comprenais pas ce qui se passait. Après une nuit de marche et de fuite nous sommes arrivés, ainsi que l’ensemble de ma famille, dans un village étranger aux enfants inconnus. J’ai alors innocemment demandé : Où suis-je ? Et j’ai entendu pour la première fois le mot Liban. Depuis ces jours au Liban, je n’ai pas oublié, et je n’oublierai jamais, les circonstances dans lesquelles j’ai fait connaissance avec le mot patrie», dit Mahmoud DARWICH. Bien avant 1948, les différents «transferts» de populations, ont réduit les Palestiniens qui habitaient là, au moins avant l’Empire ottoman, à des étrangers, dans leur propre pays. Les défaites successives des pays arabes face à Israël, ont accentué ce statut des Palestiniens, d’éternels réfugiés, victimes, de longue date, d’un nettoyage ethnique. «La poésie palestinienne est contemporaine du temps brutal et de l’histoire falsifiée. Le peuple palestinien, expulsé de sa terre, disséminé entre les tentes noires et le désespoir, a tôt élevé la voix. Pas uniquement pour clamer des discours, mais aussi pour dire le quotidien de la mémoire entassée dans les camps, dire le rêve urgent, celui d’exister. Aucun peuple n’a vécu sans poésie. Le peuple palestinien, peut-être plus que tout autre peuple, a mêlé la poésie à la lutte pour la survie, au combat militaire, à la résistance. Poésie pour l’existence, essentielle dans la mémoire du peuple, exigeante, elle dérange. Sa portée est réelle, d’où la subversion redoutée, notamment par les autorités d’occupation.», écrit Taha BEN JELLOUN, à propos de la poésie de Mahmoud DARWICH. Par conséquent, Mohamed est «la voix des sans voix», pour reprendre une expression d’Aimé CESAIRE. Le poète a forgé les chants de l’exil, celui qui a dit le temps suspendu et dessiné les rêves, les regrets, les désirs d’une identité irréductible. «Si je combats le sionisme en tant qu’idéologie et réalité politique, c’est qu’il est un exclusivisme. Je ne veux ni ne peux y répondre par un exclusivisme arabe, mais par le partage de la diversité», dit-il. Mohmoud DARWICH est aussi celui qui renouvelle tous les thèmes enracinés dans la langue arabe, usant de ce que l’on peut appeler une modernité harmonieuse, qui ne rompt pas avec la tradition, mais y puise juste assez d’énergie pour s’octroyer de nouveaux espaces : des espaces libres où la douleur se change en joie, et l’amour codifié en amour inspiré, sensuel, fervent. «Le présent nous étouffe et déchire les identités. C’est pourquoi je ne trouverai mon moi véritable que demain, lorsque je pourrai dire et écrire autre chose. L’identité n’est pas un héritage, mais une création. Elle nous crée, et nous la créons constamment.», dit Mahmoud DARWICH.

Dans son nationalisme tragique, étranger chez lui, Mahmoud DARWICH, qui a vécu plus de dix ans en France, se dit inspiré par le poète français René CHAR (1907-1988) et le poète espagnol, Frederico Garcia LORCA (1898-1936) : «Je retrouve chez Char la nostalgie tragique d’une mémoire où se mêlent l’enfance et le lieu pastoral des origines, ce lieu qui condense la notion de patrie. Cette nostalgie transforme le lieu original en un espace universel, ouvert à l’alchimie de l’histoire collective et de l’existence individuelle, à la magie fusionnée, à la légende, à la terre, aux éléments naturels et aux êtres marqués par toute cette symbiose», dit-il dans «Palestine, comme métaphore». «Un jour je serai poète/ Et l’eau se soumettra à ma clairvoyance», écrivait-il donc en 2000 dans «Murale». Il était alors âgé de 58 ans, sa gloire était à son ¬zénith. Il le disait à ses proches, il y revenait sans cesse dans les textes de sa maturité : faire grandir sa poésie était sa seule ambition, sa revendication majeure. «J’étais, lorsque j’ai commencé à écrire, habité par l’obsession de dire ma perte, mes sens, les limites imposées à mon existence, bref, mon moi dans son milieu et sa géographie particulière. Je ne faisais pas vraiment attention au fait que mon être recoupait un être collectif. Je voulais m’exprimer, ne rêvant de changer que moi», dit-il. Par ailleurs, l’Andalousie, terre d’exil et d’immigration, est présente dans la poésie de Mahmoud DARWICH, notamment à travers l’influence de Frederico GARCIA LORCA, la splendeur Al-Andalus. «Les livres arabes qui nous restaient dataient de l’époque du mandat britannique. Nous étions réellement assiégés sur le plan culturel. J’ai lu García Lorca et Pablo Neruda et j’ai été influencé par eux, surtout le premier», dit Mahmoud DARWICH. Il lui a consacré un poème «Mea-culpa des fleurs du sang, ô toi Lorca qui détient le soleil entre tes mains ; Et une croix vêtue de flammes d’un poème. Les plus beaux chevaliers dans la nuit font un pèlerinage vers toi avec un martyr et une martyre. Le poète est ainsi une musique et une psalmodie de prière», un extrait des «Feuilles d’oliviers», une traduction de l’arabe par Wael HAWARI. «Les violons pleurent les gitans qui partent pour l’Andalousie. Les violons pleurent les Arabes qui sortent de l’Andalousie. Les violons pleurent un temps qui ne reviendra pas. Les violons pleurent une patrie qui peut-être reviendra» écrit-il dans son «Anthologie poétique (1992-2005)».

Plusieurs thèmes structurent la contribution de Mahmoud DARWICH, notamment le nationalisme, la paix, l’errance, la douleur, l’histoire, la poésie, l’altérité, l’amour, et en particulier l’identité, personnelle, culturelle, sociale ou nationale, à la de la Nakba, désastre ou catastrophe ayant conduit en 1948, ayant conduit à l’exil de plus de 700 000 Palestiniens. «Quand tu mènes tes guerres, pense aux autres. N’oublie pas ceux qui réclament la paix», écrit-il dans le poème, «Pense aux autres». Mohamed DARWICH invoque l’Amour et les colombes de la paix «Mon aimée et moi, deux voix sur les mêmes lèves. J’appartiens à mon aimée, et mon aimée appartient à son étoile fugitive (…). Dors, mon aimée, que je me repose en toi, que les tresses de ma poésie soient sur toi et la paix. S’envolent les colombes, se posent les colombes», écrit-il dans «Onze astre sur l’épilogue andalou». «Ah si seulement les colombes grandissaient au ministère de la défense !» écrit-il dans

La race humaine n’ayant pas les mots pour exprimer ce grand désastre de l’humanité depuis 1948, la Nakba, Mohamed DARWICH, dans sa création littéraire, s’est attaché à militer pour un monde de paix, le rejet de la violence, le respect total de l’autre, la réconciliation et la tolérance. Poète de la vie, il célèbre l’espérance : «La vie, la vie, toute la vie, avec ces carences, accueille des étoiles voisines, sorties du temps et des nuages migrants sortis du lieu. Et la vie ici se demande comment leur redonner vie» écrit-il dans «Etat de siège». La poésie «est née des premiers étonnements devant la vie, quand l’humanité naissante s’interrogea sur les premiers mystères de l’existence. C’est ainsi que l’universel fut, dès l’origine, local» écrit-il dans «La terre nous est étroite». Le thème de la mort, celle du peuple palestinien, victime de la Nakba, menacé de disparition, en raison d’un nettoyage ethnique, revient sans cesse dans les écrits du poète «Un temps long passera avant que, pareil à nous-mêmes, notre présent devienne passé. Nous irons tous d’abord à la mort, et nous défendrons les arbres qui nous habillent et la cloche de la nuit ; nous défendrons la lune que nous désirons au-dessus de nos cabanes. (…) Et, il y a morts et colonies, morts et bulldozers, morts et hôpitaux, morts et radars surveillant des morts qui, plus d’une fois, s’éteignent dans une vie, des morts qui survivent après le trépas, des morts qui enseignent la mort aux monstres des civilisations, et des morts qui trépassent pour transporter la terre au-dessus des restes des défunts. O maître des Blancs, où emportes-tu mon peuple et le tien ? Vers quel gouffre, ce robot hérissé d’avions et de porte-avions entraîne-t-il la Terre ? (…) Laissez donc un sursis à la Terre !» écrit-il dans «Au dernier soir sur cette Terre». C’est une mort toujours où l’espoir et la vie sont présents, jusqu’au dernier instant «Comment peux-tu sourire, alors que tu es sur le point de mourir ? J’aime la vie, et je veux lui dire adieux», écrit le poète.

En dépit des souffrances, des haines, des colères et des passions entourant ce grave conflit, tel un jardinier de l’espérance pour la paix, plein d’utopies, d’illusions et de désillusions, certains poèmes de Mahmoud DARWICH chantent la dignité de l’Homme et appellent à un monde meilleur «Entre Rita et mes yeux, un fusil et celui qui connaît Rita se prosterne, adresse une prière à la divinité qui rayonne dans ses yeux de miel. Moi, j’ai embrassé Rita quand elle était petite. Entre nous, mille oiseaux, mille images d’innombrables rendez-vous criblés de balles. Le nom de Rita prenait dans ma bouche un goût de fête dans mon sang le corps de Rita était célébration de noces. La ville a balayé tous les chanteurs et entre, Rita et mes yeux se dressent un fusil.» écrit dans le poème, «Rita et le fusil». Mahmoud DARWICH, un musulman, était amoureux, pendant la Guerre des Six jours, de Rita, une juive, une belle histoire d’amour, contrariée à jamais, par la guerre de 1967, qui brisa cette passion amoureuse, jugée par certains, comme contre nature. Un poète qui parvient à faire danser le peuple libanais sur une chanson d’amour écrite pour une Juive, au moment même où les Israéliens assiègent Beyrouth, est vraiment un immense poète. Mahamoud DARWICH a été influencé, non seulement par René CHAR, mais aussi par Pablo NERUDA «Je veux vivre dans un monde où il n’y aura pas d’excommuniés. Je n’excommunierai personne. Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement des humains, sans un autre titre que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette», écrit-il dans le poème, «un espoir irrévocable». Poète de l’Amour, Mohamed DARWICH appelle à la fusion des cœurs «Je t’ai demandé de te vêtir de moi, automne, pour me faner en toi et reverdir en deux» écrit-il, écrit-il dans «La terre nous est étroite». Certains poèmes pleins de tragédie, évoquent d’autres formes d’amour «Si tu n’es pas pluie, mon amour, sois arbre fécond. Et si tu n’es pas arbre, mon amour, sois pierre humide. Et, si tu n’es pas pierre, mon amour, soit lune. Dans le songe de l’aimée soit lune. Ainsi parla une femme à son fils qu’on enterrait» écrit-il dans son «Anthologie poétique (1992-2005)».

Mahmoud DARWICH a puisé son inspiration dans les grands textes sacrés «En tant que penseur, j’ai une relation très intime avec les trois Livres des trois religions monothéistes. Chaque groupe humain a besoin de s’accrocher à quelque chose de sacré. Et chaque religion a besoin de sources non historiques. Ma relation à ces Livres est une relation littéraire, pas une relation religieuse» écrit-il. Mahmoud DARWICH a été influencé par la poésie arabe classique «et en premier de la poésie jahilite, la poésie antéislamique. Et si j’aime cette poésie classique, cela ne veut pas dire que je suis contre la modernité poétique. Je ne suis pas du tout un poète conservateur ou un poète traditionnel et je n’écris pas de la poésie classique. Mais je dis que n’importe quelle modernité doit partir du socle sur lequel s’est constituée la poésie de son peuple» dit-il. Par ailleurs, les mythes arabes ou homériques grecs, la liberté, la mort comme la vie, sont des thèmes omniprésents dans sa création littéraire. «Il y a une différence entre le mythe déjà incarné dans la conscience des Israéliens et celui qui attend de prendre forme celle des Palestiniens. Avec la disparition de notre pays, nous sommes soudain retrouvés dans la pré-Genèse. Et nos poètes ont dû écrire alors notre propre Genèse à partir de celle, mythe, de l’Autre. Car, il faut savoir que la Palestine a déjà été écrite. Le problème de la poésie palestinienne est qu’elle s’est mise en marche, sans forces d’appoint, sans historiens, sans géographes, sans anthropologues ; aussi, a-t-elle dû s’équiper elle-même de tout le bagage nécessaire pour défendre son droit à l’existence», écrit-il dans «Palestine, comme métaphore».

Mahmoud DARWICH a chanté la Palestine, dans sa diversité «La Palestine est belle, oui plus la Palestine est belle, variée, riche en histoire. C’est une terre de mythes, de pluralismes, et elle est fertile, malgré le manque d’eau. Je me sens comme un touriste. Être en visite me mine, quoi de plus éprouvant que de rendre à soi-même» écrit-il. «Les poèmes palestiniens», sont les échos de la vie, tour à tour révoltée, désespérée, d’un Palestinien méditant sur la violence et sa place dans l’émancipation des Palestiniens. Dans «Plus rares sont les roses», Mahmoud DARWICH y déroule des aquarelles poétiques nées de l’exil et de l’errance : souvenirs pétrifiés de l’aéroport d’Athènes, fascinations périlleuses de Beyrouth, plaintes minérales de Damas, routes hallucinogènes d’Aden. L’écho des luttes politiques du peuple palestinien se retrouve ainsi dans une toponymie épique où surgissent les évocations mythiques de La Mecque, de Cordoue, de Sumer et de Babylone. La célébration des roses mystiques de Galilée se conjugue ensuite avec les réminiscences bibliques et coraniques de la légende de Joseph, de la Cène et de Marie, dans une plainte d’abandon désespérée, où le poète musulman retrouve les paroles du Christ sur la Croix.

Dans «Présente absence», ce livre éblouissant, fourmillant d’images insolites et d’allusions historiques et littéraires, teinté parfois d’une douce mélancolie, mais parsemé aussi de traits d’humour, prolonge en quelque sorte le long poème «Murale» dans un va-et-vient permanent entre le passé et le présent. À l’enfant, fils d’un modeste paysan galiléen, Mahmoud DARWICH rappelle l’abandon de la maison familiale et le départ en 1948, sous les bombes, au Liban ; au jeune homme, ses premiers émois amoureux ; à l’exilé, les senteurs des villes où il a résidé et les séductions de l’automne parisien ; au poète, ses rêves et ses cauchemars, et ses démêlés quotidiens avec les mots et les métaphores. «Jamais nos exils ne furent vains, jamais en vain nous n’y fûmes envoyés. Leurs morts s’éteindront sans contrition. Aux vivants de pleurer l’accalmie du vent, d’apprendre à ouvrir les fenêtres, de voir ce que le passé fait de leur présent et de pleurer doucement et doucement que l’adversaire n’entende ce qu’il y a en eux de poterie brisée. Martyrs vous aviez raison. La maison est plus belle que le chemin de la maison. En dépit de la trahison des fleurs. Mais les fenêtres ne s’ouvrent point sur le ciel du cœur et l’exil est l’exil. Ici et là-bas. Jamais en vain nous ne fûmes exilés et nos exils ne sont passés en vain. Et la terre Se transmet Comme la langue» écrit-il «Au dernier soir sur cette terre».

Son poème, «Palestine mon pays» a suscité d’importants remous politiques en Israël. En effet, le 28 avril 1988, quatre mois après le déclenchement de l’Intifada ou la “Révolution des pierres”, dans les territoires occupés, le Premier ministre d’Israël, Yitzhak SHAMIR (1915-2012), montait à la tribune de la Knesset pour dénoncer ce poème : “L’expression exacte des objectifs recherchés par les bandes d’assassins organisés sous le paravent de l’OLP, vient d’être donnée par l’un de leurs poètes, Mahmoud Darwich, soi-disant ministre de la culture de l’OLP et dont on se demande à quel titre il s’est fait une réputation de modéré… J’aurai pu lire ce poème devant le Parlement, mais je ne veux pas lui accorder l’honneur de figurer dans les archives de la Knesset», dit-il. «L’hystérie, soigneusement orchestrée et entretenue par la droite palestinienne, à propos de quelques strophes, allait permettre de les utiliser comme justification de l’Occupation et de la répression», écrit-il, dans «Palestine, mon pays».

«Mémoire pour l’oubli», relate ce jour d’août 1982, où les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud DARWICH tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l’enfermement, la folie de la guerre et l’au-delà des souvenirs et des espoirs, l’écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes en prose. Chronique amoureuse d’une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l’esprit, de l’amour et du politique, Une mémoire pour l’oubli recueille les fragments d’un passé éclaté et témoigne de l’inévitable travail du deuil et de l’oubli.

L’œuvre poétique, avec une grande part autobiographique de Mahmoud DARWICH est vaste été riche. Certains poèmes sont incontournables, comme Onze astres, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? Le Lit de l’étrangère, Murale, Etat de siège, Ne t’excuse pas et Comme des fleurs d’amandier ou plus loin. Mêlant l’individuel et le collectif, le lyrique et l’épique, le quotidien et l’éternel, Mahmoud DARWICH y réussit le pari de toute une vie : opposer la fragilité humaine à la violence du monde et élever la tragédie de son peuple au rang de métaphore universelle.

« Présente Absence » peut être lu comme le testament intime du grand poète palestinien mort en 2008. Publié en 2006, Présente absence est l’avant-dernier livre de Mahmoud DARWICH paru de son vivant. Il s’agit d’une adresse, en vingt chapitres, à son autre moi, lui restituant les moments clés de son existence, depuis la première enfance jusqu’à la mort qu’il pressentait toute proche. Ce texte éblouissant, fourmillant d’images insolites et d’allusions historiques et littéraires, teinté parfois d’une douce mélancolie, mais parsemé aussi de traits d’humour, prolonge en quelque sorte le long poème Murale dans un va-et-vient permanent entre le passé et le présent. À l’enfant, fils d’un modeste paysan galiléen.
Dans «Murale», affrontant le mystère de la mort, Mahmoud DARWICH évoque le dépérissement des êtres et leur désir d’éternité. Un chant fluide et poignant qui rappelle les hymnes éternels de l’Orient ancien. Le titre renvoie d’emblée aux grandes fresques antiques et médiévales, celles où l’artiste-artisan figure en général les deux dualités fondamentales : vie/mort et mort/résurrection, le dépérissement des êtres, mais aussi leur désir d’éternité.

Mahmoud DARWICH, atteint d’un cancer, est mort le samedi 9 août 2008, à Houston, aux Etats-Unis. Il a été inhumé le 13 août 2008, à Ramallah, en Cisjordanie.

Quelle postérité pour Mahmoud DARWICH ?

«Mahmoud est mort. L’exil s’est achevé. Il n’aura pas vécu pour voir la fin des souffrances de son peuple – les mères, les fils et les enfants qui ne peuvent savoir pourquoi ils sont nés pour connaître l’horreur de cette vie et la cruauté arbitraire de leur mort. Son souvenir ne s’effacera pas. Nous ne pouvons mourir ou écrire à la place de son peuple, à la place de Mahmoud Darwich. Quel honneur ce fut pour moi d’avoir connu un homme comme lui, et quel privilège, quel don, représente sa poésie. Et que je souhaite célébrer la dignité et la beauté de sa vie» écrit Breyten BREYTENBACH dans un hommage «L’honneur d’avoir connu Mahamoud DARWICH». Poète du déplacement, de l’errance et du nomadisme, évitant le narcissisme allié à l’orgueil de soi en raison de son vécu tragique, Mahmoud DARWICH incarne un peuple et une terre : «Mahmoud Darwish, qui vient de nous quitter, représente une figure poétique qui appartient à un autre temps de la poésie. C’est la figure du poète qui incarne le destin d’un peuple. Cette figure est révolue ; elle n’existe plus en Europe ou même ailleurs en ce siècle de la littérature mondiale et du dépassement des frontières nationales par la migration du texte» écrit Abdelwahab MEDDED.

«Le poète doit être libéré de la pression que représente une quête d’identité au sens du droit. C’est pour cela que je ne serais libre que le jour où ma patrie sera libre !», avait dit-il, mais il n’avait pas perdu toute espérance de convaincre la justesse de ses positions «Je crierai dans ma solitude, non pour réveiller ceux qui dorment, mais pour que mon cri me réveille de mon imagination captive», écrit-il dans «Etat de siège». Par conséquent, chacun a, pour devoir, de contribuer, en fonction de ses capacités, à bâtir un monde meilleur, de justice, de paix, de fraternité et de coopération. «Le présent nous étouffe et déchire les identités. L’identité n’est pas un héritage, mais une création. Mon identité est plurielle, diverse. Aujourd’hui, je suis absent, demain je serai présent», écrit-il. Mahmoud DARWICH ne désespère pas un jour que les Palestiniens deviennent un peuple «Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et le mal n’est pas l’apanage des autres. Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d’actions de grâce à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner. Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan, sans être jugés», écrit-il dans «Si nous le voulons».

En dépit des difficultés, il a toujours espérait que la Palestine, tel un phénix, renaîtra de ses cendres : «Un jour je serai ce que je veux. Un jour je serai oiseau et, de mon néant, Je puiserai mon existence. Chaque fois que mes ailes se consument, Je me rapproche de la vérité et je renais des cendres», écrit Mohamed DARWICH dans la «Terre nous est étroite». En définitive, Mahmoud DARWICH aura résisté jusqu’au bout et vécu son engagement pour une Palestine libre «Je ne réclame rien, je ne réclame aucun après. Je reporte sur les autres, mes survivants, la tâche de prendre la relève de mon désir d’être, de mon effort pour exister, dans le temps des vivants», écrivait Paul RICŒUR (1913-2005), dans «Vivant jusqu’à la mort».

Références bibliographiques

I – Contributions de Mahmoud DARWICH

DARWICH (Mahmoud), «Je ne serai libre que le jour où ma patrie sera libre !», Horizons Maghrébins, 2007, n°57, pages 12-18 ;

DARWICH (Mahmoud), Anthologie poétique : 1992-2005, traduction Elias Sanbar, présentation de Farouk Mardam-Bey, Babel, 2009, 313 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Au dernier soir sur cette terre, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 1994, 101 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Comme des fleurs d’amandiers ou plus loin (Poèmes, monde arabe), traduction de l’arabe par Elias Sanbar, Arles, Actes Sud, 2007, 132 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Etat de siège : Ramallah, janvier 2002, poème, traduction Eliane Sanbar, photographie d’Olivier Thébaud, Arles, Actes Sud, Sindbad, 2004, 95 pages ;

DARWICH (Mahmoud), L’exil recommencé, traduction Eliane Sanbar, Farouk Mardam-Bey, Arles, Actes Sud, 2013, 180 pages ;

DARWICH (Mahmoud), La bataille de Palestine : 1948-1967-2000, traduction Eliane Sanbar, Monique Chemilier-Gendreau, Washington D.C, Institut d’études palestiniennes, 2001, 159 pages ;

DARWICH (Mahmoud), La terre nous est étroite et autres poèmes, traduction et préface d’Elias Sanbar, Paris, Gallimard éducation, 2000, 388 pages ;

DARWICH (Mahmoud), La trace du papillon, pages d’un journal poétique, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 2009, 180 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Le cercle de craie palestinien, Beyrouth, Association du Cinq juin, 1972, 14 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Le lanceur de dés et autres poèmes, traduction d’Elias Sanbar, photos d’Ernest Pignon-Ernest, Arles, Actes Sud, 2010, 88 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Le lit de l’étrangère, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 2000, 78 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Le troubadour de la douleur. Textes et poèmes choisis, El Ibriz éditions, 2018, 125 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Murale, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 2003, 51 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Ne t’excuse pas, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 2006, 132 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Nous choisirons Sophocle et autres poèmes, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 2011, 97 pages ;

DARWICH (Mahmoud), OASIM (Al-Smih) TOUQA (Fadwa), La tempête se lève déjà sur ma tête, Lieu non indiqué, le mouvement de libération nationale palestinien, Fateh, 1968, 32 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Palestine, comme métaphore, traduction d’Elias Sanbar et Simone Bitton, Paris, Arles, Actes Sud, 2002, 188 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Palestine, mon pays. L’affaire du poème, avec la participation de Simone Bitton, Olivier Avnéri et Matitiahu, Paris, éditions de Minuit, 1988, 96 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Plus rares sont les roses, traduction d’Abdellatif Laabi, Paris, éditions de Minuit, 1989, 96 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Poèmes palestiniens. Précédés de la chronique de la tristesse ordinaire, Paris, éditions du Cerf, 2009, 202 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?, traduction Eliane Sanbar, Arles, Actes Sud, 1996, 123 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Présente absence, traduction Eliane Sanbar, Farouk Mardam-Bey, Arles, Actes Sud, Sindbad, 2016, 160 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Rien qu’une autre année. Anthologie poétique (1966-1982), traduction d’Abdellatif Laabi, Paris, éditions de Minuit, 1983, 232 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Une mémoire pour l’oubli, traduction de Farouk Mardam-Bey, Yves Gonzalès-Quijano, Arles, Actes Sud, Babel, 1994, 156 pages ;

DARWICH (Mahmoud), Une nation en exil. Hymnes gravés suivi de la Qasida de Beyrouth, traduction Eliane Sanbar, Abdellatif Laabi, illustrateur Rachid Quoraïchi, Arles, Actes Sud, 2010, 142 pages.

II – Critiques de Mahmoud DARWICH

AMAYRA (Mahmoud), «Discours, intertextualité et altérité, dans «Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?» de Mahmoud Darwich, thèse sous la direction de Foued Laroussi, Université de Rouen, 2019, 353 pages ;

ANTUN (Sinan), GIHAD (Kazim), Cartographie de l’exil : lecture de l’œuvre de Mahmoud Darwich, Washington, Institut des études palestiniennes, 2021, 187 pages ;

BEN JELLOUN (Tahar), «La poésie palestinienne entre la blessure et le rêve d’une terre», Le Monde diplomatique, janvier 1978, pages 9 ;

BOIDIN (Carole) DAMPIERRE-NOIRAY (Eve), PICHEROT (Emile), Formes de l’action poétique : René Char «Fureur et mystères», Mahmoud Darwich «La terre nous est étroite et autres poèmes», Fed Lorca «Complaintes gitanes», Neuilly, Atlande, 2016, 376 pages ;

BREYTENBACH (Breyten), Outre-Voix, conversation avec Mahmoud Darwich, traduction Georges Marie Lory, Arles, Actes Sud, 2009, 76 pages ;

BUSTANI (Subhi), Poétique et politique, la poésie de Mahmoud Darwich, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2010, 162 pages ;

ERRERA (Eglal), «Mahmoud Darwich, ultime prise de risque», Le Monde, 22 juin 2016 ;

HAMMO (Raba), L’épopée des vaincus, Mahmoud Darwich face à Homère, Châtenay-Malabry, Les Voiliers de la mer, 2016, 170 pages ;

HANANE épouse AMAR (Bendahmane), Analyse euphonique et stylistique du poème «Beyrouth», Mahmoud Darwich, thèse sous la direction de Michel Gauthier, Université de Paris V 1991, 394 pages ;

HARB (Marwan), Mahmoud Darwich, victime en quête d’identité, thèse sous la direction de Sobhi Boustani, Paris, Sorbonne, 2018, 377 pages ;

HASSAN (Kadhim, Jihad), Cartographie de l’exil : lecture de l’œuvre de Mahmoud Darwich, Arles, Actes Sud, Sindbad, 2021, 187 pages ;

HASSAN (Kadhim, Jihad), Mahmoud Darwich, l’exil apprivoisé, Paris, Institut du monde arabe, 2020, 150 pages ;

HAWARI (Wael), L’Andalousie dans la poésie de Mahmoud Darwich, mémoire sous la direction d’Isabelle Krzywkowski, Grenoble, Université de Stendhal, Littératures, 2013, 109 pages ;

HESSEL (Stéphane) SANBAR (Elias), Le rescapé et l’exilé : Israël-Palestine, une exigence de Justice, avec la collaboration de Farouk Mardam-Bey, Paris, Don Quichotte, 2012, 188 pages ;

KAMOUN (Besma), La poésie arabe contemporaine : métaphore et traduction : Adonis, Abdelwahab Al-Bayati, Mahmoud Darwich, Badr Chaker Es-Sayyib, thèse sous la direction de Richard Jacquemond, Aix-Marseille Université, 2014, 357 pages ;

LAABI (Abdelatif), éditeur scientifique, La poésie palestinienne de combat : anthologie, en collaboration avec Ania Sayig, Mahmoud Darwich et Samih Al-Oasim, Honfleur, Pierre-Jean Oswald, 1970, 154 pages ;

LAABI (Abdellatif), Introduction à l’œuvre poétique de Mahmoud Darwich, mémoire, Université de Bordeaux III, 1985, 122 pages ;

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LECOUTRE (Catherine), Palestine et écriture, thèse sous la direction d’Abdelwahab Medded, Université Paris Nanterre, 2011, 345 pages ;

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MAHJOUB (Rami), Représentation de l’ennemi dans les Feuillets d’Hypnos de René Char et les poèmes de Mahmoud Darwich, thèse sous la direction d’Odile Gannier, Université de Nice, 2013, 102 pages ;

MARCHALIAN (Ivana), Je soussigné Mahmoud Darwich, traduit de l’arabe par Hanah Jaber, Arles, Actes Sud, 2015, 94 pages ;

MASHALA (Nur), Expulsion of the Palestinians : The Concept of «Transfer» : in Zionist Political Thought : 1882-1948, Washington, Institute for Palestine Studies, 1992, 235 pages ;

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MUNA (Abu, Eid), Mahmoud Darwich : Literature and the Politics of Palestinian Identity, Londres, New York, IB Tauris, 2016, 240 pages ;
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Paris, le 25 novembre 2023, par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

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