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Gabrielle Kane risque très gros

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Poursuivie pour des faits de diffamation et d’injures publiques, Gabrielle Kane a été finalement jugée hier, lundi 1er juillet, devant la Cour d’appel de Dakar. Contrairement au jugement qui a été rendu contre elle en première instance, Gabrielle Kane pourrait bien cette fois-ci s’en sortir. Car le Procureur général a requis que ledit jugement soit partiellement infirmé pour ce qui est de la diffamation. Mais, pour avoir « trainé dans la boue » le nom de Souleymane Ciss, elle a été bien sermonnée par le président. Cette prévenue, à la question du juge de savoir s’il reconnaissait ces faits que lui impute l’homme politique Souleymane Ciss, déclare : « j’estime que je ne l’ai pas diffamé. Il a répudié une femme publiquement. Il a dit que c’est moi qui ai divulgué l’information dans la presse, mais je lui ai dit que ce n’était pas moi, parce que la presse l’avait déjà relayée. Je l’ai traité de lâche dans mon post sur Facebook parce que j’estime qu’on ne répudie pas une femme parce qu’elle n’est pas vierge et publiquement, comme il l’a fait. Il a violé la fille et exercé des violences sur elle puisqu’il l’a contrainte à des rapports sexuels. J’ai été contactée par le père de la fille et nous avons accompagné la fille chez la gynécologue qui nous a délivré un certificat médical. Et c’est sur la base de ce certificat médical que nous avons constaté qu’il y a viol ».

Le juge recadre Gabrielle Kane : «Vous pensez que vous êtes protégée ?»

Démenti formel du juge qui lui rétorque que le certificat médical n’établit pas le viol. Le magistrat de lui indiquer qu’elle n’avait aucune preuve de ses allégations. Sur le fait d’avoir traité de lâche la partie civile, Souleymane Ciss, le magistrat de lui dire : « est-ce que vous rendez compte de la gravité de vos propos ? J’ai l’impression que vous ne mesurez pas la conséquence de vos actes. On ne peut pas se permettre d’insulter les gens. On ne peut pas dire tout et n’importe quoi sur les gens. Vous pensez que vous êtes protégée ? », lui a-t-il lancé.
Gabrielle Kane réplique avec le sourire : « c’est cette jeune fille qui s’est exilée actuellement en Mauritanie qui m’inquiète le plus et non la dignité de M. Ciss. Je ne suis pas protégée parce je suis condamnée ». Gabrielle Kane a quand-même tenu à avouer qu’elle n’avait aucune preuve quand elle affirmait que Souleymane Ciss avait besoin du sang de la fille vierge. Elle a indiqué que son objectif, en publiant ce post, c’était de dénoncer l’acte posé par Souleymane Ciss et le manque de diligences de la procédure par la gendarmerie qu’elle et le père de la fille avaient saisie suite à l’éclatement de cette affaire. « J’étais révoltée sur le fait qu’une fille de 17 ans initie une procédure contre son ex-mari suite à ce qu’il lui a fait subir et que rien n’ait été fait. J’ai dénoncé parce que le père de la fille m’a contactée via mon association. Il m’a dit que sa fille a été ramenée de Khombole par son mari qui l’a répudiée parce qu’elle n’était pas vierge. Et nous nous sommes rendus à la brigade de la gendarmerie de Khombole pour porter plainte. Et il a été convoqué », a-t-elle râlé.

Le plaignant, Souleymane Ciss, réclame justice

Le plaignant, Souleymane Ciss, déplorant cette affaire, a laissé entendre : « parmi les insanités qu’il m’a balancées, je voudrais rappeler qu’elle avait aussi dit que j’avais besoin du sang de la fille à des fins mystiques puisque j’étais investi comme candidat pour les locales. Elle disait détenir un certificat médical qui m’incriminait. Je la défie ici de me montrer ce certificat médical à la barre ». La partie appelante, Me Souleymane Soumaré, a soutenu que quand il s’agit de la vie privée on ne peut pas parler d’exception veritatis. Mais la partie civile avait, selon lui, dit en première instance, et c’est transcrit dans le plumitif, avoir répudié sa femme parce qu’elle n’était pas vierge. « C’est son épouse qui a été nuitamment éconduite à Khombole et il l’a reconnu. Je vous la (Gabrielle) confie avec sagesse. Les affirmations de ma cliente ne sont pas fausses puisque la partie civile les a reconnues en première instance », a plaidé Me Soumaré, avocat de Gabrielle Kane qui demande une application bienveillante de la loi à son endroit.
Son confrère de la partie civile, Me Ousseynou Ngom a confié que c’est un dossier douloureux et qui met en exergue nos valeurs sénégalaises. La robe noire estime que Gabrielle Kane n’est pas prête à s’amender au regard de ses tergiversations à la barre. Me Ngom de solliciter la déclaration de culpabilité de la prévenue.

Le procureur divise la poire en deux

Par contre, le Procureur général a fait remarquer au président que Gabrielle Kane a répondu positivement à ses questions, mais n’a pas regretté son acte. Il ajoute : « quelque part est-ce qu’elle avait l’intention de nuire à la personne de Souleymane Ciss même s’il a utilisé des termes injurieux ? Mais les injures sont caractérisées », a noté le Parquet général qui a requis l’infirmation partielle du jugement qui a été rendu contre Gabrielle Kane sur le délit de diffamation et de la renvoyer des peines sans peines ni dépens. Et pour ce qui est de l’infraction d’injures publiques, il la laisse à l’appréciation du tribunal.
Délibéré au 7 octobre prochain 2024.

Genèse de l’afaire

La féministe pour rappel, a été reconnue coupable puis condamnée à 3 mois de prison assortis du sursis en mai 2022 par le tribunal correctionnel de Dakar. Elle est aussi contrainte à payer à cet homme politique la somme de 2 millions F Cfa à titre de dédommagement. Dans cette affaire, tout est parti d’un post Facebook que Gabrielle Kane avait publié et dans lequel elle accusait l’édile politique « d’avoir répudié une fille âgée de 18 ans justement 4 jours après avoir consommé leur mariage sous prétexte qu’elle n’était pas vierge ». Elle déclarait par ailleurs que Souleymane Ciss qui était investi dans son fief de Thiès comme candidat à la veille des législatives sous la bannière de l’Apr avait besoin du sang d’une fille vierge qu’il allait utiliser à des fins mystiques. C’est suite à ces accusations que le plaignant avait saisi le tribunal correctionnel de Dakar après une citation qu’il avait servi à la féministe.

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