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Le Comité « Dooleel PIT-Sénégal ngiir deferaat reewmi » exige la tenue d’une concertation nationale délibérative

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Le Sénégal vit des moments porteurs de graves dangers. La paix civile et la stabilité sont menacées à
la faveur d’un fait divers devenu une affaire d’État. Depuis le mercredi 3 mars 2021, sur toute
l’étendue du territoire national, des foules manifestent pour exprimer de la colère et des
revendications. Les dispositifs sécuritaires (Police, Gendarmerie et parfois Armée) destinés à faire
appliquer les directives gouvernementales sont largement débordés. La violence est partout ! On
dénombre des morts, des blessés et la destruction de biens matériels. Plusieurs mairies, tribunaux et
bâtiments publics et domiciles privés ont été saccagés. Des supermarchés pillés et des stations-service
vandalisées ! C’est le chaos !
L’excès de violence que nous vivons survient dans un contexte socio-économique et politique
particulier. La pandémie de la COVID-19 est à sa deuxième vague. Elle fait de nombreuses victimes et
les mesures prises récemment (campagne de vaccination) n’ont pas encore eu leurs effets sur la
courbe épidémique. Le couvre-feu, les interdictions des rassemblements ont mis à rude épreuve la
résilience des classes populaires. De nombreux secteurs de la vie économique sont sinistrés et des
centaines de milliers de travailleurs sont privés de leurs sources de revenus. Sur le plan politique,
depuis plus d’un mois, la plainte visant le président du parti Pastef les patriotes, le député Ousmane
Sonko, fait l’objet de fortes crispations et tensions. La gestion catastrophique de cette affaire par le
pouvoir a fini de convaincre les plus sceptiques que, comme avec Khalifa Ababacar Sall, Karim Wade,
l’institution judiciaire est une variable d’ajustement politique. Sur des bases fallacieuses, des militants
politiques et associatifs (Guy Marius Sagna, Birame Soulèye Diop etc.) sont inculpés et écroués. Ces
atteintes graves aux droits humains traduisent une gouvernance tyrannique, qui est la marque de
fabrique du régime hyperprésidentialiste de Macky Sall depuis 2012. Ces pratiques violent la Charte
de Gouvernance démocratique des Assises nationales, qu’il avait pourtant signée.
Le Sénégal est à la croisée des chemins, les patriotes, les démocrates notamment les forces de gauche
ont le devoir de se mobiliser. Il faut sauver notre pays avant qu’il ne sombre dans l’abime ! Le Comité
pour la Plate-forme de Réflexions « Dooleel PIT-Sénégal ngir defaraat reewmi » :
– Présente ses condoléances aux familles des personnes décédées, à la nation et souhaite un
prompt rétablissement aux blessés ;
– Lance un appel solennel au calme et demande la cessation de toutes les violences ;
– Salue la détermination avec laquelle le peuple sénégalais et en particulier sa valeureuse
jeunesse s’oppose à la volonté de Macky Sall de saper les bases de notre démocratie, de nos
libertés individuelles et collectives et de notre État de droit ;
– Exige la libération d’Ousmane Sonko, de tous les détenus politiques et des manifestants arrêtés
durant ces évènements ;
– Dénonce avec la plus grande énergie les discours bellicistes et complotistes du ministre de
l’Intérieur, de ses collègues du Gouvernement et des Membres de la coalition BBY ;
– Dénonce vigoureusement le recours par le pouvoir à des nervis armés aux côtés des forces de l’ordre
pour réprimer les manifestants ;
– Exige l’arrêt des attaques contre la presse et dénonce la censure d’un autre âge que le CNRA exerce
sur les médias ;
– Remercie la Commission de la CEDEAO, l’Union africaine et l’ONU pour l’expression de leur émoi sur
la situation que traverse notre pays et leur interpellation du gouvernement sur la nécessité de
respecter le droit à manifester ;
– Demande au gouvernement de respecter le droit constitutionnel des Sénégalais à manifester
pacifiquement ;
– Exhorte le Président de la République Macky Sall à créer les conditions d’un apaisement
général en s’adressant à la nation. Il est de sa responsabilité d’appeler au calme et de prendre les
mesures idoines pour un exercice souverain et respectueux des normes constitutionnelles de toutes
les institutions en particulier la Justice ;
– Invite le Président de la République Macky Sall à convoquer dans les meilleurs délais une
concertation nationale délibérative des forces vives pour trouver des solutions de sortie de crise. Cette
initiative devra être transparente, inclusive avec comme objectif la réactualisation des conclusions des
Assises nationales et des recommandations de la Commission Nationale de Réforme des Institutions.
– Dans un souci de décrispation, le Président de la République Macky Sall est invité à déclarer
solennellement qu’il ne sera pas candidat à un troisième mandat conformément à l’esprit et à la lettre
de la Constitution.
Dakar, le 7 mars 2021

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