La Chine a fait état, lundi, d’un troisième mort dû à un nouveau virus apparu le mois dernier. À quelques jours des grands chassés-croisés du Nouvel an chinois, l’épidémie s’est propagée vers le nord et le sud du pays, provoquant l’inquiétude à l’étranger.

L’épidémie mystérieuse se propage et l’inquiétude grandit. Les autorités sanitaires chinoises ont rapporté, lundi 20 janvier, la mort d’un troisième patient touché par l’épidémie due à un nouveau virus coronarien. Il touche désormais plusieurs villes du pays et 139 cas supplémentaires de pneumonie ont été signalés au cours du week-end.

Selon les autorités, l’épidémie était jusqu’ici confinée à Wuhan, une agglomération du centre de quelque 11 millions d’habitants où le virus, de la même famille que le Sras, a fait son apparition le mois dernier.

Mais pour la première fois, les responsables sanitaires chinois ont signalé, lundi, de nouveaux cas dans d’autres villes du pays: deux à Pékin et un autre à Shenzhen, la métropole du Sud, qui fait face à Hong Kong. Plus de 200 personnes ont à présent été contaminées dans tout le pays.

Point commun à ces nouveaux cas : toutes les personnes contaminées s’étaient rendues à Wuhan ces dernières semaines.

Les patients hospitalisés dans la capitale sont dans un état stable et sont traités pour une pneumonie, indiquent les autorités sanitaires locales. Le virus suscite néanmoins des inquiétudes croissantes après le décès ce week-end d’une troisième personne depuis le début de l’épidémie et une augmentation significative du nombre de nouveaux cas à Wuhan (près de 140, le total atteignant désormais 198).

Malgré tout, les autorités sanitaires de la ville se veulent rassurantes: selon elles, le risque d’une transmission du virus entre humains est jugé « faible », même s’il n’est « pas exclu ».

Plus de 650 morts liées au Sras Chine en 2002-2003

Le foyer de l’épidémie semble être un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons, où plusieurs patients contaminés travaillaient. Il a depuis été fermé et des opérations de décontamination ont eu lieu.

L’épidémie intervient à l’approche des festivités du Nouvel An chinois, la période la plus chargée de l’année dans les transports, durant laquelle des centaines de millions de personnes voyagent en bus, train et avion pour rendre visite à leur famille. Malgré les risques de propagation, les déplacements en Chine ne font pour l’heure l’objet d’aucune restriction.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume) mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).

Hautement contagieux, ce virus avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. Les symptômes du Sras ressemblent à ceux d’une pneumonie, avec une fièvre élevée et divers problèmes respiratoires. Lors de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de la maladie.

Inquiétude à l’étranger

L’inquiétude est désormais perceptible à l’étranger, où les mesures de prévention se multiplient, comme aux États-Unis, en Thaïlande ou à Hong Kong.

Ce week-end, des scientifiques d’un centre de recherches de l’Imperial College à Londres, qui conseille des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont mis en doute les chiffres officiels estimant que le nombre de contaminations dépassait probablement le millier au 12 janvier.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont fondés sur le nombre de cas détectés jusqu’à présent hors de Chine (deux en Thaïlande et un au Japon) pour en déduire le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, sur la base des données des vols internationaux au départ de l’aéroport de cette ville.

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