L’imam Tafsir Babacar Ndiour de la grande mosquée du quartier Moussanté à Thiès a préconisé lundi dans sermon de la prière de l’Aïd-el-kébir, un audit des campagnes agricoles depuis l’indépendance.


« Depuis 1960, beaucoup d’argent a été injecté dans l’agriculture, mais les agriculteurs sont au même niveau », a estimé l’imam. Il a fait état de « centaines voire de milliers de milliards » injectés dans les campagnes agricoles en près de 60 ans d’indépendance, déplorant que « la majeure partie de cet argent n’arrive pas jusqu’aux destinataires ». Une situation qui s’explique selon lui par le fait que beaucoup d’acteurs du secteur ne craignent pas Dieu et maintiennent de ce fait les producteurs « dans les difficultés ».  « Ces campagnes agricoles, ce serait bien de les auditer », a-t-il dit, avant de fustiger les pratiques de « ceux qui vivent de l’agriculture, et qui n’ont pas de champs, n’engagent pas d’ouvriers agricoles et ne savent même pas comment tenir une houe ». 

Ces derniers, qui n’achètent ni ne vendent des intrants agricoles, et n’exercent non aucun métier lié à l’agriculture, ne comptent que sur des « tractations sur le dos des paysans ». S’y ajoutent qu’ils « gagnent plus que les producteurs eux-mêmes », roulent en 4X4, et font le tour des salons à Paris ou ailleurs, a regretté l’imam Ndiour.  « C’est des gens qui ne craignent pas Dieu », a-t-il dit, tout comme selon lui ceux qui les mettent en orbite et les enrichissent.

 L’imam a de même fustigé le trafic des intrants agricoles, engrais et semences subventionnés vers d’autres pays, comme des pratiques déplorables.  Il n’a pas manqué de prier pour un bon hivernage, soulignant que « Dieu est le Seul à pouvoir nous en gratifier ».  

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