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«Leila EL MAHI une poétesse, de la souffrance, de l’estime de soi, de l’harmonie, de l’espérance et de la conquête la vie» par Amadou Bal BA –

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J’ai reçu, avec joie et honneur immenses, deux recueils de poésie de l’autrice Mme Leila LE MAHI «L’amitié est le reflet de l’humanité, le miroir qui nous rappelle que nous sommes tous connectés par des liens invisibles du cœur», écrit-elle en dédicace. Mme Leila EL MAHI, née dans le XIXème arrondissement de Paris, les mots la pénètrent, la transpercent. En effet, l’écriture est un moyen de se «remémorer, de réparer, de guérir et de faire le deuil de ce qui nous encombre. Mes plus fidèles compagnons sont les mots, ils résonnent dans ma tête, tout le temps. Ils me transcendent et me guérissent. C’est ma vocation, ma passion, mon premier amour, mon garde-fou, mon remède.», dit-elle. «Écrire, c’est ma thérapie ; c’est arriver à vaincre la mort pour la vie ; c’est décrire le moi, tout en restant petite, crier ma joie et mes peurs, créer l’amour, pour créer la vie, me dévoiler, me soulager, retrouver la douceur de mes sentiments perdus, vider mon cœur, oublier le chagrin, sortir de l’obscurité vers la lumière», dit, dans le poème écrire, Leila EL MAHI, un extrait du recueil «L’envol du papillon». L’ambition littéraire, un vrai envol du papillon, est également une profonde aspiration à la liberté que lui a communiquée son grand-père, «Mon grand-père était GRAND. Il était bon, généreux et savant. On l’appelle Hbibi, chéri, en héritage, il m’a laissé l’amour de la vie. Son savoir est gravé dans ma vie. Tes paroles, tes «Douaas» éloignent mes peurs», écrit-elle. L’écriture est à travers l’âme et l’esprit une profonde aspiration à se libérer et aux autres de prendre l’envol. En effet, la liberté «réveille mes pensées, m’octroie le droit de pouvoir rêver, de m’envoler jusqu’au sommet», écrit-elle. À travers « l’envol du papillon », on se dévoile et on se découvre, dont le symbole de cette liberté est la fleur de l’édelweiss. «Seule la liberté peut atteindre le sommet de l’espérance, croire rêver, imaginer. «La fleur de l’édelweiss éclot au reflet de l’innocence», écrit-elle, dans «Ivresse». Leila EL MAHI, un cœur ébranlé, est «une âme pure qui déborde d’amour», une poétesse souffrante «ses larmes sont ce ruisseau d’un bruit de tonnerre. Ma force est instable et s’affaiblit lentement. Ma force est instable et s’affaiblit lentement. À la courbe du chagrin et de son détachement», écrit-elle, dans le poème «Les larmes, pluie de tonnerre», du recueil «L’envol du papillon».

«Écrire pour dévoiler, pour se chercher», dit Leila EL MAHI. Dans sa poésie de l’extase et du mystique, il est question de rêve, de sensations, de l’étincelle qui illumine, de passions, de désirs, d’espérance, d’humilité, mais aussi de «ce langage universel, celui qui fait vibrer les cœurs : l’amour», écrit-elle dans l’introduction. Le cœur souffrant de poétesse Leila EL MAHI, animé de résilience est rempli d’espérance et d’Amour, un thème récurrent «Ce cœur meurtri, mais au diable cette corde. Fais-moi boire cet espoir de vouloir croire. Je veux être ivre de cet amour. Marie-moi à nos rêves d’espérance», écrit-elle dans «l’élan d’espérance».

Le recueil de poésie, de Mme Leila EL MAHI, «Moi «Je» de réflexion», est une «invitation à plonger au cœur des réflexions les plus profondes et intimes de l’auteure, tel un miroir reflétant ses interrogations et la confrontant à ses doutes, ses peurs, ses espoirs, mais aussi aux nôtres. Ainsi se trace son cheminement intérieur ; au fil des vers, de mots qui s’entrelacent pour donner naissance à une quête de sens, chaque page est un fragment de parcours de sa vie, une exploration de cet espace où les pensées se libèrent devant la beauté, la magie des mots, la découverte de soi et du mystère de notre existence» écrit, en 2023, son éditeur basé à Nîmes, «NomBre7».

Plusieurs thèmes structurent les deux majestueux recueils à dimension autobiographique, de Mme Leila EL MAHI, la souffrance, la conscience, la foi, l’amour, sous toutes ses formes, la joie, l’espérance d’une vie et d’un monde meilleurs : «L’autrice évoque tout ce qui résonne en son for intérieur, le désordre de ses paroles intenses, riches en philosophie, conscience, foi, amour et souffrance, pour éclaircir notre existence, bercer ses douleurs et discerner ses joies» écrit, en 2022, l’éditeur «NomBre7», à propos du recueil de poésie, «L’envol du papillon».

I – Mme Leila EL MAHI, une poésie de la souffrance non paralysante

Dans ces recueils de poésie intimistes et à dimension autobiographique, la souffrance occupe une place centrale. La douleur culpabilisante nous enferme dans la honte, la peur d’être jugé, dépassé par les évènements, la vie devient un cauchemar. Votre esprit et votre âme saignent. «Je pense et je veux ce soir que l’on se tende la main, pour qu’il y ait un lendemain, un surlendemain, pour te dire, femme, que tu vis, tu existes, que rien, ni personne n’a le droit de te rendre triste» écrit-elle dans le poème «Échos de l’invisible douleur», un extrait du recueil «Moi, «Je» de réflexion».

Mme Leila EL MAHI, dans une démarche littéraire universelle, militante, quasi mystique et émotionnelle, description de la souffrance, a su mettre les mots derrière la chose. Mais Leila a su trouver la force en elle pour dominer ses peurs et ses angoisses. Je rencontre souvent de très hauts cadres issus de la diaspora africaine. En public, ils bombent le torse, font semblant d’être épanouis, pour sauver les apparences. En privé, j’ai pu mesurer combien sont grandes leurs frustrations, leurs douleurs et déceptions. Ils n’ont pas eu la vie dont ils avaient rêvé, et sont parfois pleins de ressentiment ou de colères stériles. «Ce qui caractérise principalement la vie d’un Noir, c’est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu’elle fait partie de presque tous les instants de sa vie. Dans un monde compétitif à l’extrême, il sait qu’on lui déniera toujours le droit au soleil, à la vie, au pouvoir. Être noir, c’est porter la trace historique de l’esclavage et du démembrement familial. pour supprimer les méfaits du racisme et de la misère, il faut susciter de nouvelles valeurs. Que notre mouvement n’encourage pas le noir à s’intégrer à toutes les valeurs actuelles de la société. soyons des dissidents audacieux» écrit en Martin Luther KING, dans «Black Power». Ce recueil, en ce monde fondé sur le privilège de l’homme blanc et le règne du patriarcat, parle à tous les racisés qui souffrent en silence, et en particulier aux femmes. «Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux», écrit Alfred de Musset, dans «On ne badine pas avec l’amour» ; l’écrivain venait de rompre avec George Sand. «Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis», tel pourrait être l’adage de Perdican et de Camille, les jeunes héros impétueux de la pièce. Et il rajoute, «Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir ; je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas. Voilà mon amant».

La douleur n’est pas contrairement à une idée reçue, ne devrait pas être vécue comme une honte, une misère que l’on cache, mais une valeur négative, notre existence traverse souvent des épreuves de la vie, donc la souffrance : «Si vous ressentez de la douleur, vous êtes vivant, si vous ressentez la douleur des autres, vous êtes Humain», écrit Léon TOLSTOI (Voir mon article, Médiapart, 4 décembre 2023). «Ce qui me tue me rend fort», écrit le philosophe allemand Friedrich NIETZSCHE (1844-1900). En effet, pour NIETZSCHE, l’idéal ascétique aura donné à l’homme une plus grande souffrance, mais une souffrance ayant un sens, une volonté de néant : «L’homme préfère encore vouloir le néant plutôt que de ne pas vouloir du tout», écrit-il. «La jouissance suprême, ce serait de pourrir la vie de toute la famille qui nous entend geindre ; celui qui veut avoir le plus [de plaisir] possible doit aussi avoir le plus [de déplaisir] possible», écrit Friedrich NIETZSCHE dans «le gai savoir». Le Christ a souffert sur la croix pour nous libérer par son Amour et son sacrifice.

L’écrivain russe, Fédor DOSTOIEVSKI (1821-1881), dans son fameux «Carnets du sous-sol», le narrateur souffre d’une rage de dents, refusant de se soigner. Réfugié dans son sous-sol, ce personnage, humilié, diminué, vilipendé par les amis de passage ou la maîtresse d’un soir, dans son monologue féroce et imprécatoire, il ne cesse de conspuer l’humaine condition pour prôner son droit à la liberté. «La souffrance, c’est la vie», écrit Fédor DOSTOIEVSKI, dans «Les frères Karamazov». En effet, pour cet écrivain ruse, il vaut mieux vivre la douleur que ne rien ressentir. La souffrance est au fondement de la vie humaine, et il est impératif de l’accepter, mais aussi, «il faut l’aimer». Fédor DOSTOIEVSKI «Souffrir et pleurer, c’est encore vivre», écrit-il dans «Crime et châtiments». Les épicuriens sont plus nuancés ; l’homme doit s’offrir des plaisirs, à la seule condition que cela ne provoque pas des douleurs plus grandes. L’épicurien est une aspiration à la fois d’une vie sans superflu, d’ascétisme, mais de jouissance des bons plaisirs dont l’amitié et la philosophie sont parmi les plus précieux. En effet, pour l’épicurien, la vertu de la prudence est indispensable pour atteindre le bonheur. Pour éviter la douleur, l’homme devrait donc les bons et les mauvais plaisirs.

«Derrière les ennuis et les vastes chagrins, qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, heureux celui qui peut, d’une aile vigoureuse vers les champs lumineux et sereins», écrit, en 1857, dans «Les Fleurs du Mal», Charles BAUDELAIRE (Voir mon article, Médiapart). «Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’inconnu, pour trouver du nouveau !» telle est la mission, le voyage du poète, suivant Charles BAUDELAIRE. «J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or» écrit-il dans le poème «Orgueil».

II – Mme Leila EL MAHI, une poésie de la Vie, de l’Amour et de l’Espérance

A – Une poésie de rêve d’une vie meilleure

Dans ses souffrances infinies, la découverte et l’estime de soi, Leila EL MAHI n’a pas perdu de vue que la souffrance ne devrait pas être paralysante. Animée de l’amour de ses enfants, c’est une femme debout, restée digne et combative, refusant d’abdiquer, qui relève la tête haute, face aux difficiles épreuves de la vie.

B – Une poésie de rêve monde plus fraternel, juste et de paix et d’amour

Mme Leila EL MAHI, dans son pessimisme ensoleillé, sa poésie lumineuse, nous invite, ardemment, à écouter notre cœur, à forcer le destin et à aller jusqu’au bout de nos rêves. Leila EL MAHI résiste aux mauvais vents ; elle est une femme-courage, pleine de dignité. Vivre, c’est résister : «Je résiste malgré mes douleurs. Je suis une femme seule qui a connu l’injustice et la peine, et je me lève chaque jour, enchantée avec beaucoup de grâce et d’amour. Je lutte pour pouvoir apporter, à ceux que j’aime, un brin de gaieté. Je résiste, car je suis forte et courageuse. Je suis déterminée à réussir» écrit-elle dans le poème «Pourtant je résiste». Leila EL MAHI, force l’esprit, est une poétesse de la résilience, de la persévérance : «Je suis résilience, la force de l’esprit. Je suis la capacité de me relever après la chute. Je suis la persévérance, la ténacité, la détermination. Je suis le courage de continuer malgré les douleurs. Je n’ai jamais abandonné ; je n’ai jamais cédé. Je me suis relevée plus forte que jamais», écrit-elle, dans «Au-delà de la chute».

Dans un poème, «L’élan d’espérance» dédié à Chris, Leila EL MAHI écrit «Prenant ta main, enlaçant nos corps dans nos peurs, pour vaincre ce vagabond qu’est la prudence, fais-moi boire cet espoir de vouloir croire. Marie-moi à nos rêves d’espérance». Le rêve d’espérance, comme une ritournelle, revient dans le poème «Mon âme au lac». C’est un chemin exigeant, plein d’embûches, même si l’on est tenace, et armée de certains principes et valeurs, notamment le partage, la piété, la patience, un cœur résilient, l’humilité, la Miséricorde, la compassion, la charité, la tolérance, l’amour, le respect, la sincérité, la foi, la fraternité, la gratitude, le courage, le pacifisme, la spiritualité, la maîtrise de soi, la retenue, l’équité, l’ouverture d’esprit, on finit par vaincre tous les obstacles, et triompher. En particulier l’amour maternel au cœur de ma création littéraire, de cette poétesse mère de quatre enfants (Sarah, Mohamed, Yacine et Youssef). En dépit des épreuves, des endurances, des souffrances, les malheurs les plus accablants, la poétesse est le cœur aimant d’une mère : «Tous ces instants secrets ont alimenté mon âme. Mais au creux de vos bras se dissipe ma flamme. Mes enfants adorés, rien n’est plus dur, pour une maman, que d’affronter les risques les plus rudes et les plus aberrants. Un seul de vos sourires me consolait et me faisait oublier, tout le chagrin devant le défi du bon matin. La force en moi se nourrissait, en vous tenant par la main. À ce stade, vous avez tous compris, ce qu’une mère peut ressentir pour la raison de sa vie, quand la recette fait le mélange de faiblesse et de force, donne ce goût de joie qui nous lie et nous renforce. Vous êtes les yeux qui ont tracé mon chemin ; vous êtes ma fierté, je partirai l’esprit serein» écrit-elle, dans le poème, «À mes très chers amours adorés». Leila EL MAHI rend hommage au pouvoir immense et immortel de l’amour de sa mère «Maman, ton endurance m’a appris à conquérir ma vie, à alléger ma souffrance devant les regards d’autrui. Rien n’est plus beau que la chaleur de ta présence», écrit-elle, dans le poème, «Maman». Et d’ajouter «Je me sens belle en toi et rien que pour toi», écrit Leila EL MAHI, dans «l’envol du papillon».

Loin des colères stériles, du ressentiment, Mme Leila EL MAHI affirme sa grande résilience, combativité et créativité de femme de Lettres «ce corps ivre, épanoui d’imagination ; ivre de mes rêves, pour devenir folle de passion ; assoiffée d’envie aux mille frissons, assoiffée de vie», écrit-elle dans «Femme, je suis». La littérature, c’est la glorification de la liberté de la femme, pour «Chanter la liberté et ainsi la joie. Algérienne, je suis fière et courageuse, Femme forte, pour mon pays, amoureuse livrant bataille qui m’a été imposée. Mes cris de révolte en rimes d’honneur que je verse en éclats, au sens d’un esprit partagé. Je relève ainsi des anciennes de l’énergie, qui avant moi, ont su lutter pour la vie, pour le respect de l’être, de l’honneur de femmes de mérite et de grandeur. J’étais, je suis et je resterai toujours Femme porteuse de l’espoir» écrit-elle dans «Moi, Femme algérienne». Dans son recueil de poèmes «Moi, «Je» de réflexion», un souci de construire un monde plus juste, plus harmonieux, pour un changement positif, Leila EL, dans sa quête de sens, ouvre «ces chemins vers l’exploration de soi, de nos pensées, de nos croyances, les fondements sur lesquels reposent nos choix et nos actions. À travers ma plume poétique, je vous invite les valeurs qui guident nos existences, celles qui forgent nos décisions et qui donnent un sens à notre vie», écrit-elle dans la préface de «Mon «Je» de réflexion».

Dans sa poésie, Leila EL MAHI réclame plus de Justice et d’Egalité dans la Cité «Laissez-moi vous réciter le nombre de morts d’inégalités. J’ai le cœur brisé, dites-moi ce qui reste dans ce monde fragile où l’homme comblé de son geste ébranle tout excès de crime, d’horreur, de calamités, pour rassasier son entité de traitre meurtrier. Par ces vers et le pouvoir des pensées, aidez-moi à étendre cette inhumanité qui nous poursuivra tous, avec ou sans conscience, et agir pour tendre une main bienveillante», écrit-elle dans «L’arbre de notre espoir». Pour Leila EL MAHI, le temps, aide à écrire, à rêver, à espérer et à aimer, et la beauté, l’imagination pour raconter, mais la poésie, c’est la Vie qui a «transformé mes craintes en rêves et mes douleurs en trêve, fait naître l’espoir, et la force de vouloir. La vie est magique et incroyable. C’est toute une suite de joies et de peines qui m’ont forgée et rendue sereine. Dépêchons-nous de la croiser», écrit-elle dans «La vie». Leila EL MAHI est également, apparemment une disciple de Paolo COELHO, «Accomplir sa légende personnelle est la seule et unique obligation de l´homme. Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l’Alchimiste, une nuit qu’ils regardaient le ciel sans lune. Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et aucun n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves», écrit, en 1988, Paulo COEHLO, dans «L’Alchimiste».

Leila EL MAHI, adepte de Jalal Din Al RUMI (1207-1273), poète, théologien soufi et mystique, fondateur des Derviches tourneurs, né en Afghanistan et mort en Perse, sa poésie est quasi-religieuse. RUMI, qui a abordé différents thèmes (Connaissance de l’Homme, Amour et Souffrance), dans son «Livre du Dedans», invoque les forces occultes pour se libérer de la prison de la souffrance, de ce monde obscur, pour accéder à un monde lumineux des Prophètes. «Toutes les peines proviennent de ce que tu désires l’inaccessible. Si tu ne désires pas, il n’y a pas de souffrance», écrit Jalal Din Al RUMI : «J’ai tant cherché dans le désert de ma vie, la vérité, l’amour et la paix. Dans cette quête au large essentiel, mon regard tourné vers le Ciel, pour libérer tous mes chagrins, j’ai appris à écouter le silence, à vivre avec gratitude et émerveillement. Le mysticisme m’a longuement enseigné m’aidant à transcender mes peurs» écrit-elle dans «La spiritualité». Dans les valeurs de la vie, Leila EL MA a retenu la maîtrise de soi, la retenue, l’équité, l’harmonie, d’élixir du songe, mais aussi, la lumière que chacun porte en lui «La vie, cette lumière éclatante qui brille en nous, telle une flamme ardente, guide nos pas sur le chemin de notre destin. Parfois, son éclat vacille dans les ténèbres. Mais la vie nous exhorte à nous relever, à persévérer vers cette Vérité à dévoiler. Laissons-là rayonner de sa lueur mystique», écrit-elle dans «Lueurs de vie, «Éclats mystiques». En effet, dans ce combat pour un monde meilleur, Leila EL MAHI invoque plusieurs valeurs. La pureté, «illumine le monde de sa lumière, nettoie les âmes de leurs peines irrégulières», écrit-elle dans «Pureté et beauté». Le partage, joyau précieux, acte bienveillant, une main tendue est «donner, sans jamais attendre un retour», écrit-elle dans le poème «Le partage». La patience, cette paix intérieure, la douceur de l’attente, est cette «douce voix qui résonne qui résonne au fond de nos âmes, comme un son qui bourdonne», écrit-elle. L’humilité, cette reconnaissance de nos faiblesses, ses limites, est la recherche «à apprendre des autres, à garder un esprit ouvert, rester connecté à la vie», écrit-elle. La miséricorde, étincelle des âmes tourmentées, la bonté, la vertu des justes, la lumière des égarés, «elle nous éloigne de toutes les peurs ; elle est la lumière des égarés. Elle ouvre les portes du pardon. Elle est ce lien qui nous raccorde» écrit-elle. La compassion apaise les souffrances, répand la chaleur humaine, réchauffe la terre gelée en hiver, «accompagne les tristes, les braves comme un pont solide. La compassion, oui, cette force qui unit les êtres fragilisés. Cultivant la source d’espoir, dans ce jardin de paix et d’amour, pour récolter l’abondance de bienveillance et fait briller dans le ciel nocturne de chaque jour», écrit-elle. La charité, ce du cœur est «le langage universel de l’amour», écrit-elle. La tolérance, «c’est l’art de savoir comprendre que l’on est différent, unique et singulier, que l’on sait écouter l’autre sans le juger. Et libérer les doutes, surtout les préjugés. Et que nos différences soient notre force, notre bienfaisance», écrit-elle. L’amour, «tel un élixir, enveloppe nos âmes dans cette danse éternelle, nous donne la force de faire face aux ennuis, de garder l’espoir devant chaque imprévu», écrit-elle. La sincérité, cette noble vertu, inspire la confiance et le respect. La sincérité, «brillante, comme un beau diamant, de sa douce caresse prise par le vent, sa pureté s’élève le reflet de son âme qui ne triche pas, mais qui surtout désarme», écrit-elle. La foi, ce terrain d’amour sans fin, ce brin d’espoir, cette force qui grandit, «est ce joyau précieux qui brille en nous, lumineux ; elle nous guide dans l’obscurité et nous donne la force d’avancer», écrit-il. La fraternité brise les barrières de la haine et du mépris «ne voit, ni couleurs, ni races, unit les cœurs avec grâce, chante la beauté de l’humaine, pour vivre en paix, main dans la main. Tes valeurs sont celles de l’humanité, pour la paix, pour la liberté et pour la dignité», écrit-elle. La gratitude, est source de résilience, de confiance en soi, «j’aime surmonter mes difficultés, en les surpassant, pour le relever, pour comprendre les épreuves au passage et me rendre plus forte et plus sage» écrit-elle. Le courage, cette étincelle, donne la force de surmonter les obstacles pour conquérir des sommets lourdement inatteignables, en me poussant à affronter mes peurs. Telle l’énergie qui m’offre confiance et foi, et pour soutenir le poids de mes rêves »

Le rêve est un thème souvent utilisé dans la poésie. Il est très présent à partir du XVIIIe siècle et particulièrement durant le romantisme et le surréalisme. e rêve et la poésie sont intimement liés : ils sont tous deux fruits de notre imagination et fondés tout deux sur des images, mais ils sont néanmoins des messages : le rêve nous parle tandis que la poésie s’adresse aux autres. Les «rêves» du poète se réalisent toujours pour la simple raison qu’ils ne sont pas des «rêves», mais de clairs regards jetés sur la réalité du monde. «Déprime en pensant que tu ne vaux rien, alors que tu oublies que tu as de fortes capacités, que tu as un cœur pour aimer», écrit-elle dans le poème, «Le bonheur à portée de main». Dans son projet de vie et sa conception du monde «Je m’envole vers l’inconnu, laissant derrière moi les tourments pour retrouver un havre inattendu. Je m’éloigne du monde, pour mieux m’y retrouver», écrit-elle dans le poème, «L’envol vers l’inconnu». La foi, cette force qui grandit, «nous guide dans l’obscurité et nous donne la force d’avancer, pour retrouver un brin d’espoir», écrit-elle.

Les grands poètes humanistes n’ont jamais désespéré de la victoire du Bien sur le Mal, de l’avènement d’un monde meilleur «Notre Père qui est sur la terre, sur l’eau, sur l’air de toute notre vaste étendue silencieuse, tout porte ton nom, père, dans notre demeure : ton nom de canne à sucre incite à la douceur. Capitaine, combattant, là où une bouche crie liberté, là où une oreille écoute, là où un soldat rouge brise un front brun, là où un laurier d’homme libre surgit, là où un nouveau drapeau se pare du sang de notre insigne aurore, Bolivar, capitaine, ton visage se divise. Mais ton ombre nous conduit vers l’espérance, le laurier et la lumière de ton armée rouge regardent par ton regard à travers la nuit d’Amérique. Tes yeux qui veillent au-delà des mers, au-delà des peuples opprimés et blessés», écrit Pablo NERUDA, dans son poème dédié à «Simon Bolivar», un extrait de son recueil, «Habiter la terre».

Références bibliographiques

I – Poésie de Leila ELMAHI

EL MAHI (Leila), L’envol du papillon, Nîmes, NomBre7 éditions, 2022, 72 pages ;

EL MAHI (Leila), Mon «Je» de réflexion, Nîmes, NomBre7 éditions, 2023, 69 pages.

II – Autres références bibliographiques

ARTIRAN (Nûr), Rûmi, ou l’épreuve de l’Amour, Paris, Bayard, 2020, 416 pages ;

BAUDELAIRE (Charles), Les fleurs du mal, Paris, Poésie Gallimard, 2005, 350 pages ;

COELHO (Paulo), L’alchimiste, traduction de Jean Orecchini, Paris, Flammarion, 2017, 224 pages ;

DOSTOIEVSKI (Fédor, Mikhaïlovitch), Les carnets du sous-sol, Arles, Actes Sud, 1992, 1992 pages ;

FRIEDLANDER (Shems), Rûmi, le trésor caché, Arles, Actes Sud, 2018, 74 pages ;

JUQUIN (Pierre), Aragon : un destin français (1939-1982), Paris, éditions La Martinière, 2013, 816 pages, spéc prélude à Jean FERRAT pages 9-12 ;

KING (Martin, Luther), Black Power, Paris, Rivages ou Payot, 2008, 171 pages ;

MUSSET de (Alfred), On ne badine pas avec l’amour, Paris, Gallimard, Folio, 2021, 176 pages ;

NERUDA (Pablo), La solitude lumineuse, Paris, Gallimard, 2004, 81 pages ;

NERUDA (Pablo), Résidence sur la terre, textes réunis par Guy Suarès, Paris, Gallimard, 2012, 222 pages ;

RUMI (Jalal Din), Le livre du dedans, textes traduits et présenté par Eva de Vitray-Meyerovitch, Paris, Albin Michel, 1975 et 1997, 368 pages ;

RUMI (Jalal Din), Les larmes du coeur, textes traduits et présenté par Osman Nuri Topbash, Bobigny, éditions Erkam, 2008, 260 pages ;

RUMI (Jalal Din), Rubâi’yât, textes traduits et présenté par Eva de Vitray-Meyerovitch, Paris, Albin Michel, 2021, 232 pages ;

SAMI-ALI (Mahmoud) HALLAJ (Hussein, Mansour, Al), Poèmes mystiques, Arles, Actes Sud, 2006, et Paris, Sindbad, 92 pages, texte en arabe et en français ;

VITRAY-MEYEROVITCH (Eva, de), Rûmi et le Soufisme, Paris, Seuil, 2005, 190 pages.

Paris, le 22 février 2024, par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

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