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Economie du Sénégal : rapport glaçant de la banque mondiale

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Le rapport de 69 pages intitulé « Pour une croissance durable et résiliente : Renforcer les écosystèmes entrepreneuriaux suite à la pandémie » renseigne que le Sénégal présente une « conjoncture extrêmement serrée.

Selon le rapport, la croissance réelle du PIB qui s’est significativement accélérée en 2021, est estimée à 6,1% (3,3% pour le PIB par habitant), essentiellement tirée par la reprise de la consommation privée et de l’investissement. Toutefois, les moteurs de la croissance seront affectés par le contexte inflationniste avec une croissance estimée à 4,8% (2,1% pour le PIB par habitant) en 2022.

« Côté offre, la croissance sera tirée par les performances du secteur agricole et minier, et dans une moindre mesure par la poursuite du rebond dans le secteur des services. Du côté de la demande, la consommation privée devrait moins contribuer que prévu, suite aux conséquences de l’inflation, mais les investissements privés, notamment dans le secteur minier contribueront à soutenir la croissance », souligne le document.

À cause des tensions géopolitiques mondiales, indique le rapport, les pressions inflationnistes devraient s’accentuer significativement en 2022 atteignant 8,7%. Suivant toujours la banque mondiale, à moyen terme, la croissance devrait être fortement stimulée par le début de la production d’hydrocarbures pour atteindre, en moyenne, 9,2% sur la période 2023-2024.

Le déficit de la balance courante (dons compris) devrait légèrement se détériorer et s’établir à 13,6% du PIB en 2022. Selon la Banque Mondiale, les causes principales sont la hausse significative du prix des importations des produits pétroliers et la poursuite des investissements dans le secteur en construction des hydrocarbures. Les revenus additionnels issus de l’exploitation des mines d’or permettront de compenser partiellement cette tendance.

Toutefois, dès lors que la production d’hydrocarbures sera mise en service, les pressions sur la balance courante s’atténueront avec la hausse des exportations et la baisse des importations liées au secteur extractif.

Une accentuation des tensions géopolitiques et l’extension de la zone d’instabilité sécuritaire depuis le Sahel représentent des risques pour l’amélioration de la balance commerciale. Le document signale que les pressions budgétaires continueront à être élevées en 2022 avec un déficit estimé à 6,2% du PIB.

Les recettes fiscales qui étaient en deçà de leur niveau de 2019 ces deux dernières années devraient retrouver leur tendance à la hausse à partir de 2022. La consommation et l’investissement privés diminuent en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie et d’une plus grande incertitude. L’inflation moyenne devrait culminer à 5,5 % en 2022, en raison des perturbations commerciales exacerbées par le conflit en Ukraine, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires augmentant le plus.

Dette publique

La dette publique du Sénégal s’élève à 73,2% du PIB en 2021, augmentant de près de 10 points de pourcentage du PIB depuis 2019. C’est ce qui ressort du rapport de la Banque Mondiale sur la situation économique au Sénégal qui a été publié hier, mercredi 28 septembre à Dakar. En 2022, la Banque mondiale prévoit que le stock de dette publique devrait atteindre 75.1% du PIB avant de diminuer progressivement.

Selon le rapport, en 2021, le déficit du compte courant s’est creusé passant à 13,3% du PIB contre 10,9% du PIB en 2020. Cette détérioration s’explique par une hausse du déficit commercial. Malgré une augmentation des exportations soutenue par l’or, l’acide phosphorique et les activités de ré-exportations, notamment de produits pétroliers, le document signale que les importations ont augmenté plus rapidement. D’après l’étude, ces dernières ont notamment été tirées par une hausse de la facture des importations de pétrole et l’augmentation des importations de biens intermédiaires dans un contexte de reprise économique. Le déficit de la balance commerciale a été principalement financé par de forts investissements directs étrangers (IDE) liés aux hydrocarbures et par l’émission d’Eurobonds au mois de juin 2021.

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