Thaïlande : Les ados disparus dans la grotte retrouvés vivants

L’affaire des douze adolescents et leur entraîneur de football, pris au piège dans une grotte inondée du nord de la Thaïlande, a tenu tout le pays en haleine depuis neuf jours.

Sauvés ! Depuis neuf jours, c’était comme si toute la Thaïlande retenait son souffle dans l’attente d’un dénouement heureux : le 23 juin, douze jeunes élèves footballeurs âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur de 25 ans s’étaient retrouvés bloqués par la montée des eaux de la mousson dans une grotte du nord-est du royaume, aux confins du Laos et de la Birmanie.

L’attente fut interminable. Mais lundi 2 juillet, alors que des moyens considérables – drones, nageurs américains et britanniques, chiens renifleurs – avaient été déployés pour tenter de prendre  contact avec les adolescents, ces derniers ont été localisés par des commandos de la marine thaïlandaise.

Depuis leur disparition, chaînes et journaux d’information couvraient, presque en temps réel, cet événement qui a semblé réunir autour d’une même cause, mais dans le registre de l’angoisse, un pays à l’ordinaire divisé. L’affaire était devenue obsessionnelle : les Thaïlandais, particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, ne cessaient de poster des messages d’espoir pour que soient retrouvés sains et saufs les membres du Moo Pa (cochon sauvage), nom de l’équipe de football des garçons.

Espoir en plein désordres politiques

« Espérons que les sauveteurs puissent ramener chez eux les Cochons sauvages ! », pouvait-on lire lire en fin de semaine sur un compte Twitter, où les douze ados et leur entraîneur étaient représentés en train de chevaucher un sanglier souriant.

« J’avais perdu espoir dans ce pays, mais, aujourd’hui, je me sens à nouveau confiant ; je pense que tout espoir n’est pas perdu pour la Thaïlande », écrivait un autre internaute sur Twitter, en une référence indirecte aux divisions sociales et désordres politiques parfois sanglants qui ont marqué l’histoire du pays ces dernières années.

Tout le royaume semblait au chevet des disparus : le premier ministre et chef de la junte militaire, le général Prayuth Chan-ocha, était venu, la semaine dernière, rencontrer les familles des adolescents, qui priaient, mains jointes à l’entrée des grottes. On l’a vu essuyer une larme devant les mères éplorées, les assurant néanmoins être optimiste pour la suite des événements. Le roi Vajiralongkorn a fait savoir, par l’entremise de son secrétariat personnel, qu’il s’inquiétait du sort des élèves footballeurs.

Chamans et autres sorciers s’étaient mis de la partie, dans une nation où le culte des phii (esprits) reste très vivace, en parallèle à la religion bouddhiste. Certains ont sacrifié des poulets et des porcs dans l’espoir que les esprits aident les jeunes footballeurs à rester en vie. Un journaliste de l’AFP a rapporté avoir  vu un reusee(hermite) vêtu d’une tunique en peau de tigre prier silencieusement à proximité des caves. Le patriarche suprême du Sangha – une communauté bouddhiste – a appelé ses concitoyens à prier ensemble pour la survie des jeunes gens bloqués sous terre.

 

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