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«Engelbert MVENG (1930-1995), écrivain, poète, théologien jésuite, historien du Cameroun et de l’art, un exceptionnel militant de la cause africaine et ses diasporas» par Amadou Bal BA –

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Le père jésuite camerounais, Engelbert MVENG, historien, anthropologue, homme d’église, de lettres et de culture, théologien, philosophe, anthropologue, artiste et professeur émérite d’histoire à l’université de Yaoundé, a été assassiné le 23 avril 1995, et 29 ans après, les circonstances de sa mort n’ont jamais été élucidées. Miroir du passé et de notre temps, marqué encore par des injustices, la soumission et un profond désir de fraternité et d’égalité «sa pensée porte une puissance, jamais éteinte, qui a réussi à le placer parmi les hérauts d’une Afrique déterminée et libérée. Son œuvre théologique, traversée de part en part par un souci profond d’inculturation, a le plein mérite de figurer au panthéon glorieux des chefs-d’œuvre africains. Son recours à l’histoire n’est, en aucun cas, un emprisonnement d’un passéisme stérile ou une désolation perpétuelle du souvenir douloureux d’un paradis perdu. Le théologien camerounais voit dans le passé de l’homme noir le lieu de compréhension de son présent», écrit en hommage, Camille MUKOSO.

Engelbert MVENG, né le 9 mai 1930, à Enam-N’Gal, dans la commune de Ngoulémakong, dans le Sud du Cameroun. Ses parents, Jean AMOUGOU et Barbe NTOLO, sont des chrétiens. Baptisé le 14 juillet 1935 et confirmé le 28 juillet 1942, remarqué pour sa vivacité d’esprit par le père HERBARD qui l’envoie d’abord au séminaire à Efok de 1943 à 1944, puis à Akono de 1944 à 1949. Après le grand séminaire d’Otélé, de 1950 à 1951, élève surdoué, mais révolté contre le colonialisme, le Cameroun oriental étant à cette époque sous mandat français, à partir du 21 septembre 1951, il entre au Noviciat, de la Compagnie de Jésus à Djouma, chez les Jésuites, en République démocratique du Congo et y rencontre l’archevêque Joseph-Albert MALULA (1917-1989). Ses supérieurs l’envoient en Europe, de 1956 à 1958, pour des études de philosophie, d’abord à Eigenhoven en Belgique, puis à partir de 1957, à Vals-près-le-Puy (Haute-Loire), en France. C’est dans ces conditions que Engelbert MVENG revient au Cameroun, pour un stage, à Douala de 1958 à 1959, pour un stage de régence, au collège Libermann. Pendant ce stage, Engelbert MVENG étudie l’art, ainsi que les cultures des Bamiléké et des Bamoun. L’Union du Peuple camerounais (UPC), créé en 1948, est interdite depuis 1955 ; Ruben Um Niobé (1913-1958), un leader nationaliste, est assassiné, et c’est la première guerre contre la Françafrique que relate Achille M’BEMBE. Il revient en France, de 1960 à 1963, pour suivre des études de théologie, Lyon-Fourvière. Il sera ordonné prêtre, à Lyon, le 7 novembre 1963. Il soutient d’abord en 1964, une thèse de troisième cycle, sur «le paganisme face au christianisme dans la correspondance de Saint-Augustin», puis en 1970, une thèse d’Etat, sur les «sources grecques de l’histoire négro-africaine depuis Homère jusqu’à Strabon». En 1960, il avait déjà publié, en 1963, son «histoire sur le Cameroun». Spécialiste de l’art africain, associatif, vice-président de l’Union des écrivains du monde noir, Secrétaire général du mouvement des intellectuels chrétiens africains, Engelbert MVENG fait partie, aux côtés d’Alioune DIOP et de Léopold Sédar SENGHOR, des artisans du Premier festival mondial des arts nègres de Dakar de 1966. Il organise un Congrès international, du 22 au 23 avril 1995, à Yaoundé, sur «Moïse l’Africain».

«L’une des choses qui me font pleurer, je le dis tout haut, c’est que l’Afrique sacrifie, chaque jour, les meilleurs de ses enfants, sous prétexte qu’un tel a dit qu’il n’est pas d’accord avec le chef de l’Etat. Croire que le fait d’avoir de hautes fonctions rend infaillible, c’est inadmissible ! Je ne peux pas comprendre qu’on condamne un homme à mort pour ses opinions. Le minimum de liberté que l’on puisse garantir à un individu, c’est qu’il puisse dire qu’il est ou non d’accord, et qu’il ait la possibilité de s’expliquer sur sa position. Le contraire, c’est l’autocratie, c’est la tyrannie», dit Engelbert MVENG.

Engelbert MVENG, bien que méconnu du grand public notamment de l’Afrique et de ses diasporas, est un Grand Africain, un intellectuel et humaniste d’une grande valeur. Son combat constant et inlassable a été de restituer et de défendre la dignité de l’homme noir, dans son authenticité, de réhabiliter son passé. «L’étude de l’histoire africaine suppose que le peuple africain est maître de son histoire : il lui appartient de dire qui il était, qui il est et qui il veut devenir ! Le devoir de l’Afrique, face à son histoire, est d’affirmer son authenticité, non en vertu de l’image que les observateurs étrangers se sont façonnés de son visage, mais en vertu de la vérité de son devenir historique vécu, saisi et exprimé par elle-même», disait-il, en 1965, au Congrès international des historiens de l’Afrique, à Dar es Salam, en Tanzanie.

I – Engelbert MVENG, un Grand homme de culture et de spiritualité au service de la cause africaine, dans l’altérité

«On pourrait évoquer tour à tour l’historien, le théologien, le poète, le peintre, il resterait encore quelque chose à dire sur l’homme, simplement. C’est que la vie d’Engelbert Mveng, sa pensée, ne se capitalise pas à partir de la somme de ces multiples faces. L’unité de sa vie est à mettre au compte d’une certaine idée de l’Afrique, terre nourricière et terre d’espérance. Voilà pourquoi écrire sur lui est toujours un chemin d’apprentissage et de découverte de ses passions. L’homme avait quelque chose à dire sur l’Afrique et il le fit magistralement», écrit François-Xavier AKONO. En effet, co-fondateur de la congrégation religieuse, «Les Béatitudes», homme de gauche, affranchi de la haine et de la servitude, ambassadeur d’une théologie africaine, il est un adepte de la théologie de la libération venant en partie de l’Égypte pharaonique, à savoir que «c’est en Égypte qu’est née la plus ancienne et la seule religion dont le dogme enseignait la victoire de la vie sur la mort. Le chrétien doit être un éternel contestataire et un prophète», écrit-il. Inspiré des thèses de Cheikh Anta DIOP (Voir mon article, Médiapart, 2 juillet 2020), il estime que le christianisme «doit tenir compte de toutes les valeurs culturelles et traditionnelles qui composent son substrat traditionnel», écrit-il. En particulier, l’art africain est «l’œuvre de créativité du génie négro-africain ; à travers cette œuvre, l’homme exprime sa vision du monde, sa vision de l’Homme et sa conception de Dieu», écrit-il. Nationaliste, passionné de l’Afrique, une lecture africaine de la Bible est une nécessité vitale «Le problème d’une vie et d’une lecture africaines de l’Évangile est évidemment le plus important. Ce qui menace en effet la chrétienté africaine, c’est son manque d’enracinement, d’initiative, de créativité. Nous ne voulons professer ni un chauvinisme culturel, ni un enthousiasme naïf pour un passé que d’aucuns trouveront irréel, parce que trop lointain. Nous disons seulement que ces textes nous tournent vers l’avenir. Les nègres du monde antique n’ont été ni une race maudite, ni un bloc raciste, ni non plus une humanité inférieure. Ils ont été créateurs de civilisations», dit Engelbert MVENG, dans les «Sources grecques de l’histoire négro-africaine».

L’esclavage et la colonisation c’est l’annihilation de tous les attributs humains pour chosifier le dominé : «Les intellectuels ont pour rôle d’éclairer le peuple et ses dirigeants, en particulier, sur la direction à suivre, les gestes à poser, les erreurs à éviter. C’est le double rôle de penseur et d’éclaireur que j’assigne l’intellectuel», écrit Engelbert MVENG. Pour une bonne part, l’école française, signe de la continuité coloniale, dépersonnalise et aliène l’homme africain : «L’école reste cependant un véhicule de l’apologétique missionnaire : elle est une médiation pour la catéchèse. Elle véhicule des valeurs qui ignorent le patrimoine culturel traditionnel ; souvent même ces valeurs sont en état d’agression contre lui. L’école appelle ainsi à son tour la crise d’identité, qui un jour apparaîtra comme une crise de dépersonnalisation», écrit-il dans «L’Afrique dans l’église. Paroles d’un croyant». Aussi, il a tiré la sonnette d’alarme : «La crise d’identité, pour l’Afrique, est une menace d’annihilation (…). Sa crise d’identité est ainsi un problème de vie et de mort», écrit-il.

Éminent homme de culture, membre de la Société africaine des arts et de la culture (SAC), Engelbert MVENG est un très fidèle compagnon de route d’Alioune DIOP, fondateur de présence africaine (Voir mon article, Médiapart, 13 octobre 2018), un musulman converti au catholicisme, un humaniste hors pair dont l’épouse, Christiane Yandé DIOP, est une sénégalo-camerounaise : «Cet homme récapitule les aspirations des peuples noirs de tous les temps, de tous les continents. Et, en premier lieu, il récapitule l’Afrique. Si on me demandait ce qu’est l’homme cultivé, c’est Alioune Diop. L’homme de culture, chez lui, n’est pas un savoir encyclopédique, mais un enracinement dans l’héritage africain, ouverture à toutes les valeurs humaines. Si l’on me demandait ce qu’est un humaniste, je répondrais encore, c’est Alioune Diop. L’humanisme chez lui, c’est d’abord les qualités de cœur. Il est rare de rencontrer chez un seul homme un tel génie spéculatif lié à tant de simplicité, de bonté, de dévouement et d’oubli de soi. L’humanisme chez lui, c’est d’abord le fait d’être un homme, et cet homme est fait d’intégrité morale, d’honnêteté intellectuelle, et d’une profondeur extraordinaire de vie spirituelle», écrit, en hommage, Engelbert MVENG. En vue de la préparation de ce Festival mondial des arts nègres, du 1er au 24 avril 1966, il a procédé au recensement d’objets d’art, dans différents pays africains, pour être exposés à Dakar, au Sénégal. En spécialiste de l’art africain, il dira : «L’artiste ne copie pas la nature. Il la recrée, à sa manière. Il ne photographie pas. Il fait œuvre de démiurge. Au cours des initiations dans notre tribu, on apprenait aux jeunes gens et jeunes filles l’art de sculpter. On leur apprenait à lire le livre symbolique du monde. Ainsi l’anthropologie et la cosmologie de l’art nègre se rejoignent. L’homme s’exprime en exprimant le monde. Il humanise la création en l’associant à son destin. Il fait œuvre de civilisation», dit-il. L’art africain permet de comprendre la mentalité de l’homme noir, sa vision du monde : «Dans la tradition négro-africaine, ce qu’on appelle : art ne peut être envisagé séparément de la vie. On peut considérer qu’il n’y a pas d’artiste traditionnel perdu dans le mirage de ses angoisses et de ses frustrations. C’est grâce à ce qu’on appelle «Art» que la pensée négro-africaine réalise sa capacité d’abstraction, crée sa réalité analogique et parvient à une perception épiphanique. Ainsi, nous serons bien loin de l’animisme et du fétichisme», dit-il. Le festival mondial de Dakar de 1966, qui a célébré la négritude, est planétaire «c’est-à-dire qu’il embrasse toutes les cultures de la négritude: Madagascar, Afrique, Antilles, Amérique du Nord ou du Sud, les ilots négro-africains dispersés dans la diaspora. Le Festival Mondial des Arts Nègres exprime donc un dynamisme de nos cultures a l’intérieur comme à l’extérieur de l’Afrique», dit Engelbert MVENG. En revanche, le Festival panafricain d’Alger, en juillet 1969, comme l’indique son titre, est célèbre l’unité africaine : «Il s’inscrit dans le programme de l’O.U.A. qui a pour mission de faire l’unité de l’Afrique. Le rôle de la culture dans cette œuvre d’unification est primordial. Elle est l’âme qui fera des cellules dispersées de nos entités tribales, nationales ou régionales, le corps vivant d’une Afrique cohérente dans son unité, et riche de sa diversité», dit-il.

L’Afrique a une volonté de survie, mais aussi de dialogue avec les autres cultures, dans l’altérité.

II – Engelbert MVENG, un écrivain au service de l’histoire camerounaise

A – L’histoire ancienne du Cameroun restituée

Engelbert MVENG est l’auteur d’une magistrale étude sur l’histoire du Cameroun, d’une grande qualité. Il y a de grands historiens, comme le Burkinabé Joseph KI-ZERBO (1922-2006), le Guinéen Djibril Tamsir NIANE (1932-2021) ou l’Ivoirien, Célestin-Virgile Asso ADIKO (1935-1997) qui ont produit des ouvrages généraux sur l’histoire de l’Afrique. Des ouvrages d’inégale valeur ont été produits par des Français, spécifiquement, sur l’histoire du Cameroun, il s’agit de Révérend père, Joseph BOUCHAUD (1905-1981), de la congrégation du Saint-Esprit, «Histoire et géographie du Cameroun», ainsi que «l’histoire du Cameroun sous mandat français», de l’abbé Thomas KETCHOUA, «Contribution à l’histoire du Cameroun de 450 avant J-C à nos jours», de RP Jean CRIAUD, «histoire du Cameroun de la préhistoire à nos jours». Ces ouvrages, qui ont le mérite d’exister, sont tout de même tendancieux et orientés. Ainsi, la traite des nègres est escamotée et la colonisation, basée sur la théorie de la découverte, est vue uniquement sous l’angle positif, de civilisation des Africains, les Bamilékés viendraient des peuples juifs. «L’histoire, chez nous comme partout dans le monde, se construit à partir de documents oraux ou figurés. Nous avons signalé nos sources, de chapitre en chapitre, et quand c’était nécessaire, nous les avons critiquées. Nous nous sommes servis de l’expérience et des travaux de tous ceux qui, avant nous, ont écrit sur notre pays», écrit, dans la préface, Engelbert MVENG.

Homme de science et de culture d’une grande valeur, spécialiste de l’art et de la culture africaine, Engelbert MVENG s’est attaché à une recherche rigoureuse et fouillée de l’histoire de son pays, à travers des documents écrits, aussi à travers les arts, l’archéologie et la tradition orale. En universitaire, il a recherché, très méthodiquement et rigoureusement, dans les archives et recueillit une solide bibliographie, et a donc indiqué et questionné ses sources.

Pédagogue, il s’adresse non seulement aux spécialistes, mais aussi au grand public, notamment les scolaires. «Le Cameroun vient de naître ; il est impossible de dire ce que lui réserve le destin. Mais pour suivre, au cours des âges, sa lente parturition, il nous a fallu scruter les entrailles de l’Afrique et en partie du monde. Quand nous étions jeunes, nos grands-parents nous enseignaient à «deviner le monde» aujourd’hui qu’il nous faut deviner le Cameroun, nous l’avons situé dans son milieu qui est l’Afrique, elle-même au milieu du monde. Ces pages n’ont aucune prétention savante. Nos compatriotes nous en voudraient de leur tenir un langage de savant, un langage qui leur est si congénitalement étranger. Pourtant, nous n’avons voulu ni simplifier à l’excès une enquête qui est difficile ni nous contenter de schèmes conventionnels, sans contenu», écrit-il. Engelbert MVENG décrit à une multitude d’ethnies, une diversité de langues, de cultures et de religions (animistes, chrétiens, musulmans), le Cameroun ayant occupé par les Allemands, les Britanniques et les Français, avec de grands royaumes avant l’arrivée des colons, ainsi que des organisations traditionnelles.

Historien rigoureux, il a interprété, sous-pesé, argumenté, évalué des données et émis des hypothèses ou conclusions. Son livre est divisé en 8 parties : La Préhistoire et l’Antiquité, le Moyen Âge, le Cameroun précolonial (1880-1919), du mandat à la tutelle (1919-1945), la marche vers l’indépendance (1945-1960) et la réunification. «Entre l’Océan Atlantique et le Lac Tchad, le triangle camerounais s’inscrit comme un grand pont aux perspectives fuyantes. Un pont qui relie non pas deux terres, mais deux eaux. Avec les millénaires, il glissa peu à peu vers la cuvette au fond plat où il sommeille aujourd’hui, au centre de gravité du triangle africain. Quand commence l’histoire ? Il est difficile de répondre à cette question. Pour bien des historiens, l’histoire commence au moment où l’homme réussit à se raconter à sa postérité. On a trouvé au Cameroun des traces certaines d’industries paléolithiques et néolithiques. La région actuelle du Cameroun, comme il fallait s’y attendre a révélé aussi son Art des Cavernes. L’art rupestre est témoin d’une civilisation fort ancienne. Le Cameroun, patrie des Pygmées, rentre donc dans l’aire couverte par cette civilisation», écrit Engelbert MVENG. L’ancienneté du territoire camerounais est établie «Sur la côte, le mont Cameroun. Au Nord, le lac Tchad. Voilà, depuis l’Antiquité, les deux foyers de l’histoire du Cameroun. La Montagne de Dieu, unique sur la côte occidentale d’Afrique, était une borne et un point de repère pour les marins de tous pays. C’est là, au pied de la montagne, dans cet estuaire qui devait donner son nom au pays, qu’au premier millénaire avant notre ère, des marins d’Égypte et de Carthage ont inauguré l’histoire du Cameroun. L’histoire réelle du mont Cameroun est l’histoire même de l’Afrique. Si l’Afrique est le berceau de l’humanité, ces côtes furent fréquentées depuis la plus haute Antiquité», écrit-il.

Engelbert MVENG admet, depuis les découvertes d’Hannon, navigateur carthaginois, du Vème siècle, des cotes de l’Afrique occidentale, jusqu’à l’apogée de la civilisation Sao, il y a peu de documents sur le Moyen-âge au Cameroun (500 à 1500). La tradition orale place le berceau des Sao dans le sud du Kanem et dans le Bornou. Resté marqué par sa stature d’homme d’Église, et on est parfois surpris de certaines de ses conclusions : «Le grand ferment civilisateur de cette époque sera le christianisme. C’est lui qui convertira les Barbares, organisera les empires. et réussira ce miracle d’une des civilisations les plus équilibrées, les plus humaines de l’histoire. Désormais le lecteur comprendra mieux le cheminement de la pensée», écrit-il. Et il a ajouté «Que se passe-t-il pendant ce temps en Afrique Centrale ? Le ferment chrétien, introduit en Nubie du temps des Apôtres par cet Eunuque de la Kandaké du pays dont perle le vii° chapitre des Actes des Apôtres, est une graine qui a lentement préparé d’étonnantes floraisons. En 328, quand Frumence est sacré évêque d’Éthiopie par Saint Athanase, it trouve devant lui un peuple avide de vérité. L’Abyssinie d’abord, la Nubie, le Soudan embrasseront le Christianisme tour à tour. Loin dans l’intérieur du continent africain, les échos s’en prolongeront puisqu’autour du premier millénaire», écrit-il. Apparemment, pour lui, les États musulmans précoloniaux, de la sous-région, ne seraient que des islamistes.

Il a pris soin d’étudier l’ancien empire du Kanem – Bornou (700-1507) : «À la naissance du Kanem, les peuples de l’Adamaoua se révèlent tout à coup par un exploit singulier : c’est dans une expédition contre eux que périt Dougou, le premier monarque de la dynastie. La dynastie du Kanem est née enveloppée de légendes. Ainsi sont nées bien des dynasties antiques. Du fondateur, un certain Sef, de son fils UYazan et de son petit-fils Brem, on ne sait rien. Une chose paraît certaine : ils sont de cette race de l’Est qui a occupé le pays, a éliminé les chefs Sao s’est mêlée aux tribus locales, et dont les descendants seront les Kanembou. De Dougou à Ali, restaurateur du Bornou (1479-1507), on ne compte pas moins de 48 règnes, pendant près de sept siècles et demi», écrit-il.

Le Cameroun précolonial, de 1500 à 1850, et donc la fin du Moyen-âge, est marquée par un grand bouleversement, des révolutions en Occident, et un bouillonnement d’idées, un certain rationalisme, une certaine idée de l’homme blanc, mais aussi un mercantilisme, des compagnies de navigation, et donc le début de la traite négrière, ainsi que la ruée vers l’or des Africains. «Le marché de l’homme, même pour les consciences endurcies, posait des problèmes uniques, d’une gravité qui n’avait rien à voir avec le «marchandage» des échanges commerciaux. Pour l’esclavage la solution définitive, la seule admissible pour des chrétiens, fut la suppression. Pour le commerce, il connaîtra au contraire un renouveau tel que, devenu un moyen efficace de colonisation, c’est à lui que beaucoup de puissances européennes devront leurs empires», écrit Engelbert MVENG. Cependant, il fait porter une bonne partie de la responsabilité non pas au commerce transatlantique, mais aux Arabes et aux collaborateurs africains : «», écrit Engelbert MVENG.

Les origines de la traite sont obscures. La traite des Noirs existait avant la découverte de l’Amérique, et en père jésuite, il en impute une bonne part de la responsabilité à l’Islam. «À qui faut-il en attribuer la responsabilité ? L’esclavage, comme institution, existe de tout temps dans le bassin de la Méditerranée. Tout cela, en vérité, n’a rien à voir avec l’acharnement contre une race déterminée que sera la traite. S’il y a esclaves noirs, il n’y a pas encore traite des Noirs. L’Islam va introduire un facteur nouveau dans le drame. Dans son fanatisme, il oppose fidèle à infidèle. En cas d’affrontement, le premier sera maître et le second esclave. Le Koran, à la vérité, n’avait fait que reconnaître la servitude comme un fait établi. Il avait recommandé l’affranchissement comme un acte pieux. Il va même jusqu’à recommander de relever une partie des aumônes légales pour aider les esclaves à se racheter la tradition islamique ne suivit pas toujours la voie de l’indulgence tracée par le prophète. Désormais, la chasse de l’homme noir ne s’arrêtera plus. Dans l’empire du Kanem, on s’en souvient, la vente des captifs noirs, au témoignage de Léon l’Africain, est l’une des grandes sources de revenus pour le souverain. Il faut reconnaître toutefois que ce marché n’a pas encore l’ampleur qu’il connaîtra quelques siècles plus tard, à l’époque des négriers», écrit-il. C’est vers 1450 que Lançarote de FREITAS, navigateur portugais, fonde une compagnie «pour le trafic des Noirs que les Maures amènent de l’intérieur». La société bantoue connaissait trois classes, les hommes libres, les serviteurs, les femmes étant des épouses et servantes, et les esclaves, essentiellement des prisonniers de guerre chez le Bamoun. La société peule camerounaise est également stratifiée. Les Allemands ont aboli l’esclavage le 28 juin 1895.

Il a étudié les Peuls du Cameroun, les Foulbés de Sokoto et de l’Adamaoua, établis dans le pays à partir du XVIIIème siècle. Le premier du Cameroun, Ahmadou AHIDJO (1924-1989), était un Peul. L’origine des Peuls a suscité de nombreuses controverses «Ukba, compagnon d’Omar, fut envoyé par Mahomet pour prêcher l’Islam dans le royaume du Mali. Il s’y maria à une princesse, fille du roi Badiumanga. Ils eurent quatre fils. Ukba partit en pèlerinage vers la Mecque, confiant son épouse à un affranchi. Le maître tardant à revenir, la femme et l’affranchi se marièrent et eurent cinq fils. Les enfants d’Ukba furent les ancêtres des Foulbé pur-sang, ceux de l’affranchir les ancêtres des Foulbé bâtards. Le peuple du Mali, mécontent, chassa la nouvelle famille. Deux des enfants, Vaja et Rendi, au bout d’une longue pérégrination, s’établirent dans l’Adamaoua», écrit Engelbert MVENG. Les Peuls sont des pasteurs et nomades, mais aussi des lettrés musulmans qui savent le Coran «Ils se montrent très souples, soumis sans difficulté aux chefs locaux et travaillant pour eux. Puis devenus plus nombreux, ils se soulèvent, détrônent le chef local ou vont fonder ailleurs un Etat indépendant. Telle fut leur politique dans le Mali, le Songhaï, le Masina, le Bornou. Au Cameroun, cette politique se révéla aussi efficace qu’ailleurs», écrit Engelbert MVENG. Il a donc traité l’histoire d’Ousmane Dan FODIO (Voir mon article, Médiapart, 2 juin 2023), le fondateur de l’empire du Sokoto, qui couvrait une partie de l’actuel Cameroun, jusqu’à l’Adamaoua, qui reçut l’étendard sacré pour mener la guerre sainte. Les Peuls sous la direction de Modibo Adama, qui ne voulaient ni de butins ou femmes esclaves, fixèrent leur capitale à Yola. Ils «arrivent, grands seigneurs, cavaliers superbes, bousculent les païens qui leur résistent souvent avec opiniâtreté, réduisent d’autres à la servitude ou à la vassalité. Le peuplement foulbé se concentra autour de trois points d’attache : Maroua au nord, avec la région du Diamaré, Garoua sur la Benoué, et enfin les vastes pâturages du Plateau Central, autour de Ngaoundéré, que les Foulbé appellent Hosere (la montagne)», écrit-il. À la mort, en 1817, d’Ousmane Dan FODIO, l’Adamaou fera sécession en 1850. Les Foulbé de l’Adamaoua se répartissent entre les deux grandes familles Vollarbé et Illaga, avec 21 chefferies, le Lamido, dépositaire du foncier, de l’aumône légal et du pouvoir judiciaire, élu à vie est assisté de ses ministres, rayonnant autour de trois grands centres : Ngaoundéré, Garoua et Maroua.

Engelbert MVENG dresse la ligne des dynasties ayant régné sur le Bornou-Kanem, de Dougou 1er (784-835) à Ibrahim (1817-1846), et la dynastie musulmane du Mandara, de Boukar Hadji (1715-1737) à Zubeiru (1890-1902), chassé par les Anglais, qui s’enfuit de Garoua ; il sera tué par les Lala à Song.

L’Afrique étant un berceau de l’Humanité, le Cameroun accueillant sa diversité est une mosaïque d’ethnies, des Bané, Bamileké, Bamoun, Bassa, Douala, Manguissa, Tikar, Peuls, Mboum, Douala, Béti, Fang, Bantou, etc. : «Il ne fait jamais sombre pour ceux qui habitent la même maison», dit un proverbe Bamiléké. Un peuple d’une culture religieuse monothéiste «La morale chez tous ces peuples, reposait sur la doctrine de la rupture originelle entre l’homme et Dieu. Le même mythe des origines se retrouve aussi bien chez les tribus du Nord que celles du Sud : Dieu, au commencement, vivait avec l’homme. L’homme manqua de respect à Dieu et Dieu l’abandonna. Depuis ce jour, le mal est entré dans le monde», écrit Engelbert MVENG. La religion des ancêtres, dans ce Un et du Multiple, «une force vitale» suivant TEMPELS, est une cosmogonie africaine originale : «L’homme est à la fois lui-même, et la race, et l’arbre et le caillou, et il n’est rien de tout cela en dehors de lui-même», écrit-il.

La période coloniale, de 1890 à 1919, l’occupation allemande est notamment marquée par l’exécution de Rudolph Douala Manga Bell (1873-1914) pour «haute trahison». Ce monarque, fonctionnaire allemande, avait succédé à son père le 2 septembre 1908, à la chefferie supérieure. L’origine du conflit qui l’opposa à l’Administration allemande réside dans le projet d’expropriation, par cette dernière, du plateau de Joss, à Douala, dans le but d’y installer définitivement les services officiels du territoire et le quartier résidentiel européen. Cette expropriation fut envisagée dès 1910. En 1911 et 1912, les Douala protestèrent à plusieurs reprises auprès du Reichstag. Rudolph sera destitué à titre provisoire, le 4 août 1913, et sera condamné et exécuté le 8 août 1914, par pendaison. Des manifestations éclatent «Le sens historique de la crise camerounaise de 1914 est dans la mise en question du système colonial. Cruelle ironie de l’histoire, il nous révèle qu’au sein de tout régime politique qui fonde l’impérialisme sur la bienfaisance, le germe surgit toujours d’une contradiction qui apparaît d’abord comme réussite et finit comme revendication et rupture», écrit Engelbert MVENG.

L’Allemagne vaincue le 11 novembre 1918, perd son territoire du Cameroun, qui sera placé sous tutelle de 1919 à 1945. À Foumban, le Français déposent, en 1923, le roi NJoya, pour des motifs non décelables. Déporté à Yaoundé, il y meurt 10 ans plus tard. Les différentes chefferies (52 supérieures Bamilékés, 29 Lamidats Peules) qui s’alignent sur le régime colonial sont maintenues, et les frondeurs sont progressivement liquidés. Le chemin de fer de 128 km, entre Ndjock et Makak, coûtera la vie à de nombreuses personnes. La Deuxième guerre mondiale apprenait aux Camerounais, «La guerre leur apprenait la joie de s’offrir pour une grande cause, et de rendre la liberté aux autres faisait naître en eux la passion de la liberté», dit Engelbert MVENG. À la conférence de Brazzaville, Fily Dabo SISSOKO réclame pour les colonisés plus d’égalité de droits. C’est la naissance du nationalisme camerounais. Le 18 décembre 1944 est créée l’Union des syndicats confédérés du Cameroun, affilié à la CGT, et dont est membre Ruben Um Niobé et Charles Assale, une première grève de revendication salariale des 24 et 25 septembre 1945. En 1955, Um Niobé créé son syndicat indépendant de la CGT et se rapproche de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), un décret du 13 juillet 1955 prononce la dissolution de ce parti indépendantiste. Um Niobé entre dans le maquis. Et sera abattu par les colons, le 13 septembre 1958. «Um Nyobé voulait un Cameroun indépendant et uni. Le temps lui a donné raison. Son image et son souvenir ont rempli les fêtes de l’indépendance à Douala le 2 janvier 1960. Le sang n’a pas cessé de couler. Félix Moumié est mort le 3 novembre 1960, en Suisse, empoisonné par un certain William Betchel, officier des Services secrets français», écrit Engelbert MVENG.

B – L’histoire récente du Cameroun : «une rivière de sang»,
un grave déficit démocratique

Le 23 avril 1995, qu’il a organisé le Père Engelbert MVENG est retrouvé mort à Nkol-Afeme, à Yaoundé, dans la communauté «Les Béatitudes». Sa chambre est dans un grand désordre, son corps dénudé, couché de travers, les mains en croix, les pieds pendant au sol, étranglé, le crâne ouvert. Il a été retrouvé une somme de 2 millions, à côté du corps. Au moment où on loue l’exemplarité de la démocratie sénégalaise, en raison de sa troisième alternance dite de «rupture», le Cameroun est resté une place forte de la Françafrique.

En raison de nombreux, non élucidés à ce jour, la présidence de Paul BIYA, premier ministre de 1975 à 1982 du président Amadou AHIDJO, puis président du Cameroun depuis le 6 novembre 1982, est une «rivière de sang», suivant le titre d’un ouvrage d’Arol KETCHIEMEN. En effet, dès le 6 avril 1984, une tentative de putsch est déjouée et le même jour, révèle Célestin MONGA, les mutins sont exécutés, sans jugement. La Ligue des droits de l’homme du Cameroun fait état d’une «réalité banale de la torture et de l’impunité systématique» : Adolphe EWANE, journaliste à la radio de Yaoundé, tué d’une balle dans le dos ; L’abbé Joseph MBASSI, tué d’une balle, le 25 octobre 1988, dans la nuque ; Maître Toussaint Antoine NGONGO OTTOU, avocat proche des religieux, violemment battu le 30 octobre 1988, succombera de ses blessures à l’hôpital ; et d’autres opposants morts en détention ; de 1984 à 1989, 26 opposants sont morts en prison à la suite de torture, 35 ont été condamnés à mort ou contraints au suicide, etc. Le 3 septembre 1991, Monseigneur Yves PLUMEY, un évêque français, retraité ayant passé toute sa vie au Cameroun, est étranglé, le 3 septembre 1991, dans son lit. Par ailleurs, l’épouse du président, Jeanne-Irène BIYA (1935-1992), ainsi que d’autres opposants sont morts, dans des conditions très suspectes. En effet, le 29 juillet 1992, Jeanne-Irène BIYA est déclarée, officiellement, décédée, à la suite d’une «courte maladie». Bien des observateurs avertis estiment qu’il s’agirait d’un assassinat. La réalité est que la Jeanne-Irène avait été abattue par balles. Le jour de sa mort, elle avait reçu deux religieuses françaises qui furent toutes retrouvées mortes, violées et jetées dans les broussailles, non loin de leur congrégation à Djoum. L’Abbé AMOUGOU, du diocèse Sangmélima, qui avait célébré la messe des obsèques, fut retrouvé mort. Une missionnaire de l’église catholique qui avait lavé le corps de la dépouille de Jeanne-Irène BIYA fut aussi abattue. En fait, Jeanne-Irène BIYA, à la suite de la Société camerounaise de banque et la fuite de son directeur général au Canada, avait incité son mari de président à démissionner, en accordant une interview à Célestin MONGA.

Le père Engelbert MVENG, confident de Jeanne-Irène, fut retrouvé nu, assassiné et le corps positionné en signe de croix, sur son lit, et sa chambre fouillée, avec un immense désordre. Depuis lors, 6 autres religieux ont été retrouvés décédés, dans des conditions suspectes (Le 20 avril 2001 Apollinaire Claude NDI ; le 8 août 2002 le frère Yves ; 30 juin 2002, Yves Marie-Dominique LESCANNE ; 25 décembre 2003, Anton PROBST ; le 24 décembre 2008 François Xavier MECONG et en mai 2017, Armel DJAMA) «Tous ces assassinats ont d’évidents points communs, dans leurs déroulements et dans leurs suites. Le pouvoir camerounais manque d’imagination, mais pas d’efficacité dans l’impunité», écrit Odile TOBNER, dans la préface du livre, «rivière de sang», d’Arol KETCHIEMEN.

L’urgence de notre temps, c’est non seulement la vérité et la justice, sur ces crimes impunis, mais aussi que le Cameroun retrouve sa liberté, sa démocratie et sa souveraineté.

Références bibliographiques

A– Contributions d’Engelbert MVENG

1-1 – Ouvrages d’Engelbert MVENG

MVENG (Engelbert), Balafon : poésies, Yaoundé, éditions Clé, 1972, 99 pages ;

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MVENG (Engelbert), L’art d’Afrique noire : liturgie cosmique et langage religieux, Tours, Mame 1974, 158 pages ;

MVENG (Engelbert), L’art et l’artisanat africains, Yaoundé, éditions Clé, Néna, 2014, 232 pages ;

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MVENG (Engelbert), Lève-toi, amie, viens, Dakar, Librairie Clairafrique, 1966, 24 pages ;

MVENG (Engelbert), Mon amour pour toi est éternel, Tours, Mame, Paris, Imprimerie P Dupont, 1963, 29 pages ;

MVENG (Engelbert), Paganisme et christianisme : de la civilisation païenne de l’Africaine romaine, d’après la correspondance de Saint-Augustin, thèse, Université de Lyon, 1964, 278 pages ;

MVENG (Engelbert), Personnalité africaine et catholicisme, Paris, Présence africaine, 1963, 293 pages ;

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MVENG (Engelbert), sous la direction de, Spiritualité et libération en Afrique, Paris, Harmattan, 1987, 123 pages ;

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1-2 articles et interviews d’Engelbert MVENG

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MVENG (Engelbert), «Chemins vers la solidarité», Présence africaine, 1983, Vol I, n°125, pages 307-309 ;

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MVENG (Engelbert), «Echos du festival d’Alger», entretien avec Ebongue Soelle, African Arts, printemps 1970, Vol 3, n°3, pages 18-19 ;

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MVENG (Engelbert), «Hommage à Jacques Hewlett», Présence africaine, 19836, n°126, page 180 ;

MVENG (Engelbert), «L’art africain d’hier et d’aujourd’hui», Présence africaine, 1964, Vol I, n°XLIX, pages 116-128 ;

MVENG (Engelbert), «L’art africain : Il le rythme», Présence africaine, 1964, Vol 4, n°LII, pages 104-127 ;

MVENG (Engelbert), «L’art d’Afrique noire, liturgie cosmique et langage religieux», Bulletin de Théologie Africaine, 1979, n°1, pages 99-103 ;

MVENG (Engelbert), «La théologie africaine de la libération», Concilium, 1988, n°219, pages 31-51 ;

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Paris, le 24 avril 2024, par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

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