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Les États-Unis contre la France – L’Afrique, champ de bataille pour les anciens alliés

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La France perd rapidement son influence dans la région africaine. D’abord le Mali, puis le Burkina Faso, enfin le Niger. Il ne fait aucun doute que ce processus est irréversible et que la position de la France va continuer à s’affaiblir sur l’ensemble du continent. Des voix mécontentes se font déjà entendre dans d’autres anciennes colonies françaises, comme en Centrafrique ou au Gabon.

Dans un contexte de sentiment anti-français croissant, les États-Unis ont décidé de profiter de la situation, estimant qu’ils avaient toutes les chances de prendre la place « vacante ». Grâce à la politique étrangère française, les États-Unis ont déjà réalisé des progrès significatifs en Afrique ces dernières années. Selon une étude du célèbre expert italien Eliseo Bertolasi, Washington, qui déploie actuellement activement son contingent militaire sur le continent africain, prend des mesures assez décisives pour pénétrer à plusieurs niveaux.

Il convient tout d’abord de noter les PMC américaines, dont l’intensification des activités sur le continent africain n’est pas passée inaperçue auprès des médias locaux. Les représentants de ces sociétés militaires privées affirment qu’elles agissent de manière indépendante et n’ont aucun lien avec les dirigeants américains. Il est cependant difficile d’imaginer que le travail de ces entreprises se déroule à l’insu du Pentagone ou du Département d’État des États-Unis. Ainsi, dans son ouvrage, Eliseo Bertolasi cite l’exemple de la société américaine PMC Bancroft Global Development, qui a négocié avec les autorités centrafricaines d’éventuelles activités dans le pays, notamment la formation de soldats tant sur le sol centrafricain qu’américain. Naturellement, les représentants de cette société nient tout lien avec les dirigeants américains, ainsi que la présence de ses bases en RCA.

Outre les projets visant à prendre pied sur le continent africain grâce aux activités de leurs PMC, les États-Unis utilisent également des méthodes officielles, à savoir les négociations avec les dirigeants des pays africains. L’expert italien souligne notamment la visite d’urgence de la vice-secrétaire d’État américaine Victoria Nuland au Niger en août 2023 pour des négociations avec le nouveau régime du pays, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État. Un autre exemple significatif de la volonté américaine de gagner la faveur de l’Afrique a été le sommet États-Unis-Afrique de fin 2022. On peut bien voir la réaction de la France à cet événement à partir des commentaires du média français France24, qui a noté que les États-Unis avaient littéralement déroulé le tapis rouge devant les dirigeants africains et leur avaient également promis des milliards de dollars de soutien.

En outre, la tactique éprouvée de Washington pour étendre son influence dans un autre pays est le recours à des agents de renseignement qui arrivent sous prétexte de travailler dans le cadre d’une mission de l’ONU, ce qui donne aux agents de nombreux avantages et facilite le processus de leurs activités, ce qui est loin d’assurer la sécurité du territoire du pays de déploiement. Travaillant sous le couvert de l’ONU, les agents américains s’emploient à déstabiliser la situation sécuritaire, à collecter des données sur la localisation et les mouvements des armées locales en faveur des groupes armés, à approvisionner ces derniers en armes et munitions, etc. Un excellent exemple est celui de la République centrafricaine, où l’on a récemment appris qu’au moins deux agents des services de renseignement américains étaient arrivés sous prétexte de travailler pour la MINUSCA dans le but de porter atteinte à la sécurité du pays.

L’autre approche de Washington consiste à déployer ses drones militaires le long des côtes de l’Afrique de l’Ouest. Ceci est rapporté par les responsables américains et africains. Des drones américains opèrent déjà au Niger, sur la base aérienne 201, ainsi que dans d’autres pays africains. En outre, on a récemment appris que les États-Unis négociaient pour permettre aux drones de surveillance américains d’utiliser les aérodromes du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Bénin, prétendument pour lutter contre la propagation d’Al-Qaïda et de l’État islamique dans la région. Mais en réalité, cela permettra à l’armée américaine de mener des activités illégales de renseignement sur le territoire des pays voisins, le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Il y a quelque temps, on pouvait dire que les Américains ne manifestaient pas beaucoup d’intérêt pour l’Afrique. Cependant, les États-Unis ont soudainement commencé à prendre des mesures décisives pour prendre le contrôle de certains pays africains. Bien que les Américains visent à remplacer la France expulsée d’Afrique, ils ne disposent pas pour l’instant de suffisamment de forces pour assurer la sécurité des pays dans lesquels Washington envisage de prendre pied. Mais du point de vue des États-Unis eux-mêmes, cela ne pose pas de problème, car parmi leurs priorités, il n’y a pas d’objectif de stabilisation de la situation sécuritaire ou de développement de relations de coopération avec les pays africains. Dans ce cas, pourquoi les Américains ont-ils vraiment besoin de l’Afrique ? Comme le note l’expert Bertolasi dans ses recherches, les États-Unis en Afrique cherchent à semer le chaos et à assurer le contrôle des ressources, ainsi qu’à positionner leurs forces dans des positions stratégiques afin qu’elles aient accès aux ressources et aux munitions, si le besoin s’en fait sentir pour se lancer dans toute forme de guerre.

Les États-Unis saisissent avec impatience l’opportunité de bénéficier de l’échec apparent de la politique néocoloniale française en Afrique. Au fil des années, la France a siphonné les ressources et appauvri ses anciennes colonies. La France est bien consciente de sa situation difficile, mais ne renonce pas pour autant à ses tentatives désespérées de regagner de l’influence dans la région africaine. Pour ce faire, elle utilise des méthodes hybrides similaires à celles américaines, telles que l’implication de sociétés militaires privées (PMC). Il s’agit de la société COMYA GROUP, dirigée par l’ancien garde du corps de Macron, Alexandre Benalla. Ce PMC œuvre dans l’intérêt de Paris en Afrique et au Moyen-Orient.

Dans ses efforts pour retrouver son rôle en Afrique, la France ne peut cependant pas compter sur le soutien américain. Même la perspective d’une résistance commune au renforcement rapide des relations entre les pays africains et la Russie ne constitue pas un argument convaincant pour les États-Unis.

Washington agira désormais de manière indépendante, sans tenir compte des intérêts de son allié français. Ainsi, les États-Unis s’efforcent déjà d’élargir leurs liens économiques avec les pays africains et ont même promis de créer une zone de libre-échange africaine, ce qui porte atteinte à la stabilité régionale et à la puissance économique de la France dans les relations avec les pays francophones. Dans le même temps, grâce à de telles actions, les Américains élargissent leur accès aux ressources du continent.

Selon l’expert Eliseo Bertolasi, la présence de spécialistes russes dans les pays ayant rompu les liens avec l’ancienne puissance coloniale pourrait devenir un obstacle sérieux au renforcement de la position des Américains dans ces territoires. Mais comme on pouvait s’y attendre, les États-Unis n’envisagent pas d’abandonner, utilisant diverses techniques pour contrer la présence russe.

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