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Hausse des prix du carburant et de l’électricité : Plus de 258 milliards de francs d’économie pour l’État

La hausse du prix du carburant et de l’électricité a été actée. Le gouvernement, qui se veut subtil, préfère parler de réduction de la subvention. Dans une note, le ministère du Pétrole et des énergies explique : «Face à la persistance de la crise internationale qui renchérit de plus en plus les cours des matières premières et affecte l’économie mondiale, une analyse de la situation commande à repenser la subvention que l’Etat apporte aux différentes structures des prix de l’électricité, du gasoil et du supercarburant.» Les services de Sophie Gladima renseignent que «le gouvernement a décidé de procéder à une réduction de cette subvention pour l’orienter vers les couches les plus vulnérables, donner de l’électricité aux localités qui n’en ont pas et investir dans d’autres secteurs ; car les consommateurs les plus nantis vont les soutenir». D’après eux, «cette réduction de la subvention nécessitera inéluctablement un réajustement sur certaines catégories d’usagers d’électricité, de gasoil et de supercarburant».

Concernant l’électricité, le ministère explique qu’un ciblage «a été fait en sortant la clientèle la plus vulnérable dont la consommation ne dépasse pas 150 Kwh, c’est-à-dire la première tranche de consommation des clients domestiques petite puissance, soit 1 159 146 clients (48% de l’effectif total des clients de la Senelec)». Poursuivant ses explications, il ajoute qu’une «hausse moyenne de 16.72% a été appliquée de manière générale».

Pour la basse tension, il a été établi qu’au-delà «de 150 Kwh, il sera procédé à une hausse moyenne de 18,97 F Cfa/Kwh, soit 16.62%, sur la moyenne, il est attendu une hausse moyenne de 22,79 F Cfa/Kw, soit 19,45%».

S’agissant de la tranche haute tension, «ce sera une hausse moyenne de 14,31 F Cfa/Kwh, soit 16,91%». On peut être assurés que le Fonds monétaire international, qui a toujours milité pour la fin de la subvention de l’énergie, ne va pas cacher sa satisfaction. Le document précise que «la mesure prend effet à compter du 1er janvier 2023 pour les clients en post-paiement et du 8 janvier 2023 pour les clients en pré-paiement, suivant la décision d’approbation de la grille tarifaire soumise par la Senelec à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) le 30 décembre 2022».

S’agissant du prix du carburant, le ministère du Pétrole et des énergies informe que «seuls le supercarburant et le gasoil des véhicules sont concernés par la hausse». Ainsi, il a été «décidé de faire un ajustement de 100 F Cfa sur le gasoil et le supercarburant, ce qui équivaut à ramener le prix du gasoil à 755 F Cfa et celui du supercarburant à 990 F Cfa». Le gouvernement assure que «des mesures d’accompagnement seront prises pour subventionner directement les transporteurs, afin que ce réajustement n’ait pas d’impact sur le coût du transport». Le ministère rappelle que pour «les carburants automobiles, le litre de gasoil aurait dû couter 1019 F Cfa en moyenne en 2022 et le litre du supercarburant, 1063 F Cfa en moyenne en 2022». Or, soulignent les auteurs de la note, «l’Etat avait maintenu le prix du gasoil à 655 F Cfa toute l’année et le prix du supercarburant a été maintenu à 755 F Cfa jusqu’au mois de juin, puis 890 F Cfa de juin à décembre 2022». Une subvention sur les produits pétroliers qui, selon eux, «a couté à l’Etat 583,5 milliards de francs Cfa en 2022».
Dans cette hausse, l’essence pirogue et le gaz butane ont été exemptés. Et les autorités de donner les raisons de cette mesure : «Le prix de l’essence pirogue (subventionnée à hauteur de 34%) et celui du gaz butane (subventionné à hauteur de 55%) ne sont pas concernés. En effet, l’essence est un produit très utilisé dans le secteur de la pêche, vital pour l’économie sénégalaise et principale source de revenus d’une large frange de la population. Quant au gaz butane, une hausse de son prix risquerait de pousser de nombreux ménages, notamment en milieu rural, à le délaisser pour se tourner vers le charbon de bois, avec des conséquences très négatives en termes de développement durable.»

Pour faire passer cette hausse des prix de l’électricité et du carburant, le gouvernement a insisté sur le coût de la subvention. Et relève : «Pour rappel, le Sénégal dépense en équivalent plus de 4% de son Pib dans les subventions de l’électricité, des produits pétroliers (essence, supercarburant et gasoil) et du gaz butane.» La note soutient que «pour garder la viabilité de notre économie et préserver le budget de l’Etat, qui n’est pas uniquement destiné au secteur énergétique, l’Etat a décidé de procéder à des ajustements dans sa politique de subvention, en améliorant le ciblage afin de garantir que la compensation versée chaque année dans ces segments, impacte effectivement le service public à l’électricité et la sécurisation de l’approvisionnement du pays en combustibles». Partant de ces considérations, le gouvernement fait savoir qu’au total, il était prévu «804,5 milliards de subvention du service énergétique en 2023 si aucune mesure n’est prise, après avoir coûté 750 milliards en 2022 dont 266 milliards pour l’électricité et 484 milliards pour le carburant». Ainsi, renseigne-t-il «en 2023, avec les mesures prises par le gouvernement, nous projetons des économies de l’ordre : 99,7 milliards de F Cfa pour l’électricité, 158,5 milliards pour les produits pétroliers, soit un total de 258,2 milliards de F Cfa». Ces économies, promettent Sophie Gladima et ses services, «permettront au gouvernement de mieux ajuster la subvention vers les foyers vulnérables et de financer des projets à fort impact social».

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