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Gounass : Aux origines d’une rivalité entre «Foutankés» et «Ngabounkés»

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A l’origine du conflit :  les «Foutankés» et les «Ngabounkés» du Fouladou vivaient ensemble au moment du règne du grand marabout Mamadou Seydou Bâ qui avait créé Médina Gounass. Il y avait un village appelé Fouladou. Dès les premières années, les Ngabounkés n’ont pas fait allégeance au Khalife.

Le feu couvait à Médina Gounass depuis longtemps, avec deux communautés religieuses qui s’y regardaient en chiens de faïence. Qualifié de poudrière, c’est finalement en ce jour saint de Tabaski que les choses vont dégénérer à nouveau.

Une situation que certains observateurs avertis avaient vu venir. En 2007, de vives tensions avaient éclaté entre les deux communautés, à l’occasion de la fête de la Tabaski. Cette année-là, elles en sont venues aux mains quand, après avoir fini les deux rakaas de la prière, les Toucouleurs, pour se rendre au domicile du khalife Thierno Amadou Tidiane Bâ, sont passés par la voie encore occupée par leurs «ennemis», qui écoutaient le sermon de l’Imam et khalife Thierno Amadou Baldé.

Il faut préciser que la mosquée de la communauté Peul se trouve à 200 mètres du domicile et de la mosquée du Khalife toucouleur. Les klaxons et vrombissements des moteurs des autos et motos ont révolté les Peuls qui ont interrompu l’office pour laver ce qu’ils ont considéré comme un affront. Il y eut plusieurs blessés graves et des règlements de comptes qui se sont poursuivis jusque dans les villages satellites avec des cases brûlées et du bétail agressé au coupe-coupe.

Le calme ne revint véritablement qu’à la suite du décès des deux épouses, âgées de plus de 90 ans, encore vivantes, du premier khalife Thierno Mamadou Saïdou Bâ. Ce, en 24 heures d’intervalle (7 et 8 janvier 2007). Ces deux dames ont couvé et bercé la plupart des dignitaires actuels des deux communautés, du temps où la cohésion était de rigueur et que tous étaient disciples de leur époux de khalife. Une cohésion qui avait volé en éclats quand la politique fit son entrée dans la cité, en 1978, à la faveur de l’érection de la localité en chef-lieu de communauté rurale.

 

 

 

 

 

 

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