Les 40 ans de la révolution en Iran : huit articles pour comprendre un anniversaire au goût amer

Le 11 février, l’Iran célèbre le soulèvement de 1979 qui a donné naissance à la République islamique. Mais, avec la crise économique et le retour des sanctions américaines, le pays n’est pas à la fête. Nous rassemblons ici huit articles pour tout comprendre.

Interminable révolution. Le 11 février, l’Iran fête les 40 ans du soulèvement qui donna naissance à la République islamique. Les associations de quartier ont sorti les fanions. On se chamaille à Karadj (Nord) : le prêcheur de la ville estime que le président du Parlement n’est pas assez « révolutionnaire » pour s’exprimer devant les fidèles, en ce jour pourtant placé sous le sceau de l’« union nationale ». On fait monter la sauce, mais la sauce a un goût amer. L’Iran n’a pas le cœur à la fête.

Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, en mai 2018, un vent de panique a soufflé sur le pays. Il s’est mué, à l’automne, en une franche dépression. Le retour des sanctions américaines et la dépréciation du rial ont plongé une part de la classe moyenne dans la pauvreté. Grèves et manifestations, disparates, se multiplient.

Iran : une décision absurde aux effets déstabilisateurs
Soyons clairs : la République islamique ne s’écroule pas. John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale américain, avait prédit un peu vite, en 2018, qu’elle « ne survivrait pas jusqu’à son quarantième anniversaire ». Les sanctions américaines renforcent l’appareil sécuritaire. Les bien nommés gardiens de la révolution (la principale force armée du pays) réaffirment leur puissance. Le président Hassan Rohani lui-même devient féroce.
Ce modéré, qui aurait aimé balayer la gloriole révolutionnaire sous le tapis et faire de l’Iran un pays « fréquentable », tente de ne pas perdre la main. Son gouvernement a pris part à une vague de répression massive en 2018. Quelque 7 000 arrestations ont été recensées par l’organisation Amnesty International.

La pression américaine accroît la dépendance de l’Iran à ses parrains russe et chinois, qui l’utilisent comme monnaie d’échange dans leurs propres négociations avec Washington. Cruelle ironie pour cette révolution qui se proclamait « ni d’Est ni d’Ouest ».

Une économie en « longue maladie »
Au Moyen-Orient, cependant, l’Iran demeure la principale puissance, de l’Irak au Liban. Téhéran se tient debout dans les ruines de la Syrie, où le régime de Bachar Al-Assad a survécu à sept ans de guerre. Les forces américaines se préparent à quitter le pays. Vu d’Iran, le retrait régional précipité par Donald Trump est une aubaine. Même si Téhéran craint qu’un désengagement trop rapide d’Afghanistan ne déstabilise son voisin.

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