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«Franz KAFKA (Prague, 3 juillet 1883 – Kierling en Autriche, le 3 juin 1924) : le centenaire de sa mort, écrivain de la désillusion, de la souffrance et de l’espoir, une immense gloire littéraire universelle, à titre posthume» par Amadou Bal BA –

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«Ne pas désespérer même de ce que tu ne désespères pas. Tu te crois déjà au bout de tes possibilités, et voilà que tes forces neuves accourent. C’est justement ce qui s’appelle vivre» écrit dans ses carnets, Franz KAFKA. La mort de Franz KAFKA, le 3 juin 1924, est en fait presque totalement passée inaperçue. La seule trace fut un article nécrologique que son amie, Milena JESENSKA, lui a rendu en hommage : «Kafka. Il était timide, scrupuleux, paisible et bon, mais il écrivait des livres cruels et douloureux. Son monde grouillait de démons invisibles qui détruisent et déchirent l’homme sans défense. Sa connaissance du monde était insolite et profonde, lui qui, à lui seul, était un monde insolite et profond. C’était un homme et un artiste doué d’une conscience si aiguisée qu’il entendait là où les autres, les sourds, se sentent en sûreté», écrit-elle, dans un journal tchèque, «Narodini Listy», du 6 juin 1924. Alexandre VIALATTE (1901-1971), traducteur, écrivain et critique littéraire, le premier, en 1920, alors qu’il vivait en Allemagne, pour les Français à découvrir Franz KAFKA : «Si je prononce le nom de Kafka, on se demandera de qui je veux parler. Si j’ajoute qu’il est autrichien, et juif, et tchèque maintenant, on se méfiera de ce métèque, mais si j’ajoute qu’il est peut-être le plus grand écrivain du siècle, on me prendra pour un loufoque inoffensif», écrivait-il, en 1931, à André GIDE (1869-1951). Les livres de Franz KAKA sont «cruels et douloureux, plein de moquerie sèche et de l’étonnement sensible d’un homme qui a vu le monde avec tant de clairvoyance qu’il n’a pu le supporter, qu’il a dû mourir», écrit Milena JESENSKA. Par conséquent, «La vie de Franz Kafka, faite de frustration et d’angoisse, semble au premier regard tout à fait vide. Mais, dès qu’on la suit de plus près, il n’en est pas de plus romanesque et, dans son malheur, de plus humaine. Une inguérissable névrose est entretenue à tout moment par l’intelligence la plus aiguë, par la conscience la plus exigeante», écrit Claude DAVIS, un de ses biographes. La vie de KAFKA a été courte et sa contribution littéraire, vouée à la destruction, était inachevée «Toute grande œuvre est en soi incompréhensible et nouvelle, car l’artiste ne dit pas ce qui est mais ce qui n’est pas – et qui s’incarne par le fait qu’il le dit», avait écrit Milena JESENSKA, dans «Tribuna», du 15 août 2020. En 1925, son ami Max BROD publiait «Le Procès» ; c’est le début timide de la notoriété et de la sortie du Purgatoire. Les écrivains africains, Camara LAYE (Voir mon article, Médiapart, 26 novembre 2022) et Olympe BHELY-QUENUM (Voir mon article, Médiapart, 23 octobre 2022) ont revendiqué l’influence, sur eux, de Franz KAFKA.

Éminent porte-parole du modernisme au début du XXème siècle, la contribution littéraire de Franz KAFKA est dominée par les thèmes du symbolisme, du fantastique, de l’absurdité et de la mort. La porte, un motif récurrent dans la contribution littéraire de Franz KAFKA, est une obsession du seuil, de la difficulté de passage, tantôt encore une manifestation du désir pervers, à savoir regarder par le trou de la serrure. «Il y a la porte de la loi. L’homme de la campagne, c’est bien connu, essaye d’y entrer, de l’ouvrir ou qu’on la lui ouvre. En vain : elle restera fermée, il finira par mourir au seuil – et seule la honte lui survivra. Pourtant, c’est bien connu aussi, elle n’était ouverte «que pour lui». Il n’a pas su profiter de cette ouverture», écrit Franz KAFKA. Disciple de Soren KIERKEGAARD (1813-1855) du philosophe danois et de l’allemand Johann Wolfgang Van GOETHE (1749-1832), la contribution littéraire de Franz KAFKA est constituée, dans son conflit entre le moi et le monde, «Kafka avait le sentiment d’être un homme sans patrie ni famille, une lacune, une pure négativité, un jongleur marchant dans le vide. Aussi seul qu’un animal ou qu’un objet abandonné dans une soupente, il avait conscience d’être l’Étranger. Il vivait et écrivait dans sa geôle intérieure, tandis que la nuit glissait sur ses épaules, obéissant à la voix de l’inspiration, à la voix des démons, à la voix des ténèbres, à la voix de l’animal qui restait tapi près de son cœur. Lui qui désirait tant le bonheur, il ne pouvait pourtant pas le supporter, convaincu de devoir écouter l’angoisse et de suivre la voie qu’elle lui désignait», écrit Mario CITATI, un de ses biographes.

Cent ans après la mort de Franz KAFKA, mythe majeur et énigmatique, sa contribution littéraire ne suscitant maintenant que la révérence et un immense engouement, on peut dire que l’Histoire est un grand juge. «Le temps est le seul critique dont l’autorité soit indiscutable. Il réduit à néant des gloires qui avaient paru solides ; il confirme des réputations que l’on avait pu croire fragiles.», écrit l’académicien André MAUROIS (1885-1967). Aucun écrivain n’a eu une influence aussi décisive sur l’évolution du roman moderne que Franz KAFKA, ne célèbre pour l’ambiance particulière de ses œuvres mêlant absurdité et réalisme. Considéré comme l’un des grands représentants mondiaux de la littérature d’avant-garde, avec Flaubert, Proust, Joyce, Faulkner ou Beckett, il y a quelque chose de «Kafkaïen» à étudier cet auteur tchèque. Il nous a légué une contribution littéraire fascinante, pleine d’humour noir, de cynisme avec de courts récits mystérieux menant à des situations fantastiques, des impasses, confusions, ou égarements, avec une dimension philosophique ou sociologique invitant à une profonde méditation, dans notre rapport au monde. En effet, Franz KAFKA «a laissé une œuvre jugée le plus souvent énigmatique, étrange, flirtant avec le fantastique, la métaphysique ou l’absurde, fabuliste réaliste», écrit Bernard LAHIRE, dans «Franz Kafka, élément pour une théorie de la création littéraire». En effet, la contribution littéraire de KAFKA est un renversement de la métaphysique cartésienne, qui prend la forme d’une refonte des rapports entre le sujet et l’être. La modalité de l’être que découvre le sujet, chez KAFKA, n’est plus celle de l’identité, mais celle de l’étrangeté, ou de l’exclusion.

Franz KAFKA, écrivain tchèque d’expression allemande, est né à Prague, capitale de la Bohême, le 3 juillet 1883 d’une tuberculose des poumons et du larynx à 41 ans. Ses deux frères meurent en bas âge ; il aura deux sœurs cadettes : Valli et Ottla. KAFKA meurt, des suites de la tuberculose, dans un sanatorium, à Kierling, le 3 juin 1924, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Vienne. Il est enterré à Prague, au cimetière juif, dans le caveau familial. Par conséquent, et pour l’essentiel de sa courte vie à Prague, Franz KAFKA a vécu sous l’empire austro-hongrois, et a fréquenté les écoles de langue allemande, pour avoir les meilleures opportunités dans la vie. Cependant, Franz KAFKA, sans être un religieux acharné, ne renie pas en totalité sa judaïté «Kafka aurait pris appui sur le modèle de la critique que lui fournissait Klaus Kraus (Vienne) pour forger et surtout pour tenir ses propres positions à l’intérieur du champ pragois. Sur le plan des options politiques et des convictions touchant le judaïsme en particulier, les deux hommes s’opposent totalement : Kraus est un assimilationniste revendiqué et Kafka un anti-assimilationniste radical. Kraus se considère comme un gardien de la tradition germanique, Kafka cherche au contraire une voie pour se libérer des injonctions du germanisme», écrit Pascale CASANOVA, dans «Kafka en colère».

Son père est Hermann KAFKA (1854-1931), un épicier juif, de langue allemande, dans la vieille ville de Prague. Sa mère, Julie KAFKA (1856-1934), une femme au foyer, de langue tchèque est effacée et attentive, angoissée et sensible. Son ambition littéraire résulte en grande partie des conflits avec son père, une figure patriarcale dominant et écrasant la famille. En effet, Hermann KAFKA, fils de boucher, qui juge de tout en fonction de sa propre réussite, avait eu une enfance pénible et fait sa fortune à force de privations. Porté à l’apparence, aux idées bien arrêtées, il pense que ses enfants ne seraient pas reconnaissants à son égard et seraient des ingrats. Son père lui reproche sa vie terne de célibataire, dissolue, de fréquentation des prostituées. En effet, Franz KAFKA ne s’intéresse qu’à la littérature : «Je ne suis rien d’autre que littérature… je ne peux et je ne yeux pas être autre chose. Tout ce qui n’est pas littérature m’ennuie et je le hais», dit Franz KAFKA. Aussi, après des études de droit, Franz KAFKA travaille le jour pour une compagnie d’assurances contre les accidents du travail, et la nuit se consacre à la littéraire. On a beaucoup épilogué sur le caractère dominant de Franz KAFKA au complexe d’infériorité et d’agressivité à l’égard du père, homme d’affaires persévérant, conscient de sa force, et orgueilleux de sa réussite. L’auteur a tenu, dans la recherche de son ambition littéraire à s’en expliquer. En effet, Franz KAFKA reproche à son père de l’avoir totalement inhibé, plein de froideur, de bizarrerie et d’ingratitude. «Devant toi, j’avais perdu la confiance en moi-même et assumé en retour un sentiment de culpabilité sans bornes», écrit-il dans «Lettre à mon père», jamais remise au destinataire. À force de subir sa tyrannie, ses ordres absurdes, ses châtiments injustes, KAFKA s’est autocensuré, il est devenu docile et honteux de l’être. «Tu voyais cela à peu près de la façon suivante : tu as travaillé durement toute ta vie, tu as tout sacrifié pour tes enfants, pour moi surtout ; en conséquence, j’ai «mené la grande vie», j’ai eu liberté entière d’apprendre ce que je voulais, j’ai été préservé des soucis matériels, donc je n’ai pas eu de soucis du tout ; tu n’as exigé aucune reconnaissance en échange, tu connais «la gratitude des enfants», mais tu attendais au moins un peu de prévenance, un signe de sympathie ; au lieu de quoi, je t’ai fui depuis toujours pour chercher refuge dans ma chambre, auprès de mes livres, auprès d’amis fous ou d’idées extravagantes», écrit-il en 1919, dans «Lettre au père».

Les textes de KAFKA, en majorité fragmentaires, ont été publiés, en dehors de «la métamorphose», après sa mort et contre sa volonté. Sur recommandation de Max BROD, un ami de 22 ans, Franz KAFKA tient, à partir de 1909, un journal «Sa vocation d’écrivain, si souvent proclamée dans la suite, semble avoir été longtemps enveloppée comme dans une gangue. Il eut le plus grand mal à trouver sa voie. Ainsi, s’expliqueraient dès l’origine, ses hésitations renouvelées, le caractère inachevé de nombre de ses ouvrages, et le désir exprimé avant sa mort que tous ses manuscrits fussent détruits», écrit, en 1946, Alain GIRARD, dans «Kafka et le problème du journal intime». Dans ces douze cahiers, que Franz KAFKA qualifie parfois de «Journal», un manifeste poétique et un atelier d’écriture, on y trouve des observations de vie quotidienne, rêves, visions, souffrances, solitudes, fulgurations, avec parfois des redondances. «Un des avantages de tenir un journal, c’est de prendre conscience, avec une clarté apaisante, des transformations dont on est incessamment l’objet. (…) Il faut admirer d’autant plus l’intrépidité de nos ambitions d’alors qui s’affirmaient en dépit d’une extrême ignorance. Écrire devient un acte qui libère le moi, parce que la volonté soulève le poids du passif qui semblait son lot. Écrire, c’est le seul chemin qui me conduise à une amélioration», dit KAFKA.

Son ami, admirateur, exécuteur testamentaire et éditeur Max BROD (1884-1968) a refusé de détruire ses manuscrits inachevés et ses textes non encore publiés, comme «L’Amérique», «Le Procès» et «Le Château», et l’a fait entrer dans la postérité. Max BROD écrira sa biographie, ainsi qu’un roman, en 1928, «Le Royaume de l’Amour» dans lequel les personnages s’animent ; leurs souffrances nous émeuvent, mais leur surcroît d’humanité, c’est la figure de Garta-Kafka qui le leur donne. Cette création littéraire est l’hommage le plus touchant qu’un écrivain ait rendu à l’amitié. En effet, le personnage de Garta ou son ami KAFKA «était un saint de notre temps, un véritable saint. Une de ses supériorités était de rester toujours indépendant, libre et si saintement raisonnable en face de toutes les mythologies, bien qu’au fond il leur fût apparenté. Il voulait la pureté absolue, il ne pouvait vouloir autre chose», écrit Max BROD, dans le «Royaume enchanté de l’amour». Garta contraste avec le personnage de Nowy, une caricature de Max BROD, un personnage adoré des femmes, jalousé des littérateurs. Nowy ou Max BROD cocufie un homme qui, par de méchantes intrigues très tarabiscotées, réussit à le mettre ensuite pour quatre ans en prison. Milan KUNDERA estime que même si le testament de Franz KAFKA a été trahi, c’est pour la bonne cause. En effet, dans ce roman, Garta est un écrivain «qui n’annonçait pas une religion nouvelle voulait vivre sa foi. Il exigeait de lui-même l’effort ultime. Comme il n’y avait pas atteint, ses écrits (pauvres, échelons qui devaient l’aider à monter vers les cimes) demeuraient pour lui sans valeur. Même à l’état de simples essais, les écrits de Garta apportent aux hommes errant dans la nuit le pressentiment du bien supérieur et irremplaçable vers lequel ils tendent. Max Brod a créé l’image de Kafka et celle de son œuvre ; il a créé en même temps la «kafkologie». Même si les kafkologues aiment se distancier de leur père, ils ne sortent jamais du terrain que celui-ci leur a délimité.», écrit Max BROD. Franz KAFKA n’avait jamais pris part aux luttes politiques, mais il était sensible aux efforts pour améliorer le sort de l’Homme qui était proche, suivant Max BROD, du mouvement tchèque anarchiste et révolutionnaire. Il avait «l’immensité du monde», dans sa tête, et considère qu’il est investi «d’un mandat», d’un sacerdoce, «écrire est une forme de prière», note-t-il dans ses carnets. Derrière l’enveloppe littéraire, il y aurait l’élément religieux, une religion de la vie remplie qui mène à un accomplissement plein de sens. Amour de l’Humanité, respect absolu de toutes les formes qu’elle a créées», écrit Max BROD, dans «Kafka, souvenirs». Dans ce sauvetage de la «pensée religieuse», ce mandat de Franz KAFKA, «Sans Brod, aujourd’hui nous ne connaîtrions même pas le nom de Kafka. Tout de suite après la mort de son ami, Brod a fait éditer ses trois romans. Sans écho. Alors il a compris que, pour imposer l’œuvre de Kafka, il devait entreprendre une vraie et longue guerre. Imposer une œuvre, cela veut dire la présenter, l’interpréter. C’était de la part de Brod une véritable offensive d’artilleur», écrit Milan KUNDERA, dans «Testament trahi».

En 1912, Franz KAFKA, à 29 ans, démarre, en vingt jours, l’écriture de son emblématique livre, «La métamorphose», un chef-d’œuvre de la littérature mondiale, qui sera publié en 1915. Cloué au lit, désespéré comme le héros de ce roman, Gregor Samsa, KAFKA écrit à sa fiancée, Felice BAUER (1887-1960), que c’est «une petite histoire qui m’est venue à l’esprit tandis que j’étais couché en pleine détresse, et qui m’obsède au plus profond de moi-même», dit-il. En effet, Frantz KAFKA vit une période de sa vie assez difficile. Des difficultés matérielles et financières l’obligent à vivre chez ses parents et la cohabitation est parfois compliquée. Sur le plan sentimental, il a rencontré quelques mois plus tôt Felice BAUER. Il est partagé entre son désir de l’épouser et sa vocation littéraire, indissociable pour lui de l’aspiration à la solitude. Fiancés par deux fois, ils finiront par se séparer en 1917.

L’intrigue de la «métamorphose», un roman fantastique, est relativement simple, mais étonnante. «Tout le fantastique est rupture de l’ordre reconnu, irruption de l’inadmissible au sein de l’inaltérable réalité quotidienne», écrit Roger CAILLOIS, dans son «Anthologie du fantastique». En effet, un matin, Gregor Samsa se réveille, transformé en «monstrueuse vermine» ou «une immonde bestiole», en un cancrelat géant. Un cafard est un insecte aplati de mœurs nocturnes, coureur rapide, il se nourrit de déchets alimentaires. Gregor Samsa, devenu un insecte, perd sa place parmi les hommes, car il ne peut pas communiquer. «Le thème de la métamorphose est aussi vieux que la littérature. L’Antiquité a eu ses métamorphoses, le Moyen Âge a eu les siennes. Le personnage est travesti, masqué, quelquefois, pour un temps limité, sous un aspect qui fait oublier sa forme ancienne. Il arrive que ce déguisement lui soit infligé comme une punition ou comme une vengeance des dieux. Mais dans tous les cas, la métamorphose se superpose à la nature véritable, qu’on n’oublie jamais tout à fait. Quand Kafka use de ce mot, il lui prête aussitôt un sens tout différent : la métamorphose révèle une vérité jusqu’alors méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Si la fable se prêtait au style fleuri, la métamorphose, au sens que Kafka lui donne, impose plus de rudesse. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents qu’il ait écrits ; les effets en sont soulignés à l’encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur», écrit Claude DAVID, dans la préface de la «métamorphose».

Le récit de la «métamorphose» se déroulant dans un huis clos de trois mois, le narrateur, sans s’identifier à son héros, puisque celui-ci incarne précisément toute la partie de lui-même dont il voudrait s’affranchir, lui témoigne de la compassion et verse des pleurs sur son destin. Le personnage de Gregor Samsa, moins de trente ans, un voyageur de commerce en Tissus, un employé modèle, un fils respectueux et dévoué à la cause de sa famille, est contraint de travailler durement à la suite d’une histoire de dettes et devient l’esclave de ses proches. Aimant la lecture, la menuiserie, solitaire, sans vie amoureuse, Gregor Samsa est en révolte contre ce coup du sort. En effet, en dehors de sa jeune sœur lui témoignant de l’affection et de la compréhension, son père, un personnage oisif, impulsif, passif et dépend, se laisse entretenir. La mère, passive, faible, larmoyante, subit le diktat du père. La dimension psychologique et autobiographique de «la métamorphose» est évidente. En effet, Gregor Samsa est celui qui ne peut plus être aimé et qui ne peut plus aimer. Franz KAFZA, entre amour et répulsion, est manifestement un être aux relations difficiles avec son père «Je les hais tous à tour de rôle», écrit-il à Max BROD. La «métamorphose» est également une satire féroce contre le capitalisme, une dénonciation des conditions de travail difficiles, mais surtout de la férocité et l’inhumanité avec laquelle sont traités les employés de commerce. En effet, le personnage de Gregor Samsa, un employé modèle, est menacé pourtant de licenciement, pour manque de rentabilité ou accusations, à tort, de malversations. Devenu un cancrelat, Gregor Samsa ne peut donc plus aller travailler. Son père, croyant que c’est un insecte, a failli le tuer, en le bombardant de pommes ; il est sauvé de justesse par sa mère.

Franz KAFKA est un écrivain de la honte et de la culpabilité, l’angoisse et les choix solitaires sont le lot de tout penseur. Pour lui, la littérature ne signe pas la perte de l’écrivain, mais est une forme de salut ou de règlement de compte avec la vie, un rapport au monde «Mes rapports avec la littérature et mes rapports humains ne sont immuables, ils ont leur cause dans mon être, nullement dans les circonstances momentanées. Pour écrire, j’ai besoin de vivre à l’écart, non pas «comme un ermite», ce ne serait pas assez, mais comme un mort. Écrire, en ce sens, c’est dormir d’un sommeil plus profond, donc être mort, et de même qu’on ne peut arracher un mort au tombeau, de même on ne peut pas m’arracher à ma table de travail dans la nuit. Ce n’est pas directement lié à mes rapports avec les gens, il se trouve simplement que je ne puis écrire, et vivre par conséquent, que de cette façon systématique, continue, stricte» écrit, KAFKA. Aussi, vivant sa vie, claustré dans sa tour d’ivoire et insurgé, contre l’arbitraire au sein de sa cellule familiale et dans la société, Franz KAFKA a pratiqué, dans sa contribution littéraire, la critique sociale la plus radicale. Il s’était attaché à la question du pouvoir, notamment sous sa forme la plus invisible : le pouvoir symbolique, combatif, ethnologue et enquêteur, dénonçant sans relâche toutes les formes de la domination avec cette sorte de rage inlassable et invisible qui le caractérise. Dans sa grande modernité, la rhétorique de Franz KAFKA peut être comprise comme le projet audacieux d’un homme obligé de vivre sa vie comme une littérature subversive, une contribution littéraire contre l’injustice, comme une peine corrective, de substitution.

«Le Procès», publié une première fois par Max BROD, une puissante critique de la bureaucratie, mais aussi de la société moderne, en raison de leur manque d’empathie, décrit la souffrance dans un monde absurde et complexe, écrasant le héros, sans issue contre l’arbitraire. Dans ce rouleau compresseur de droit de vie et de mort, le «Procès» relate le drame d’un homme obligé de se remettre fondamentalement en question pour se défendre, sans que cela lui soit possible. Sa manière de penser, trop dépendante des normes établies dans la société, mènera K. à perdre son procès à l’aspect insaisissable. Composé de neuf chapitres, c’est un roman fantastique «On sait que le lecteur commence sa lecture en s’identifiant au héros du roman. C’est donc celui-ci, qui, en nous prêtant son point de vue, constitue l’unique voie d’accès au fantastique. L’ancienne technique le présentait comme un homme à l’endroit, transporté par miracle dans un monde à l’envers, Kafka a usé au moins une fois de ce procédé : dans «Le Procès», K. est un homme normal. On voit l’avantage de cette technique ; elle met en relief, par contraste, le caractère insolite du monde nouveau», écrit, dans «Situations», Jean-Paul SARTRE.

Joseph K, premier fondé de pouvoir dans une grande banque, rempli de lui-même, arrogant, très sensible aux relations hiérarchiques, il a tendance à mépriser ses subordonnés, ainsi que les employés du tribunal qu’il rencontre, car ils sont de rang inférieur. Dominateur, méprisant, sûr de lui et de ce qui lui est dû. Joseph K. en outre absolument convaincu de son innocence. Au début, croyant à une méprise, une mauvaise blague, son procès va gravement ébranler ses certitudes. Épuisé, nerveux, Joseph K accumule des erreurs au bureau, son comportement devient irrationnel, et il s’enfonce dans la paranoïa au sujet de bruits qui courent auprès de lui. Pourtant, même quand ses collègues sont compatissants à son égard en ce qui concerne l’erreur judiciaire dont il est victime, il en tire comme conséquence que le procès à son encontre ne serait pas sérieux. Pourtant, il affrontera une machine judiciaire implacable, avec des procédures bureaucratiques, poussives et compliquées. Certains agents des tribunaux sont corrompus, les magistrats vaniteux, revanchards, puérils, décident au petit bonheur la chance, en fonction de leur humeur, la règle de droit appliquée, loin d’être prévisible est aléatoire. Son avocat, un affairiste, est sans scrupules.

Le «procès», texte rédigé en 1915, est inachevé. Le personnage de Joseph K, empêtré dans un sac de nœuds, est confronté à une situation absurde et apparemment inextricable : il ignore de quoi il est accusé et comment il peut se défendre. Incapable de se tirer d’affaire, il est tenu en échec par son procès. Vivant dans l’angoisse et la crainte, Joseph K a perdu toute estime de soi et s’en remet aux autres, mais une quête de soi, dans ces conditions, inaccessible. Entre réalisme, délire et fantasmagorie, KAFKA a fait du KAFKA. Nous sommes dans un labyrinthe, avec une foule d’indices, sans issue. Dans cette ambiance sombre, confuse et irréelle, aussi bien le héros du roman que le lecteur sont perdus dans ce labyrinthe. «Je relis «Le Procès» de Kafka avec une admiration plus vive encore, s’il se peut, que lorsque je découvris ce livre prestigieux. Pour habile que soit la préface de Groethuyesen, elle ne me satisfait guère ; nous renseigne très insuffisamment sur Kafka lui-même. Son livre échappe à toute explication rationnelle ; le réalisme de ses peintures empiète sans cesse sur l’imaginaire, et je ne saurais dire ce que j’y admire le plus : la notation «naturaliste» d’un univers fantastique, mais que la minutieuse exactitude des peintures sait rendre réel a nos yeux, ou la sure audace des embardées vers l’étrange. Il y a la beaucoup à apprendre. L’angoisse que ce livre respire est, par moment, presque intolérable, car comment ne pas se dire sans cesse : cet être traqué, c’est moi», écrit, le 28 août 1940, André GIDE.

«Le Château», publié en 1926 par Max BROD, est l’une des œuvres les plus étranges de Franz KAFKA. Figure essentielle de la contribution littéraire de KAFKA, le château, beau comme un oxymore, se veut être une métaphore de la vie humaine et de la quête, vaine, mais obstinée, de sens. «Dans «Le Château», Kafka a perfectionne sa technique : son héros lui-même est fantastique : de cet arpenteur dont nous devons partager les aventures et les vues que nous ne connaissons rien sinon son obstination inintelligible a demeuré dans un village interdit. Pour atteindre cette fin, il sacrifie tout, il se traite lui-même comme un moyen. Mais nous ignorerons toujours le prix qu’elle avait pour lui et si elle valait tant d’efforts», écrit dans «Situations», Jean-Paul SARTRE. En effet, le héros du roman, K, confronté à un système de chaos inflexible, se bat contre des moulins à vent, pour entrer en contact avec les autorités du village où il vient d’arriver afin d’officialiser son statut d’arpenteur, un univers étrange, lointain, absurde avec une certaine dose de réalisme, d’onirisme, de burlesque ou de fantastique. C’est par une sombre nuit que K. arrive dans un village étrange où l’attitude des habitants l’inquiète. Par ailleurs sa curiosité est attisée par l’existence d’un château inaccessible auquel ils semblent tous rendre des comptes. K., nommé arpenteur, met tout en œuvre pour rencontrer Klamm qui appartient au Château. Mais il se heurte aux secrétaires. Ceux-ci font partie du château et constituent le lien avec le village : ils résident à l’auberge des messieurs. K s’allie avec Frieda qui devient sa fiancée après avoir été l’amie de Klamm. Les gens du village (entre autres l’hôtelière) semblent former un rempart entre lui et le château (représenté par Klamm). D’autres paraissent le soutenir comme la famille Barnabé. «Cela ressemble fort à l’administration en général, à l’administration prussienne en particulier : l’administration, pays glacial, meublé de gens irresponsables et inaccessibles qui vivent figés dans des attitudes diverses que l’on pourrait prendre pour des formes de la vie, mais qui ne représentent en réalité que diverses faces du sommeil. Ce monde, c’est probablement celui de la grâce divine. Kafka appartient en effet à l’équipe des romanciers hébraïsants, qui, nourris d’une culture mystérieuse pour les profanes, ont exploité avec talent les données de la théologie hébraïque pour créer du malaise dans le roman. Sans viser à construire une allégorie pure, intention que son tempérament artistique contredirait, il a bâti cependant dans Le Château un symbole des relations de l’homme avec la divinité juive», écrit Alexandre VIALATTE, traducteur et biographe.

Célibataire, sans enfant, Franz KAFKA a été fiancé trois fois, sans mariage. Il a été d’abord fiancé à Felice BAUER (1887-1960), juive berlinoise, rencontrée chez Max BROD, en 1914 et en 1917, ensuite avec Julie WOHRYZEK (1891-1944), jeune juive pragoise, en 1919 et enfin en 1924, il voulait épouser Dora DIAMANT (1900-1952), mais le père de celle-ci, juif très religieux, s’y opposera. C’est la rencontre avec Milena JESENSKA (1896-1944) à Prague, au café Arco, en 1919 qui a marqué l’histoire littéraire. Épouse d’Ernst POLLAK (1886-1947), un personnage important de la scène littéraire pragoise, Milena vit alors à Vienne, mais fait un bref séjour à Prague. Milena écrit comme on crache, l’élan puis la perle de salive propulsée, elle porte haut son verbe et sa parole. Milena lui propose de traduire en tchèque le premier chapitre, «Der Heizer» ou «Le Chauffeur», de ce qui allait devenir «L’Amérique». Cette relation amoureuse, mais essentiellement épistolaire, a exercé un magnétisme sur KAFKA, «c’est un feu vivant tel que je n’en ai encore jamais vu», écrit KAFKA à Max BROD. Milena JESENSKA, fantasque, émancipée, douée d’un sens de l’observation acéré et engagé, fut la destinataire de lettres d’amour qui sont parmi les plus belles du genre, une relation essentiellement épistolaire avec Franz KAFKA. «Tes lettres sont la plus belle chose qui me soit arrivée», écrit-il. Il faut accepter le changement et la douleur que l’on peut transformer en émerveillement et en amour «Tout ce que vous aimez sera probablement, mais à la fin, l’amour reviendra d’une autre manière», avait Franz KAFKA, à une jeune fille rencontrée à Berlin., à qui il avait offert une poupée. Les lettres à Milena, une intensité dans la passion fulgurante, faite de manque fulgurant et d’éclair bonheur ou de peur, sont importantes dans la compréhension de la contribution littéraire de Franz KAFKA. «L’amour c’est que tu es le couteau avec lequel je fouille en moi» qu’il signe «Votre Kafka». En effet, Milena est une «pièce motrice de la machine littéraire telle que la conçoit Kafka. Elle pose directement, innocemment, la puissance diabolique de la machine littéraire. Il y a toujours une femme à l’horizon des lettres, c’est elle la vraie destinataire. Substituer à l’amour la lettre d’amour ( ?) Substituer, au contrat conjugal tant redouté, un pacte diabolique. Les lettres sont inséparables d’un tel pacte, elles sont ce pacte lui-même», écrit Gilles DELEUZE, dans «Kafka. Pour une littérature mineure».

Être solitaire en souffrance, timide, émotif, Franz KAFKA, dans ses carnets et son déchirement intérieur, avait évoqué la mort : «Où trouverai-je la délivrance ?», s’écrit-il. La mort seule, en faisant cesser l’inquiétude, peut apporter à l’auteur la quiétude ; elle apportera la paix. L’ambition littéraire ne suffira pas. «La délivrance ne viendra pas de ce cahier, elle viendra lorsque je serai dans mon lit et que je m’allongerai sur le dos afin que je me repose, léger et beau, le visage livide ; aucune délivrance ne viendra», écrit-il. À sa mort, Franz KAFKA était un illustre inconnu «Lorsque disparut Franz Kafka, le 3 juin 1924, on aurait fort étonné les plus cultivés de ses contemporains si on leur avait appris que l’inconnu qui venait de mourir au sanatorium de Kierling serait un jour tenu pour l’égal de Proust, de Joyce ou de Thomas Mann. Pour que nous puissions mesurer la place de Kafka, il n’a pas fallu seulement que son ami Max Ërod violât son testament en publiant, ses manuscrits inachevés», écrit Pierre BOISDEFRRE. Les œuvres de KAFKA sont entrées dans le domaine public depuis 1995. Finalement, homme étrange, la gloire de Franz KAFKA, maintenant célébré par le monde entier, est posthume, par le nombre incalculable de biographies qui lui sont consacrées, dont celle de Rainer STACH en trois volumes. «Aujourd’hui, le nom de Kafka court dans le monde entier. Cela a commencé à l’étranger juste avant la guerre, ce friselis des eaux devint une forte marée qui dure encore. La France s’y est mise. La littérature le concernant grossit telle une avalanche, en France la nouvelle école existentialiste le réclame. Et l’étranger parle du plus grand auteur tchèque et du génie tchèque, Kafka», écrivait déjà, en 1946, Pavel EISNER. Cependant, son succès est arrivé tardivement «On entend dire que ces livres n’ont pas de succès auprès du public. Ils en auront lentement. Il y a en eux une force solide, quoiqu’elle sollicite en silence. C’est un homme profond, clairvoyant, libre qui les a écrits, un homme ferme en lui-même. Et comme on a besoin de tels hommes et de leur voix», écrit, le 4 mars 1927, Alexander DOBLIN. Bertolt BRECHT voit en KAFKA un écrivain «prophétique». Pour André BRETON. «Kafka fait passer en rafale l’interrogation capitale de tous les temps : où va-t-on, à quoi est-on soumis, quelle est la loi ? L’individu humain se débat au centre d’un jeu de forces dont il a généralement renoncé à démêler le sens et son manque total de curiosité à cet égard parait bien être la condition même de son adaptation a la vie sociale : il est exceptionnel que le métier de cordonnier ou d’opticien soit compatible avec une méditation approfondie sur les fins de l’activité humaine», dit-il, en 1937. «Le destin de Kafka consista à transformer les évènements et les agonies en fables. Il narra de sordides cauchemars dans un style limpide. Et il n’est pas étonnant qu’il fût lecteur des Écritures et fervent admirateur de Flaubert, de Goethe et de Swift. Il était juif, mais le mot juif ne figure pas, s’il m’en souvient, dans ses écrits – qui sont intemporels et, de ce fait, éternels. Kafka est le plus grand écrivain classique de ce siècle tumultueux et étrange», dit, en 1984, Jorge Luis BORGES.

Finalement, l’œuvre de KAFKA est intemporelle et universelle : «La plupart de ceux qui ont parlé de Kafka ont défini en effet son œuvre comme un cri désespérant où aucun recours n’est laissé à l’homme. Son œuvre est universelle. Kafka refuse à son Dieu, la grandeur morale, l’évidence, la bonté, la cohérence, mais c’est pour mieux se jeter dans ses bras. L’Absurde est reconnu, accepté, l’homme s’y resigne et dès cet instant, nous savons qu’il n’est plus l’absurde. Je parlerai comme lui et je dirai que son œuvre n’est probablement pas absurde. Mais que cela ne nous prive pas de voir sa grandeur et son universalité. Elles viennent de ce qu’il a su figurer avec tant d’ampleur ce passage quotidien de l’espoir à la détresse et de la sagesse désespérée à l’aveuglement volontaire», écrit, dans «Le Mythe de Sisyphe», Albert CAMUS.

Références bibliographiques très sélectives

I – Contributions de Franz KAFKA

KAFKA (Franz), A Milena, traduction de Robert Kahn, postface de Léa Veinstein, Paris, éditions Nous, 2021, 336 pages ;

KAFKA (Franz), Cahiers. Edition intégrale. Douze cahiers : 1909-1923, traduit, présenté et annoté par Dominique Tassel, présentation de Paris, Gallimard, collection Folio, essais, 2021, 800 pages ;

KAFKA (Franz), Chacun porte une chambre en soi, traduction de Laurent Margantin, préface de François Bon, Publi.net, 2012, 108 pages ;

KAFKA (Franz), Dans la colonie pénitentiaire et autres nouvelles, traduction et préface de Bernard Lortholary, Paris, Garnier Flammarion, 1991, 224 pages ;

KAFKA (Franz), Derniers cahiers, traduction et présentation de Robert Kahn, Paris, éditions Nous, 2017, 304 pages ;

KAFKA (Franz), Joséphine, la cantatrice ou le peuple des souris, traduction d’Olivier Mannoni, préface de Sarah Chiche, Paris, Payot et Rivages, 2019, 96 pages ;

KAFKA (Franz), L’Amérique, traduction d’Alexandre Vialatte, Paris, Gallimard, Folio classique, 2000, 384 pages ;

KAFKA (Franz), La Muraille de Chine et autres récits, traduction de Jean Carrive et Alexandre Vialatte, Paris, Gallimard, Folio, 1975, 288 pages ;

KAFKA (Franz), La métamorphose, traduction et édition de Claude David, Paris, Gallimard, Folio classique, 2015, 144 pages ;

KAFKA (Franz), Le château, traduction d’Alexandre Vialatte, Paris, Gallimard, 1972, 544, pages ;

KAFKA (Franz), Le procès, traduction d’Alexandre Vialette, édition de Claude David, Paris, Gallimard, Folio, 1987, 387 pages ;

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KAFKA (Franz), Un artiste de la faim. À la colonie et autres récits, traduction, préface et notes de Claude David, Paris, Gallimard, Folio, 1990, 256 pages.

II – Autres références sur Franz KAFKA

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WALTER (Benjamin), Sur Kafka, traduction de Christophe David et Alexandra Richter, Caen, éditions Nous, 2015, 360 pages.

Paris, le 16 mai 2024, par Amadou Bal BA –

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