Les malades souffrant des cancers vont bientôt bénéficier d’un centre national d’oncologie. Du moins si la promesse de l’Etat se tient.

Annoncée depuis très longtemps, la construction d’un centre national d’oncologie à Diamniadio est toujours dans l’œuf. Hier, le ministre de la santé et de l’action sociale soutient que normalement, la première pierre sera posée avant la fin de cette année. Cette annonce est faite par Abdoulaye Diouf Sarr au cours d’une visite de l’unité de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus du centre de santé de Gaspard kamara.Selon le ministre, les femmes paient un lourd tribut au cancer. Cependant, souligne-t-il, ces cancers peuvent être évités et guéris s’ils sont détectés précocement.  »Des mesures de prévention simples centrées sur une bonne sensibilisation, un dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus et une détection précoce du cancer du sein diminueraient d’au moins 50% la survenue de ces deux cancers les plus fréquents. Les cancers induisent la pauvreté en raison des frais élevés entrainés par le traitement », fustige le ministre.C’est pourquoi, il salue dit-il, les mesures sociales de son du président de la République qui a rendu gratuite la chimiothérapie pour le cancer du sein et le cancer du col, tous protocoles compris.

Pour Abdouaye Diouf Sarr, la lutte contre le cancer dépasse le seul secteur de la santé. Elle devrait à son avis impliquer la société civile, les populations elles-mêmes et les partenaires techniques et financiers pour optimiser les interventions de lutte avec comme objectif un impact réel sur la morbidité et la mortalité liées au cancer.  »Au Sénégal, 10.549 nouveaux cas de cancers, toutes formes confondues, sont attendus chaque année. En 2019, l’Institut Joliot-Curie de l’hôpital Aristide Le Dantec, structure de référence dans la prise en charge des cancers, a enregistré 1.841 cas de cancers dont (35%) relevant du sein et (20%) du col de l’utérus », révèle Diouf Sarr.

 

Pour le Directeur de la lutte contre la Maladie (DLM),Bacacar Gueye,les pays africains notamment le Sénégal sont confrontés à un double fardeau. Cela s’explique aussi, souligne-t-il, du fait qu’avant on était plus préoccupé par la question des maladies infectieuses (VIH, paludisme, tuberculose). Mais aujourd’hui, il y a la propension des maladies non transmissible. Parmi ces maladies le diabète, les maladies cardiovasculaires, les infections chroniques, la question du cancer qui est devenue une question prioritaire préoccupante.  »Selon les estimations dont nous disposons le Sénégal s’attend à avoir chaque année toute forme de cancers confondus 10549 cas ce qui est très important. Parmi ces 10549 cas, au moins 1700 seront des cancers du sein », fait-il savoir. A son avis, aujourd’hui c’est les deux cancers les plus fréquents.  »Au-delà d’octobre rose, inciter les femmes à fréquenter les structures sanitaires à faire la promotion du dépistage des lésions précancéreuses du cancer du col de l’utérus et la détection précoce du cancer du sein ».

Concernant le cancer du sein, à côté du dépistage précoce, il y a 3 éléments importants à prendre en compte. Le premier, annonce le directeur de la DLM, c’est l’auto palpation, le deuxième élément c’est l’examen sinologique, le troisième est la mammographie. C’est pour ces raisons soutient-il,qu’au Sénégal, il y a sur les 14 régions, 11 où la mammographie est disponible.  »Au mois de décembre les 3 régions qui ne disposent pas de mammographie en occurrence Kédougou, Kaffrine et Sédhiou auront à l’occasion de la réception de leurs nouveaux hôpitaux, des appareils de mammographie ».

S’agissant du cancer du col de l’utérus, explique Dr Babacar Gueye, il y a la stratégie mondiale d’élimination du cancer du col de l’utérus. C’est-à-dire quand une femme présente un cancer du col de l’utérus auparavant des années, elle a pu développer des lésions précancéreuses.  »Il faudrait détecter ces lésions précancéreuses pour pouvoir éviter le cancer du col de l’utérus. Après cette phase d’élimination, il faudrait atteindre 3 indicateurs. Il s’agit de la vaccination, on a eu des couvertures depuis 2018 qui ont dépassé 90%. Le deuxième élément c’est le dépistage. On vaccine les jeunes filles mais on dépiste les femmes adultes. Maintenant le gaule standard c’est les tests HPV cela est en train d’être testés dans 4 districtsdu Sénégal(Centre de santé de Gaspard Kamara, le centre de santé de Wakhinane, le district de Mbour et le district de Fatick) et une fois l’évaluation faite on compte passer à l’échelle », annonce le médecin.

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