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144e appel de Seydina Limamoulahi ce samedi et dimanche

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La cité religieuse de Cambérène vit au rythme des préparatifs de la 144e édition de l’Appel de Seydina Limamoulahi prévu les samedi 10 et dimanche 11 février 2024. Toute une organisation est à l’œuvre dans un esprit de paix et de partage pour rendre belle l’édition de cette année placée sur le thème : « L’unité de la Ummah, socle de la stabilité sociale et politique ».

À 48 heures de la célébration de la 144e édition de l’Appel de Seydina Limamoulahi, l’ambiance est bien grouillante à Cambérène. Cette circonscription « Lébou », siège d’une grande partie de la communauté layenne qui à l’instar des quartiers de Yoff, Ngor, Ouakam, Malika, etc. est nichée dans la banlieue dakaroise. Dans les rues, la ferveur des préparatifs, l’ambiance de la fête qui arrive, se reflètent sur les visages. Une ambiance qui déride, fait remonter l’adrénaline et assure le mbëgte (bonheur) aux gens bercés par la brise de la mer. Cette mer, toute proche est le symbole du miracle de Mame Limamoulahi que l’on s’apprête à célébrer. Les femmes, commerçantes ou ménagères, elles aussi, très actives, préparent la fête, avec tout l’entrain de la gent féminine sous nos cieux pour ces rendez-vous festifs. Leur affluence devant les commerces de toutes sortes en témoigne.
Il est déjà 12h, le mercredi 7 février 2024. Dans toutes les artères de Cambérène, un monde fou fait des va-et-vient, créant par moment des télescopages avec les charrettes et les voitures. S’ajoutent à ce tableau, les cris, les éclats de rires des gens, les chants religieux joués devant les commerces ou à l’intérieur des maisons à l’aide de magnétophones qui donnent un son indescriptible. Et les « Lahi Lahi » des passants qui se saluent entre eux. Cet autre miracle de Mame Limamou pour réaliser le bon voisinage chez la communauté layenne.
Cambérène prêt à accueillir les fidèles
Dans la rue, on remarque la propreté de la chaussée, dégagée de son sable. À l’intérieur des maisons, c’est le grand ménage. De jeunes gens s’activent à mettre une couche blanche sur les murs, et les femmes à balayer et tamiser le sol des concessions. Fatou Mbaye Diagne, trouvée dans la cour de la concession de Mbayenne 2 dévoile tout son bonheur et se dit prête pour l’Appel. « Adjibo daya lahi » ! Baye Laye moo woté. On attend les pèlerins pour servir les repas. Comme nourriture, rien ne sera laissé en rade. Après avoir donné nos cotisations au Groupement central, on a réuni le nécessaire dans la concession pour bien recevoir les fidèles », explique-t-elle.
C’est le cas des membres du Dahira Salam sous la houlette de Oustaz Seydina Omar Laye en train d’effectuer des travaux de réfection. Oustaz Seydina, membre de la cellule communication du Dahira, parle des préparatifs. « On est fin prêt pour accueillir nos invités. Ils viennent de partout et dans le quartier aussi nous recevons des personnes. C’est pourquoi on a commencé la cuisine. Nous cuisinons toutes sortes d’aliments, des beignets, du poulet et préparons les boissons aussi », explique-t-il.
Trouvés devant la Résidence du Khalife, Libasse Samb, du Mouvement « Cambérène Moo Ñu Gnor » revient sur les préparatifs. Selon lui, armés de pinceaux et de seaux de peintures durant des semaines, ils ont travaillé à embellir les murs et les devantures de maisons. « Nous avons démarré avec un budget de 200.000 FCfa qui nous a permis d’acheter des tamis et les autres biens. À Diamalaye, nous avons tamisé tout le sol pour le rendre fin ainsi qu’au niveau du Houroum, là où l’ouverture de l’Appel se tiendra. Et le ‘’set setal’’ général, dimanche dernier, a permis de rendre tout Cambérène propre », renseigne Libasse Samb. Le Coordonnateur de « Cambérène Moo Nu Gnoor » d’ajouter : « Les jeunes se sont également acquittés de leur cotisation auprès du Groupement central. Tout est en place pour un bon déroulement de l’Appel ».
Pour l’organisation, chaque habitant de Cambérène doit cotiser 1000 FCfa par mois. L’argent collecté par une cellule du comité d’organisation appelé Groupement central va servir au financement de la cérémonie. Chaque chef de concession doit rassembler les cotisations de chez lui et le remettre au chef du village ou au trésorier du comité d’organisation.
La dame Adji Laye également, rencontrée à la Mairie de Cambérène, témoigne que leur concession s’est acquittée de la participation. « J’ai déjà donné ma propre cotisation depuis longtemps. Et chez nous aussi la maison dans sa globalité s’est acquittée de la participation », précise-t-elle. Selon elle, la participation est volontaire et se fait de gaieté de cœur par tous les habitants de Cambérène afin de mieux assister les pèlerins et assurer un bon Appel.
Le défilé des officiels
La municipalité n’est pas en reste. Pape Mbengue, le chef de Cabinet du Maire de Cambérène, assure que la mairie se mobilise pour assister les habitants. « Chaque année, on s’organise pour accompagner l’organisation de l’Appel. D’ailleurs, lundi dernier, à l’issue d’un Conseil national pour l’Appel en présence du Ministre de l’Intérieur et du Maire, les services de l’État sont déjà présents pour apporter leur soutien dans les domaines de la santé, de l’hygiène, de l’énergie et de l’eau pour un bon déroulement de l’évènement », renseigne-t-il. Selon lui, tout est en ordre pour un bon déroulement de l’Appel.
À la Résidence du Khalife, l’endroit a déjà fait peau neuve. Le Chef de Cabinet du Khalife, Dial Thiaw Lahi et ses collaborateurs accueillent les quelques délégations des services et institutions du pays. Entre 12h et 14h, deux délégations de banques de la place sont venues rendre visite à la famille. « Depuis vendredi dernier, chaque jour, nous recevons trois à sept délégations qui viennent apporter leur contribution et saluer le Khalife. Le président de la République même est attendu jeudi (aujourd’hui) ou vendredi », a assuré le fils du défunt Khalife, Mame Alassane Thiaw Lahi. Revenant sur la célébration, il précise que tout se fait dans la simplicité. « On veille à ce qu’il n’y ait pas de folklore parce que l’Appel est une journée de prière », insiste-t-il.

Pour le Chef de Cabinet du Khalife, « tout est fin prêt bien qu’on ne soit jamais prêt pour ce type d’événement ». « Quand on reçoit des milliers de personnes, il peut y avoir toujours des manquements parce qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite, mais on se prépare au mieux et le reste on le laisse entre les mains de Dieu », ajoute le guide religieux.

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