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«Élections municipales et départementales au Sénégal : la déferlante des partisans de SONKO et Maître Malick SALL a terrassé Farba N’GOM dans le Fouta-Toro» par Amadou Bal BA

Le résultat des élections locales du 23 janvier 2022 a sonné pour la majorité présidentielle comme un tremblement de terre, un tsunami. Les résultats obtenus par l’opposition ont largement dépassé leurs espérances et de grandes villes sont tombées sous leur escarcelle. Ainsi, Ousmane SONKO, celui qui avait provoqué des émeutes à la suite d’un scandale sexuel dans un salon de massage, a été élu maire de Ziguinchor, dans le Sud du Sénégal, une région autonomiste. A Dakar, la capitale, c’est Barthélémy DIAS, un partisan de l’opposant Ousmane SONKO, qui a remporté la victoire face à Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la santé. «Yewwi Askan WI» (réveiller le peuple), ou coalition de M. SONKO, a remporté d’autres villes, comme Guédiawaye c’est Ahmed HAIDARA de la coalition YAO, en battant le maire sortant, M. Aliou SALL, le frère du chef de l’Etat ou à Kaolack, Kaffrine. A Yeumbeul Sud, Amadou HOTT de la majorité présidentielle, qui convoitait le poste de premier ministre, a mordu la poussière. A Rufisque de Ismaël Madior FALL, ancien Garde des Sceaux et universitaire, à Sangalkam, où se présentait Oumar GUEYE, porte-parole du gouvernement, c’est la défaite de la majorité présidentielle dans ces deux communes.

Même si ce sont des élections sont strictement locales ; elles ont une signification politique nationale. C’est incontestablement un avertissement sans frais pour le président Macky SALL. Le Sénégal comptant 571 collectivités locales, 14 régions, 172 communes, dont 46 communes d’arrondissement et 385 communes rurales, ce scrutin mesure donc la température politique, avant les présidentielles de 2024. Les résultats sont une lourde défaite politique pour le président Macky SALL.

Cependant, et dans cette bérézina pour le camp présidentiel, il y avait un mousquetaire du président Macky SALL, en la personne de maître Macky SALL, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Il est descendu dans le Nord du Sénégal le vendredi 21 janvier 2022, et a retourné, favorablement, la situation pour le camp présidentiel, là où Farba N’GOM, maire de Agnam, insinuait, ignominieusement, «la trahison». En effet, Mamadou MORY à Matam, Moussa Bocar THIAM à Ouro-Sogui et Abou DIALLO Balel, à Ogo, l’ont emporté. Matam était un des points chauds, mais au sein de la majorité présidentielle, maître Malick SALL et son équipe ont sauvé l’honneur de la majorité présidentielle. Par conséquent, maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre de la Justice, a terrassé Farba NGOM.

En effet, dans la commune de Ogo, la «NAFORé» (Utilité), conduite par Abou DIALLO BALEL, est en tête à Bélinaïdé, Danthiady, Dendoudy, Galayabé, Garly, Hamarabé, Hombo et Sinthiou Garba et a gagné au final dans un résultat serré avec un écart de 286 voix. Il faut dire que le maire sortant, Amadou KANE DIALLO, qui a été battu, est arrivé en tête à Boguel, Gana Ballol, Hiraye, Lambanguou, Léwé Nguenar, Loumbol, Ogo, Thiambé et Wassakodé. Amadou KANE DIALLO, dans un combat loyal, a résisté, mais il a perdu.

J’ajouterai à cela, comme un Lion du Fouta-Toro, maître Malick SALL a fait gagner à Kanel la liste «Buntu-Bi» (La porte), à Nabadji, la coalition de Benno Bok Yakare (S’unir pour l’Espérance), Thilogne pour «Buntu-Bi» et à Ranérou «Buntu-Bi».

Le conseil départemental a également été remporté par «Buntu-Bi» de Ibrahima AGNE soutenu par maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre de la Justice. Encore un sérieux revers pour Farba NGOM.

Quels enseignements faudrait-il tirer de ces élections locales ?

C’est un séisme politique au Sénégal. Le Sénégal est bien un «Grand petit pays» en référence au titre de mon 3ème livre. En cas de désaccord, ce sont les électeurs qui décident. Et tant mieux comme cela. Les Sénégalais ont voté dans la transparence, le calme et la sérénité, les débordements, à la marge, ont été maîtrisés. Le résultat des élections, aussi bien pour les gagnants que pour les perdants, a été accepté par tous, dans la paix, même dans les cas où le scrutin était très serré.

Un des grands enjeux de ces élections qui sont avant tout locales, est de rééquilibrer ces rapports entre les villes et les campagnes. Au Sénégal, un pays rural, plus d’un tiers de la population est concentrée dans la région de Dakar. Cet afflux des populations rurales ne cessent de se développer en raison des fortes chaleurs pendant le Ramadan, d’importantes masses de populations fuient du Fouta-Toro vers Dakar ou M’Bour, où les températures sont plus clémentes. Or cette forte concentration urbaine génère de redoutables problèmes, en termes d’infrastructures, de besoins scolaires, en énergie et eau, de sécurité, de canalisations ou d’espaces de respiration (absence de parcs et jardins). La campagne se vidant de ses paysans, cela creuse également le déficit alimentaire du Sénégal.

Le président Macky SALL en développant des infrastructures étendues à l’ensemble du territoire national et avec maintenant le TER désengorgeant Dakar, le temps n’est pas venu de poser un schéma de «La ville à la campagne». Maintenant que les déplacements étant plus faciles sur le territoire sénégalais, désormais on peut vivre en grande banlieue, à Kaolack, Saint-Louis ou M’Bour, et venir travailler à Dakar. Cela pourrait baisser le prix du loyer ou des maisons dans les grandes villes.

Par ailleurs, toutes les collectivités locales sont confrontées à un terrible manque de moyens financiers, de personnels compétents, à une très bonne gestion des deniers publics. L’Etat civil n’est pas souvent rigoureusement tenu et les archives quasi inexistantes. Je ne parle pas des canalisations, de l’éclairage ou l’entretien de la voie publique, ainsi que le traitement des déchets et ordures ménagères. Il faut dire que les écoles sont essentiellement entretenues, non pas par l’Etat, particulièrement défaillant, mais par les villageois.

Sur le plan politique, et en vue du rétablissement du poste de premier ministre, les grands enjeux restent avant tout la place de la jeunesse, de sa formation professionnelle, de l’agriculture et d’un début de l’industrialisation du pays. Un nouveau gouvernement et une nouvelle équipe au service de ce Sénégal neuf et de plus en plus exigeant comme le montre ces municipales, un avertissement sans frais. En tout cas, bravo à maître Malick SALL et à ses équipes, notamment les professeurs Abdoulaye Baïla NDIAYE, de l’IFAN et Harouna BAL dit Chita, de l’Université de Thiès.

Il n’a pas échappé à personne que le président Macky SALL n’a pas de parti structuré ; il est lui-même et à lui tout seul son parti, et ses alliés, comme le Parti socialiste ou l’AFP sont devenus presque sans consistance. Il est grand de reconstruire et d’unifier une grande force de centre gauche, structurée, avec un logiciel politique audible et pertinent, ainsi que des militants disciplinés et combattifs. Des griots milliards, bavards et nocifs ont terni la bonne image du gouvernement.

Paris, le 23 janvier 2022 par Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

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