S'Informer devient un plaisir

Hongrie: une loi contre « la promotion » de l’homosexualité pour préserver les enfants

0

Adoptée par le parlement hongrois le 15 juin, la loi interdisant la “promotion” de l’homosexualité auprès des mineurs entre en vigueur mercredi. Un texte jugé liberticide par les défenseurs des droits dont France 24 détaille les contours et les implications.

Un texte de loi qui représente une « honte » et « va à l’encontre de toutes les valeurs fondamentales de l’UE ». Le 23 juin, depuis Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la loi hongroise interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs. La Hongrie n’a « plus rien à faire dans l’Union européenne » déclarait pour sa part le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, fustigeant un texte discriminatoire visant la communauté LGBT.

Pourtant, malgré les vives critiques de la communauté internationale et la mobilisation militante en Hongrie, le texte controversé, adopté par le parlement hongrois le 15 juin, entre en vigueur mercredi 7 juillet dans le pays. Une loi qui dresse un dangereux parallèle entre homosexualité et pédophilie et qui suscite l’inquiétude des militants des droits de l’Homme. Explications.

Une loi contre la pédophilie

L’amendement interdisant la « promotion » de l’homosexualité s’inscrit dans un projet de loi plus large dont l’objectif est de combattre la pédophilie. En avril 2020, l’ambassadeur hongrois au Pérou, Gábor Kaleta, est démis de ses fonctions dans une affaire de pédopornographie : près de 20 000 clichés d’enfants ont été retrouvés sur son ordinateur. Rapatrié et jugé en Hongrie, le diplomate écope d’une lourde amende mais échappe à la prison. Une peine jugée trop légère par une partie de la population et qui suscite des critiques. Le parti au pouvoir décide alors de plancher sur un projet de loi pour lutter plus efficacement contre les criminels sexuels. Les députés souhaitent notamment réévaluer la durée des peines et créer un registre public répertoriant les criminels sexuels. Mais quelques semaines avant le vote au parlement, le 15 juin, un nouvel amendement est ajouté à ce projet de loi : il s’agit d’un volet dédié à la “protection des enfants” qui n’a alors plus rien à voir avec la pédophilie, mais vise les contenus faisant référence à la sexualité et notamment l’homosexualité.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.