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Coumba Gawlo, la voix abîmée!

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Une diva sans voix. Désormais abîmée. La voix d’or est dévastée par la maladie. «Les médecins m’ont diagnostiqué des dommages au niveau de mes cordes vocales suite au tube introduit lors d’une opération faisant suite à une occlusion intestinale m’empêchant de chanter pour un bon moment et parfois même de parler », annonce Coumba Gawlo, les yeux imbus de larmes.

«Je n’aime pas le son de ma voix, je suis triste quand je l’entends », laisse-elle émergé, de sa gorge sèche devenu aussi roque, à peine audible. Difficile, elle d’exprimer toute sa douleur, face à cette expérience.

Coumba Gawlo, est cette artiste, qui a la musique dans le sang. Cette héritage est ponctué et déversée dans la scène musicale par le talent, la persévérance et les rythmes endiablés d’un timbre, maniable à toute allure. Sa voix, ne lui a jamais rien refusé, d’un sourire, à une octave, elle défie les lois de la musique.

Issu d’une famille de griot, Coumba sait qu’elle a le devoir et le droit de chanter. La diva est née de l’union d’un père compositeur et d’une mère chanteuse, membre de l’ensemble traditionnel Daniel Sorano

Dès l’âge de 7 ans, elle chantonnait en  imitant sa maman. A juste 14 ans, elle remporte, en 1986, le trophée « Voix d’or » avec la chanson « Soweto », composée par son père en hommage aux victimes de l’apartheid. Et c’était parti pour une belle et riche carrière pour la fille de Fatou KJiné Mbaye.

En 1990,  son premier album, « Seytané », est le numéro 1 des hits parades au Sénégal. Le pays entière s’enjaille au rythme d’un mbalax fou, à base de sabar, de notes de batterie et de percussions diverses, harmonisés avec sa tonalité imposante.

Une entrée fracassante dans le monde la musique sénégalaise, qui marquera les esprits, jusqu’au moment où ces lignes sont écrites. Coumba Gawlo, n’a jamais failli à ses obligations de chanteuses. A cette amour, elle aura tout donné, plus que de la passion, au de-là du plaisir, mais sa vie entière. Une jeunesse vécue entre les scènes du monde pour célébrer l’africaine et représenter le Sénégal partout.

L’enfance pas tout rose de l’artiste, n’est plus un secret pour le monde qui le suit. Comme toute jeune fille, ordinaire, elle prenait le bus pour aller à l’école. Très jeune, elle a été entraînée à devenir une artiste professionnelle. Son manager n’était autre que son propre père. Un policier de profession, mais aussi et surtout un Gawlo, issu d’une longue lignée de griot. Coumba Gawlo garde le souvenir de répétitions parfois rudes.

« J’ai été élevée par lui dans le métier comme un soldat, avec beaucoup de rigueur et d’exigence. Il n’hésitait pas à me donner une gifle s’il voulait que je chante haut.  » Une Gawlo doit chanter fort « , me disait-il ».

La diva, ne s’est jamais fixée de limite. Autant dans son comportement que dans ses projets, Coumba Gawlo est une femme forte, qui impose le respect et fixe des limites. Elle brise des barrières, et se hissent au sommet, à travers des prestations internationales, ou jamais une femme sénégalaise n’avait pu accéder.

En 1998, elle emprunte les chemins du succès avec son tube « Pata Pata », une reprise de la chanson de Miriam Makeba. Cette chanson fait partie de l’album « Yo Malé », disque d’or en Belgique et de platine en France. Et c’est le même album qui va permettre à Coumba Gawlo de remporter en 1999 le prix du Meilleur espoir pour l’Afrique de l’Ouest aux Kora Awards, en Afrique du Sud. Un sacre qui  «marquante, dans un pays où tout le monde, Noirs, Blancs, riches et pauvres, vit toujours séparé », soulignait-elle à l’époque.

A ce jour, les distinctions, trophées et honneurs se sont multipliés pour parfaire la carrière de Coumba Gawlo. D’ailleurs, elle a intégré  dans la foulée le club des Enfoirés et chante pour les pauvres. Son engagement pour la cause des enfants et des femmes, des démunis, la conduit à être nommée « Ambassadeur de bonne volonté » du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD4. Sur proposition de la chanteuse, un concert baptisé Africa for Haïti s’est tenu  le 6 mars au stade Léopold Sédar Senghor. Cette manifestation verra la participation de nombreux chanteurs africains : Youssou Ndour, Oumou Sangaré, Wasis Diop, Sékouba Bambino, Lokua Kanza, Papa Wemba, Alpha Blondy, Omar Pène, Baba Maal, Aïcha Koné, Idrissa Diop, Ismaël Lo et bien d`autres.

Audela de la femme vigoureuse et constante, se dresse une femme aussi très indépendante. Dans une société ou le mariage demeure l’une des projets majeurs de jeunes femmes, Coumba n’a jamais s’est pas fier à cette loi et les préjugés qui s’y collent. Au sommet même de son ascension, elle est célibataire et fière. Dans un de ces tubes phares, elle irone sur son célibat avec le titre « Kouf Feugu », renvoyant ses potentiels prétendants l’un après l’autre.

« Je vis mon célibat avec foi. J’attends le jour où le bon prince charmant viendra… Le reste n’est que fadaises… », Répondait-elle  dans une interview.

Cependant, l’absence d’un homme dans sa vie n’a pas empêché à la diva d’être maman adoptive de 3 jeunes filles, Rokhaya, Dior et Perle. Ces dernières  sont fières d’avoir comme mère une femme gentille et stricte, qui leur inculque de bonnes valeurs. Vivement  le grand retour de la diva à la voix d’or !

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