Le président guinéen Alpha Condé a promulgué la nouvelle Constitution qu’il avait soumise à référendum fin mars et dans laquelle l’opposition dénonce un stratagème de sa part pour se maintenir au pouvoir, a indiqué la télévision nationale lundi.

Après des mois de tensions qui ont fait des dizaines de morts, M. Condé a promulgué le texte par décret lu à la télévision nationale le même jour qu’il approuvait un « plan de riposte économique » au Covid-19, doté de plus de 3.000 milliards de francs guinéens (292 millions d’euros).

M. Condé, ancien opposant historique devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, a soumis le 22 mars aux Guinéens une proposition de Constitution censée, selon lui, doter son pays d’une loi fondamentale « moderne » qui, par exemple, interdit la circoncision féminine et le mariage des mineurs.

M. Condé a été élu en 2010 et réélu en 2015, et le nouveau texte, comme l’ancien, limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Mais l’opposition l’accuse de vouloir prendre prétexte de la nouvelle Constitution pour remettre son compteur à zéro et chercher à se succéder fin 2020.

La proposition a recueilli près de 90% de « oui », selon la Cour constitutionnelle.

L’opposition a boycotté la consultation ainsi que les législatives organisées simultanément. Les Etats-Unis, l’Union européenne et la France ont remis en question la crédibilité du vote.

Le vote a été entaché de violences meurtrières.

Il s’est tenu malgré la contestation et la réprobation internationale, ainsi que l’apparition du coronavirus dans le pays.

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