Le Sénégal est en train de mettre en place une stratégie nationale relative à la Zlcaf qui va officiellement entrer en vigueur en vigueur en juillet. Animant un atelier organisé par la Direction du commerce extérieur à ce sujet, l’économiste Aliou Niang est revenu sur les défis à relever par le Sénégal pour tirer profit de cette nouvelle zone de libre échange continental. Pour le consultant, le Sénégal doit aller au-delà de sa zone de confort sous régionale. « Les exportations sénégalaises restent encore faibles hors Cedeao. En effet, 14% seulement des chefs d’entreprise ont une expérience en dehors de cette zone », souligne Dr Niang qui estime que le pays s’achemine vers un marché continental et il va falloir diversifier le marché d’exportation. Enumérant d’autres contraintes qui peuvent ralentir la percée du Sénégal dans ce nouveau marché  commun, il a insisté sur la faible pénétration sénégalaise des marchés mondiaux. Le Sénégal a l’habitude, dit-il, de se focaliser sur les marchés où il a des avantages et des préférences commerciales. « Et on n’a pas l’habitude d’explorer d’autres marchés », dit-il. Selon lui, il est nécessaire que les autorités augmentent leurs objectifs en terme d’exportations. D’autant plus que, pour lui, il y a la faible qualité des productions relativement aux exigences des marchés internationaux ainsi que la faible sophistication des produits exportés. Toujours dans le même sillage, il relève la faible valorisation des produits sénégalais sur le marché international. Face aux experts du Ministère du commerce et des élèves de l’En, Dr Aliou niant a indiqué que la Zlecaf va initier une concurrence inédite en Afrique. « Il faudra à ce titre activer les mesures de défense commerciale pour lutter contre certaines pratiques illégales, mais malheureusement au Sénégal, on n’a pas l’habitude de mettre en oeuvre des mesures de défense commerciale », se désole le spécialiste qui déplore par ailleurs une complexité et une lourdeur dans la mise en oeuvre de certaines mesures commerciales, notamment celles relatives au système  de l’Omc.

Amadou Seck, Vice-président du Cnp : « Nous n’avons pas de craintes particulières pour accéder à ce marché ». Abondant dans le même sens, la ministre du Commerce, Aminata Assome Diatta trouve aussi que la Zlecaf présente des risques pour les entreprises sénégalaises. « C’est pourquoi, il nous a semblé important, pour permettre à notre pays de tirer véritablement profit de ce marché, que nous élaborions une stratégie », rappelle-t-elle. L’ancienne directrice du commerce extérieur a révélé en outre que le Sénégal a pris l’option de s’industrialiser parce que les échanges avec les pays  africains sont essentiellement constitués de produits manufacturés. Donc aujourd’hui, insiste-t-elle, la principale cible pour le Sénégal reste l’industrialisation mais aussi faire en sorte  que nos entreprises puissent aller beaucoup plus sur le marché africain.

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