Selon les chiffres du Service régional de l’élevage et des productions animales de Dakar, entre janvier 2018 et août 2019, 200 chiens ont été abattus, 828 ont été vaccinés pour lutter contre la rage. 

En 2018, le Service régional de l’élevage et des productions animales de Dakar (Srepa) a élaboré un projet intitulé Programme régional d’abattage des chiens errants (Prace). Il visait à réduire, de manière conséquente, la population canine errante sur toute l’étendue de la capitale sénégalaise. Elle concernait les 51 communes des 4 départements de la région de Dakar.

Avant-hier, lors la cérémonie de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la rage, à Guédiawaye, le chef du Srepa est revenu sur le bilan de cette opération. Selon Dr Paly Cissé, au total 139 chiens ont été abattus. Il s’agit de 116 pour le département de Dakar, 6 pour Guédiawaye, 5 pour Pikine, 12 pour Rufisque. D’après lui, la plupart de ces interventions sont faites suite à des interpellations de Dakarois, mais surtout à l’occasion de cérémonies religieuses. D’après toujours ses explications, 828 chiens ont été vaccinés et dotés de carnets de vaccination.

Concernant l’année en cours, il y a eu plus de 61 chiens errants qui ont fait l’objet d’abattage. Neuf sont mis en observation entre janvier et septembre 2019. Pendant ce temps, 15 personnes ont été mordues par ces animaux (4 à Guédiawaye, 1 à Pikine et 10 à Rufisque).

Même si leur travail a été bien apprécié, Dr Cissé fait savoir qu’ils sont confrontés à certaines difficultés, dans le cadre de leur mission concernant la lutte contre la rage. Il s’agit de la faible implication des collectivités locales, l’absence d’incinérateurs, la difficulté de trouver des lieux d’enfouissement sûrs des cadavres de chiens, la faible implication des médias dans l’information et la sensibilisation des populations sur la prévention et la lutte contre la rage.

C’est ainsi qu’il a lancé un appel aux mairies. Il est nécessaire qu’elles accompagnent les services de l’élevage, notamment dans la prise en charge de certaines dépenses annexes, l’achat de viande et de petits matériels pour la confection d’appâts, de matériel de protection. A cela s’ajoute la prise en charge du ramassage et de la destruction des cadavres, la mise en place de lieux d’enfouissement des cadavres de chiens, entre autres.

11 134 chiens domestiques ont été vaccinés et 26 710 chiens errants ont été éliminés depuis 2012

Venu présider la rencontre, le ministre de l’Elevage et de la Production animale a confié que la rage est une maladie virale transmissible à l’homme par la salive des animaux infectés, notamment les chiens à la suite de morsure.

Selon Samba Ndiobène Ka, d’après l’Organisation mondiale de la santé (Oms), elle cause annuellement près de 60 000 décès, notamment chez des enfants en Afrique et en Asie. Contrairement à de nombreuses maladies, poursuit-il, elle peut être évitée. ‘’Ainsi, pour contrôler, voire éradiquer la maladie, les actions majeures suivantes s’imposent. Il s’agit de l’organisation soutenue de campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation à l’intention des propriétaires de chiens et des populations pour promouvoir un comportement responsable afin de diminuer le nombre de cas humains. Il faut aussi la mise en œuvre de campagnes régulières de vaccination de masse des chiens avec un vaccin de qualité, l’amélioration de l’accès aux soins humains à travers la disponibilité et l’accessibilité des vaccins et des sérums antirabiques et, enfin, le contrôle de la population de chiens errants’’, a soutenu le ministre.

 De son avis, pour répondre au défi du contrôle de la rage, son département a entrepris, depuis 2012, au titre du Programme de renforcement de la protection zoosanitaire, financé par le budget consolidé d’investissement, la vaccination et le contrôle de la population canine errante qui constitue une menace permanente pour les populations. A ce jour, 11 134 chiens domestiques ont été vaccinés et 26 710 chiens errants ont été éliminés.

Par ailleurs, le ministre a expliqué que la lutte contre la rage, pour être efficace et efficiente, doit reposer sur une approche multisectorielle avec un programme intégré précisant le rôle de chaque partie prenante. C’est pourquoi il accorde une importance capitale à la collaboration intersectorielle pour la lutte contre la rage.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici