La pilule du lendemain, on peut se la procurer dans les officines privées sans ordonnance. Et quand on regarde le registre des clients, on voit que les jeunes arrivent en tête, même s’il s’agit d’une clientèle diversifiée. Jeunes filles, femmes adultes et même des hommes passent devant le comptoir

En service à la pharmacie de Patte d’Oie, le docteur Moussa Ndiaye (nom d’emprunt) souligne : « Personnellement, je ne recommande pas les pilules de lendemain aux clients. Mais s’ils en demandent, je les sers. C’est un médicament qui peut être vendu sans ordonnance». Même son de cloche à la pharmacie Cap-Vert où Dr Assane Mboup est formel : «Tout le monde vient en acheter. Mais la jeunesse est plus demandeuse, surtout les garçons. Les filles ont peut-être honte de venir, compte tenu des critiques qui peuvent être proférées à leur encontre, notamment quand il y a d’autres clients au comptoir».

Et de poursuivre : «La vente est à un niveau assez important. Sauf en période de Carême et de Ramadan où les prescriptions religieuses freinent la pratique sexuelle». Plusieurs types de «pilules du lendemain» existent, assure-t-il, dont celle «pour 48 heures après les rapports et voir plus. Les clients demandent plus le Norlevo qui est commercialisé sur le marché pharmaceutique. Les prix diffèrent. En fonction du budget du client, nous pouvons par exemple donner quelques recommandations». Mais la tâche des pharmaciens ne se limite pas à juste servir les clients.

A la pharmacie Guigon, un agent confie : «Il arrive que je donne des conseils à des clients pour leur indiquer de prendre une pilule du lendemain. Vous savez, c’est lamentable d’apprendre qu’une jeune fille est morte dans une tentative d’avortement. Je n’encourage pas le rapport sexuel avant le mariage, mais force est de constater que même des femmes mariées viennent se procurer des pilules du lendemain.

Cette méthode de contraception a permis d’éviter beaucoup de grossesses non désirées». La sensibilisation reste cependant à élargir encore. Notamment, dans les régions de l’intérieur où les populations sont souvent exposées à des grossesses non désirées qui, au-delà de l’opprobre social, conduisent aussi à des mariages forcés.

Sud Quotidien

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