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Liberia: la démission du ministre de la Défense

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Au Liberia, le président tout juste élu il y a trois semaines, Joseph Boakai, affronte la première grande crise de sa présidence. Quelques jours après sa nomination, son ministre de la Défense, Prince Charles Johnson, a été contraint de démissionner, lundi 12 février.

Le président élu du Liberia, Joseph Boakai, prononce un discours après avoir prêté serment lors de la cérémonie d’investiture à Monrovia, au Libéria, le 22 janvier 2024.

Un début de mandat chaotique. Lundi 12 février, Joseph Boakai, le nouveau président du Liberia, a dû se séparer de son ministre de la Défense, Prince Charles Johnson. Ce dernier a été contraint à la démission, à la suite de manifestations de femmes de soldats, qui le tiennent pour responsable d’une baisse des salaires de leurs maris.

La démission de Prince Johnson intervient à peine quelques jours après sa nomination, et laisse un trou au sein du gouvernement, qui n’est toujours pas au complet trois semaines après l’investiture de Joseph Boakai. Ce dernier a dû annuler lundi les célébrations de la journée nationale dédiée aux armées, une première depuis vingt ans.

Il s’agit d’un signe d’une gestion chaotique par le nouveau président, estime Abdullah Kiatamba, politologue, au micro de Christina Okello. « Joseph Boakai a cédé sous la pression de la rue. Cela aurait pu être évité. Il aurait pu inviter ces femmes dès le début de leur mobilisation à s’asseoir autour de la même table et même suspendre la nomination de Prince Johnson. Mais il ne l’a pas fait. Ce problème existait avant Prince Johnson. Ces femmes avaient les mêmes revendications aussi à l’époque de George Weah [l’ancien président, de 2018 à 2023, NDLR]. Elles souffrent et méritent une compensation », explique l’expert.

« Cette crise s’est aggravée et a débordée sur la rue. Boakai se retrouvait déstabilisé. Il est resté passif, et a demandé à son vice-président d’intervenir. Le vice-président est parti en voyage, laissant la situation en suspens. Puis, Boakai a annulé la journée dédiée aux forces armées, du jamais vu depuis 20 ans ! Ensuite, il a forcé à la démission de son chef d’État-major. C’est un signe de faiblesse et les gens commencent à se demander s’il est en mesure de gérer des crises. Peut-il les prévenir avant qu’elles ne dégénèrent ? Pour son premier grand test, ça a été une débâcle », conclut-il.

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