La monnaie commune Eco de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne verra pas le jour en 2020, si les pays membres respectent le souhait du géant économique de la sous région, le Nigéria, qui a demandé, lundi soir, le report de son lancement. Dans un entretien accordé à nos confrères du journal L’EnQuête, l’économiste Sénégalais Dr Souleymane Ndao, indique les craintes du Nigéria par rapport à ce projet monétaire.

Les raisons pour lesquelles le Nigéria est encore réticent par rapport au démarrage de l’Eco, c’est, d’abord, pour un fondement purement idéologique. C’est aussi lié au fait que la plupart des pays de la Cedeao ne remplissent pas un certain nombre de critères. Il s’agit notamment des critères de convergence. Ces critères sont relatifs au ratio dette sur le produit intérieur brut (Pib). Il faut que le pays ne soit pas endetté et que le taux ne dépasse pas 70%. Le déficit budgétaire doit être relativement faible, environ 3%. Le Nigéria considère que l’ensemble des pays qui veulent constituer la future zone monétaire Eco doivent remplir ces critères-là, sans lesquels le démarrages ne saurait être possible.

Pour lui, le Nigéria est conscient qu’en adhérent à ce projet, il a plus à perdre qu’à y gagner. Il y a plusieurs blocs par rapport à ce projet. Il y a celui qui est derrière le Nigéria et qui a intérêt à ce qu’ils aient leur propre monnaie. Le second bloc est formé du Sénégal, du Ghana de la Côte d’Ivoire et du Cap-vert qui ont plus intérêt  pour qu’il y ait cette monnaie commune. Ceci pour permettre à leur Banque centrale commune qui ne serait plus fixée sur une monnaie, d’avoir un panier de devises pour mieux participer à des opérations qui pourraient engendrer une croissance en matière de développement de l’économie. Et le reste, des pays comme le Libéria, etc., ont tout intérêt à former leur propre bloc pour avoir leur propre monnaie.

Aujourd’hui, une monnaie Eco Cedeao ne verra pas le jour, dans cinq prochaines années. Les pays de la Cedeao ont des économies hétérogènes. Non pas que je suis anti-Cedeao, mais c’est parce qu’il faut tenir compte des conditions de faisabilité, les opportunités. Il y a toute une littérature sur la question. Aujourd’hui, du point de vue optimal, le Nigéria n’a pas intérêt à y rentrer. Il s’agit d’abord du caractère disparate de nos économies hétérogènes. Il faut rappeler que le budget du Nigéria, c’est 80 voire, 90% de pétrole ou hydrocarbures.

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