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Sommes-nous tous co-responsables de la violence?

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Le Sénégal réputé être un havre de paix bascule-t-il tout droit vers une « société libertaire » ou un espace de désordre ? Au vu de ces multiples cas de viol et d’agression meurtrière, nous sommes tentés de répondre par l’affirmative.

Il ne se passe plus une semaine sans que la presse relaye un cas de viol ou de meurtre. Mais, jusque là, aucun plan national de lutte contre ce fléau qui hante le sommeil des populations  n’est, à ma connaissance, encore établi au moment où la série de violences est à des proportions inquiétantes. On préfère plutôt être dans l’indignation et la condamnation sur les réseaux sociaux et le lendemain on pense et passe à autre chose pendant que le mal gagne du terrain. Je ne reviendrai pas ici sur les cas de viol ou de tentative de viol abjects, odieux et abominables enregistrés ces derniers jours à Thiès ou à Tambacounda. Ce n’est pas l’objectif. Après la condamnation, on essaye tout simplement de voir ce qu’il y a dans « l’arrière boutique » pour reprendre Bourdieu.

En vérité, nous sommes tous coresponsables de ces cas de violence et  de crime. Sinon comment peut comprendre et expliquer cette recrudescence de violence alors que les présumés coupables croupissent toujours en taule. Le mal n’est-il dans la société?

La société sénégalaise engendre en elle-même de façon latente les germes de la violence du fait que l’affirmation des différences ente l’homme et la femme sont principalement conférées par la seule naissance selon qu’on est de sexe masculin ou féminin. De ce fait tous les liens d’appartenance perdent leur sens dans la mesure où l’autre n’est pas perçu comme un semblable mais l’autre différent de moi et de ma nature. Or, autrefois, certaines normes de sociabilité contraignent ou autorise l’homme à considérer la femme en face de lui comme une mère, une sœur ou une épouse d’autrui par rapport à laquelle l’on ne pourrait entretenir que des rapports bien établis par la société. Maintenant le statut de sœur, de mère ou épouse est remplacé la copine sur qui on pense être en droit d’entretenir des rapports sexuels et par delà commettre l’irréparable.

Combien de fois étions-nous en face d’une situation où deux ados innocents de sexes opposés sont présentés par la maman ou le père (ceux-là même qui sont censés veiller à leur éducation) comme « sa diabar, sa dieukeur, sa faar… » ? C’est le début du viol par rapport aux normes qui voudraient que la fille et le garçon soient considérés comme des frères et sœurs et non comme de potentiels amants.

Autant de faits qui font que nous sommes plongés dans une crise profonde de repère pour ne pas dire dans un « état de nature ». Notre époque est fortement marquée par un individualisme qui a tendance à remettre en cause notre vivre ensemble. Et cela renvoie inéluctablement à des questions d’insécurité, d’incivisme…

Dans un tel contexte où surgissent divers incertitudes, je reste convaincu que l’heure n’est plus à la Rhétorique mais à l’Action. Par ce faire, la restaurant de la peine de mort comme le pensent certains, n’est pas, à mon sens la bonne solution, car la loi ne change ni les mentalités ni les comportements. L’Education et la Socialisation seraient, à mes yeux, la clé pour bâtir une société saine.

Landing DIEDHIOU, Thieydakar

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