L’opposant gabonais Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle de 2016, a dénoncé mardi dans un discours à Libreville une « monarchisation de la République » après la nomination au sein de la présidence du fils aîné du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba.

Noureddin Bongo Valentin, âgé de 27 ans, a été nommé « coordinateur des affaires présidentielles » lors d’un conseil des ministres jeudi, poste où il sera chargé « d’assister le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’Etat ».

Une partie de l’opposition y voit une tentative de préparer l’après Ali Bongo, qui a été fortement affaibli par un accident vasculaire cérébral (AVC) fin octobre 2018.

Le chef de l’Etat – qui est longtemps resté en retrait de la scène politique mais s’affiche manifestement en meilleure forme depuis quelques semaines – avait lui-même succédé au terme d’une élection en 2009 à son père, Omar Bongo, qui dirigeait le pays depuis 42 ans.

« Cette nomination confirme, une fois de plus, la monarchisation de la République », a affirmé Jean Ping lors d’une conférence organisée dans sa résidence à Libreville.

M. Ping se présente comme « le président élu du Gabon » depuis l’élection présidentielle d’août 2016 qui a conduit à la réélection controversée d’Ali Bongo.

Alors que le pouvoir gabonais a orchestré en novembre une opération mains propres au cours de laquelle l’ex-chef de cabinet de la présidence, Brice Laccruche Alihanga et trois autres anciens ministres ont été mis sous les verrous, M. Ping a déclaré n’y voir qu’une « guerre ouverte entre les clans » qui se battent pour le pouvoir.

Après avoir concentré ses critiques sur M. Laccruche, dont l’influence avait grandi après l’accident du président, l’opposition dénonce désormais l’influence du fils aîné, mais également de la femme du président, Sylvia Bongo.

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