Elle était thérapeute et sexologue à Hollywood. Et elle luttait contre les violences domestiques. Assassinée à son domicile, Amie Harwick était harcelée depuis des années par un ex-petit ami.

Ce 16 janvier, à Hollywood, les flashs crépitent sur le tapis rouge des XBIZ Awards, la cérémonie organisée par l’actrice et productrice de films X, Stormy Daniels. Vêtues de leurs robes les plus sexy, les actrices défilent, lascives, devant le parterre de photographes. Avec son look de pin-up à la Dita Von Teese, la brune Amie Harwick, 38 ans, rayonne sous les projecteurs. Si, dans sa jeunesse, Amie a posé pour le magazine de charme Playboy, elle a très vite repris des études de psychologie pour devenir une thérapeute et sexologue réputée à Hollywood, régulièrement invitée dans les médias.

C’est à ce titre que ce soir-là, Amie doit intervenir pour évoquer le droit des travailleuses et travailleurs  du sexe et la prévention des risques pour la santé mentale. Au milieu de la myriade de photographes qui crient son nom, Amie reconnaît un regard familier. Celui de son ex, Gareth Purse house, 41 ans. Il n’avait jamais accepté leur rupture. A l’époque, il l’avait poussée d’une voiture qui roulait sur une bretelle de sortie d’autoroute. Une seconde fois, il l’avait rouée de coups et étranglée. Le visage tuméfié, Amie avait eu le courage de porter plainte.

On avait beau lui dire : « Passe à autre chose, laisse-la tranquille », il n’en démordait pas !

Gareth avait tenté de s’excuser en entrant par effraction dans l’appartement de la jeune femme pour soi-disant lui déposer des fleurs. Face à son harceleur, Amie avait bataillé en justice jusqu’à obtenir une ordonnance d’éloignement en 2011, renouvelée en 2012 et prolongée jusqu’en 2015. « C’était un harceleur, se souvient Rudy Torres, un ami de longue date d’Amie. Leur relation n’a pas duré longtemps mais, quand ils ont rompu, le gars ne l’a pas bien pris du tout. Et on avait beau lui dire : « Passe à autre chose, laisse-la tranquille », il n’en démordait pas !  » Après toutes ses années, Amie pressentait que Gareth n’avait pas tourné la page.

En tant que docteur en psychologie, elle sait bien qu’une mesure d’éloignement, sans suivi thérapeutique, n’a jamais soigné l’obsession d’un harceleur. Le sourire crispé, Amie écourte la séance photo et se rue dans la salle de cérémonie. Son répit ne durera que le temps de la remise des prix. Lors du dîner, une main possessive se pose sur son épaule. Gareth se tient devant elle. Depuis des années, ils n’avaient pas été aussi proches l’un de l’autre. Rien n’a changé. Belliqueux, il l’invective devant des invités sidérés.

« Il lui criait au visage : « Tu as ruiné ma vie ! » dans un esclandre énorme, tout en sanglotant et gémissant »

« Comme un missile, il a foncé droit sur elle, se souvient Robert Coshland, présent ce soir-là. Il lui criait au visage : « Tu as ruiné ma vie ! » dans un esclandre énorme, tout en sanglotant et gémissant. » En réaction, Amie tente de canaliser la fureur de Gareth. « Il était très agité et Amie tentait de l’apaiser et de le calmer. Une fois l’homme parti, elle nous a confié qu’elle était effrayée des suites qu’il pourrait donner », confie Hernando Chaves, un ami. Tous ignorent alors que les jours de la jeune femme sont comptés. Le soir de la Saint-Valentin, Amie rentre d’une soirée dans sa résidence à Hollywood Hills.

Vers 1 heure du matin, des voisins entendent des hurlements provenant de son domicile. Ils alertent alors immédiatement la police. A leur arrivée, à 1 h 15, ils découvrent le corps de la psychologue gisant au sol. Elle a été étranglée avant d’être jetée du balcon du troisième étage. Des traces de lutte sont retrouvées au domicile de la victime. Principal suspect, Gareth Purse-house est rapidement interpellé. Et libéré une première fois après une caution de 2 millions de dollars.

Après de nouveaux éléments de l’enquête, il est de nouveau arrêté, sans possibilité de remise en liberté. Le suspect doit être entendu par un juge le 25 juin. Inculpé pour meurtre, il nie toute implication et se pose en victime. En hommage à sa lutte contre les violences domestiques, des amis d’Amie ont lancé une pétition signée par plus de 45 000 personnes pour que justice lui soit rendue. « Mon amie a été tuée à cause de lois faibles qui ne protègent pas les victimes et soutiennent les abuseurs. Je refuse que sa mort reste vaine. » Si une vie a été gâchée, c’est bien celle de la docteur Harwick.

 

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