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Les États-Unis annoncent leur retour à l’OMS…

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America is back: c’est en tout cas vrai, à l’OMS. Washington a officiellement annoncé qu’elle revenait sur la décision de Donald Trump de se retirer de l’Organisation mondiale de la Santé. Au grand soulagement de l’agence, qui retrouve son premier soutien financier. Mais ça ne veut pas dire que tout est réglé pour autant. Moins de 24 heures après son investiture, le nouveau président américain Joe Biden a marqué d’emblée sa différence avec son prédécesseur, qui a toujours minimisé la pandémie de Covid-19 et renié l’Organisation mondiale de la Santé en la qualifiant de « marionnette » aux mains de la Chine, en faisant intervenir l’immunologue  Anthony Faucio à une réunion du conseil exécutif de l’OMS. C’est une bonne nouvelle pour la santé mondiale et pour l’OMS, a lancé le patron de l’agence, Tedros Ghebreyesus. En effet, les États-Unis pèsent plus de 20% du budget de l’OMS, précise notre correspondant à Genève, Jeremy Lanche. On est bien loin des critiques de l’ère Trump, où Washington vilipendait l’organisation pour sa gestion de la pandémie. « L’OMS est une famille de nations et nous sommes tous heureux que les États-Unis restent dans la famille. Nous sommes une famille », a ajouté le chef de l’OMS.

Le rôle du Docteur Fauci

L’homme symbole de ce changement de ton, c’est le docteur Anthony Fauci qui était déjà membre de la cellule de crise du président Trump et a été nommé conseiller par Joe Biden. Il a annoncé que les États-Unis ont « l’intention de remplir leurs obligations financières envers l’organisation ». « Dans des circonstances éprouvantes, cette organisation a rallié à elle toute la communauté scientifique pour accélérer la mise au point de vaccins, de traitements et de diagnostics. Elle a distribué des équipements par millions dans des dizaines de pays et s’est battue sans relâche aux côtés des États dans leur lutte contre le Covid-19 », a précisé l’immunologue. Le docteur Fauci assure que les États-Unis sont prêts à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale au Covid-19 mais aussi « atténuer son impact dans le monde, renforcer nos institutions, faire progresser la préparation aux futures épidémies, et améliorer la santé et le bien-être de tous les peuples du monde ».
Il a également annoncé que le président Biden doit publier une directive dans le courant de la journée, dans laquelle il fera part de l’intention des États-Unis de se joindre au  dispositif Covax, mis en place par l’OMS pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés.

Une décision majeure pour l’Afrique

Pour le docteur Matshidiso Moeti, directrice Afrique de l’OMS qui participait au conseil d’administration de l’OMS, c’est une nouvelle importante: « D’abord, les États-Unis sont le plus gros donateur de l’OMS, et l’impact sur le financement de l’organisation et de notre travail avait été significatif lorsque leur retrait avait été annoncé. Et deuxièmement, c’est important, car cet État membre, qui a de grandes capacités en termes de santé et plusieurs institutions travaillait de manière multilatérale avec l’OMS et d’autres. » Pour l’Afrique c’est  donc majeur explique le docteur Moeti, jointe par Jeanne Richard du service Afrique de RFI, car les États-Unis sont un des plus grands partenaires de programme de développement dans le secteur de la santé sur le continent: « Si nous travaillons avec eux cela va encore faciliter ces aides bilatérales ». La directrice Afrique de l’OMS rappelle également que le fait qu’ils rejoignent l’initiative Covax, ce partenariat pour aider les pays pauvres à accéder au vaccin, montre qu’un pays riche peut adhérer à un principe d’équité et de solidarité et contribuer, y compris financièrement, à aider d’autres pays à avoir accès à ces outils.

La volonté de réformer l’organisation

On peut donc parler de relation apaisée, mais pas encore de lune de miel entre les États-Unis et l’OMS. Dans son discours devant le comité exécutif de l’OMS, le docteur Fauci a réaffirmé la volonté de Washington de réformer l’organisation, parfois accusée d’être trop complaisante à l’égard de Pékin. Les États-Unis demandent également que toute la lumière soit faite sur les origines du virus. Une mission à laquelle s’emploient les experts de l’OMS dépêchés à Wuhan.
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