Pétrole: les prix soutenus par la nouvelle réglementation maritime ?

Le Congrès mondial de l’énergie réunit les dirigeants des grandes compagnies pétrolières et les ministres du secteur, à Abou Dhabi, jusqu’à jeudi. Les prévisions ne sont pas très bonnes pour les cours du brut. Mais les nouveaux carburants maritimes pourrait soutenir les prix du baril.

Ce ne sera pas l’euphorie au sein du gotha pétrolier réuni pendant quatre jours, à Abou Dhabi. Le prix du baril plafonne à 60 dollars, il a perdu 20 % depuis le mois d’avril. Et les prévisions pessimistes s’accumulent depuis quelques jours sur l’évolution des cours en 2020.

Que ce soit le Département américain à l’Energie, les banques, la compagnie britannique BP, ou le négociant de pétrole Vitol…, tous pronostiquent une stagnation des prix à ce niveau au moins une bonne partie de l’année prochaine.

Offre pétrolière importante en 2020

Conséquence du ralentissement économique lié aux guerres commerciales, la consommation de pétrole a augmenté moins que prévu en 2019. Y compris en Chine, où une taxe de 5 % sur le pétrole américain dissuade d’en importer davantage.

Pendant ce temps l’offre de pétrole continue de grossir. En 2020 de nouveaux barils vont être produits au Brésil, au Canada, en Norvège, et les Etats-Unis vont inaugurer deux oléoducs jusqu’à l’Atlantique pour exporter leur pétrole de schiste. On risque de nager dans le pétrole, malgré l’action de l’OPEP et de la Russie pour resserrer un peu les vannes, malgré les sanctions pétrolières contre l’Iran et le Venezuela, malgré les désordres en Libye.

Le nouveau fioul marin facteur de hausse ?

Pourtant 2020 sera l’année d’une révolution dans les carburants maritimes, qui pourrait changer un peu la donne. Au mois de janvier les navires n’auront plus le droit d’utiliser de fioul à haute teneur en souffre, l’Organisation maritime mondiale a fini par interdire ce carburant marin très nocif pour la santé. Le fioul lourd devrait donc devenir très marginal dans les soutes au profit de carburants plus raffinés, plus légers et plus chers. Ceux-là mêmes qui sont nécessaires dans le transport aérien et le transport routier.

C’est ce qui pourrait, pronostique le cabinet d’études spécialisé Wood Mackenzie, faire remonter les prix du brut, en particulier du pétrole léger, comme le Brent de la mer du Nord ou le pétrole américain, au niveau des 70 dollars le baril.

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