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FEMMES LEADERS ET PARITE A DABALY :Prédominances mâles !

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Le mâle domine dans la commune de Dabaly. Les femmes commencent à étaler leur leadership. En rencontrant  beaucoup  de difficultés malgré les efforts. La parité  reste  un mirage.

« La parité est suivie à la lettre, depuis l’installation du bureau et même dans les commissions au sein du conseil communal. Cela se vérifie même dans les associations». La réponse  catégorique  du maire l’application de ces principes reconnus par la loi, ne reflète  pas les réalités sur le terrain. Dans la commune de Dabaly, l’omerta  face à la primauté  du mâle  est  bien tangible.  Ailleurs l’émancipation et la parité  ont fini  par pousser les femmes au-devant de toutes les scènes. Dans les instances de décisions elles sont amplement présentes. Mais  dans cette agglomération rurale,  elles trainent toujours  le pas.La localité vit encore  au rythme imposé par la féodalité.

Par  exemple, sur les 46 conseillers de la commune, seulement 12 sont des femmes. Encore que, pour la plupart, elles estiment qu’elles doivent  suivre les décisions  prises par les hommes. Bande  Diallo, militante de l’Alliance pour la République dans la localité estime que c’est déjà bien d’être conseillère, d’habitude les femmes écoutent les hommes et acceptent leurs décisions. Mariama Ly, autre  conseillère, se réjouit, quant à  elle  du simple fait que le  maire l’ait choisie en tant que présidente de groupement. C’est, dit-elle, l’autorité locale qui a ensuite réussi à convaincre  son mari afin qu’elle puisse intégrer le conseil rural. « Quand on est redevable,  on accepte sans détour toutes les propositions du maire. C’est la tradition de rendre la monnaie de la pièce et c’est aussi une vertu », se défend-elle. Ouley Doucouré dans la même lancée, met l’homme au-devant. Elle  accepte tout de même que l’évolution des choses à l’échelle mondiale doit propulser les femmes. Ces dernières, au lieu  de passer pour des concurrentes, peuvent faire valoir leur savoir-faire et défendre leurs intérêts. Cependant «  la coutume reste ce qu’elle est, et il faut négocier progressivement pour acquérir ses droits dans la diplomatie. Avec le temps ça va  venir », pense la conseillère.

La particularité fait la différence. Si  à Dabaly  il est encore difficile pour les femmes en générale de se  démarquer, toutes n’ont pas la même attitude. Ouley   LY, première adjointe au maire,  est dépeinte  comme la femme « désobéissante » au sein du conseil rurale.  En effetaprès l’élection du maire, l’adjoint allait être choisi parmi les hommes. Elle s’était levée pour démontrer que conformément à la loi  la parité devait être respectée. Ce que l’autorité  administrative, qui avait représenté l’Etat avait confirmé.  Elle se souvient encore de ce jour où elle avait été abandonnée par ses paires femmes qui ne l’auraient pas  soutenue dans  son combat.

Elle  narre sa révolte sur un ton sec. Le visage ferme, le regard profond cette femme  dégage le caractère et impose le respect. Aujourd’hui, dit-elle, si c’était à refaire, elle n’hésiterait pas parce que : «  cette position  nous a  permis de soulever le problème du foncier, aujourd’hui la mairie a ainsi  affecté au moins un grand champ de deux hectares  à chaque  groupement de femmes. Et avec le temps, ce sera de manière individuelle ». Mais, parmi ces douze  conseillères, pourquoi elle ? Ouley Doucouré explique : « D’abord elle n’a pas cette éducation traditionnelle que nous autres avons dans les villages de la commune. Elle a étudié à Diourbel et, a une culture de citadine. Elle  n’est plus  dans les liens du mariage. C’est une veuve  qui vit avec ses enfants qui sont pour la plus part autonomes. A la limite,  c’est un leader qui dirige son foyer et peut se prévaloir première adjointe au maire ». Cette  femme a beaucoup œuvré pour la cause des femmes, selon les témoignages des autres dames  conseillères qui, aujourd’hui, reçoivent à travers leurs groupements  des subventions  de la mairie et d’autres privilèges qui, jusque-là, leur étaient refusés.

Ce leadership féminin  que symbolise  Ouley Ly,  n’est pas  sans  conséquences. Dans le village elle  est la femme dure, qui réfléchit comme un homme mais. Seulement la conseillère ne se préoccupe pas de ce qu’on pense d’elle dit faire avec. « Quand, avec mon mari,  je me suis établie dans la localité, on disait que  je portais le pantalon. Lui, cependant, pour avoir fréquenté les villes,  comprenait que les brides d’une maison sont tenues par un homme, selon la tradition, mais, qu’avec le temps, il lui faut parfois un suppléant. Il est plus judicieux que ce soit une maitresse de maison », c’est ce qu’explique Mme Ly. Cette manière de vivre qu’elle avait, a fait qu’elle peine à se remarier depuis la perte de son époux. « J’ai comme l’impression  que les hommes cherchent tout ce que je ne suis pas. Mais je suis bien dans ma peau », dit-elle.  Aussi elle ne  compte pas   se détourner de son chemin. Son ambition prend de l’ampleur chaque jour. L’appétit vient bien en mangeant….

 Yandé DIOP

 

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