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Drame de Melilla : au Maroc, 36 migrants accusé « violences » contre les forces de l’ordre devant la barre

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Le procès de 36 migrants impliqués dans le drame de Melilla s’est ouvert, lundi, au Maroc. Ces derniers sont accusés d’être « entrés illégalement » au Maroc et de « violences contre les agents de la force publique », le 24 juin. Le même jour, une vingtaine de migrants ont également perdu la vie en forçant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole. Le procès a été aussitôt reporté, selon les avocats des exilés.

À peine entamé, le procès a été aussitôt reporté. Lundi 4 juillet, 36 migrants impliqués dans le drame de Melilla du 24 juin devaient comparaître devant le tribunal de première instance de Nador, au Maroc, mais l’audience a été aussitôt interrompue. « Nous avons demandé le report pour préparer au mieux le dossier car d’autres avocats se sont joints à la défense », a expliqué à l’AFP l’un des avocats, Khalid Ameza.

Les exilés sont poursuivis pour « entrée illégale sur le sol marocain », « violences contre les agents de la force publique », « attroupement armé » et « refus d’obtempérer ». Les migrants sont en outre poursuivis pour « participation à une bande criminelle en vue d’organiser et faciliter l’immigration clandestine à l’étranger ».

Le procès d’un deuxième groupe de 29 personnes – dont un mineur – est programmé, lui, le 13 juillet, également devant un tribunal de Nador, selon Me Ameza.

23 morts dans des violences décrites comme inédites
Les 65 inculpés faisaient partie des près de 2 000 migrants en situation irrégulière qui ont tenté de pénétrer par la force le 24 juin dans la cité autonome espagnole de Melilla, située en territoire marocain.

En majorité originaires du Soudan, beaucoup d’entre eux passent par la Libye et l’Algérie – malgré une frontière officiellement fermée avec le Maroc – pour arriver dans le royaume chérifien.

Cette tentative de passage en force a fait 23 morts parmi les exilés, selon les autorités marocaines, « au moins 37 », selon des ONG. C’est le bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l’enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain.

Amoncellement de corps inertes gisant au sol, visages de migrants en souffrance, coups de matraque distribués par des forces de l’ordre sur des hommes déjà à terre… Insoutenables, les vidéos du drame témoignent de la violente répression policière envers les exilés. Une violence décrite comme inédite.

« Nous savions qu’un drame se préparait »
Selon des connaisseurs de la zone, plusieurs éléments indiquaient une dégradation de la situation ces derniers mois à la frontière entre le Maroc et l’Espagne et laissaient penser que des violences étaient possibles. « Ce qui est arrivé vendredi [24 juin] était attendu. Nous qui sommes sur place savions bien qu’un drame se préparait », a expliqué Ali Zoubeidi, chercheur spécialiste en migrations.

« Depuis trois semaines, il y a des confrontations au Mont Gourougou [forêt à proximité de Nador, ndlr] entre migrants et autorités. Les policiers cherchaient l’affrontement », relate-t-il.

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