Les combats de lutte se suivent mais ne se rassemblent pas. L’issue du combat royal d’hier qui opposait Emeu Sène, tenant du tire du roi des arènes, à son adversaire du jour Modou Lo doit nous amener à cogiter ensemble sur comment prévenir notre sport national d’un danger mortel.

Derrière le côté vertueux de la lutte , se cache une face moins reluisante, où la violence semble être encouragée et organisée.

La manière dont Eumeu Sène s’est écroulé à la suite des coups que son adversaire Modou Lô lui a portés, et les longues minutes d’inertie qui s’en sont suivies, en ont inquiété plus d’un. Ce n’est hélas que le dernier acte en date d’une longue série de faits qui montrent que ce qui se passe dans les combats de lutte est le résultat que nous sommes en face d’un danger permanent de mort. Ce ne sont pas les alertes et avertissements qui ont manqué ou manquent pour nous rappeler que nous devons poser sur la table la question sur la pertinence de la lutte dans la manière dont elle est pratiquée depuis le milieu des années 1920.

Nous avons maintes fois vu du sang gicler à Iba Mar Diop, Demba Diop ou à Léopold Sédar Senghor. Nous avons vu une dent tomber sous le coup d’une main nue. Ardo, le médecin du CNG (structure administrative qui fixe les règles du jeu), a, à de nombreuses reprises, mis fin à des combats parce qu’un lutteur ayant reçu trop de coups ne pouvait plus continuer.

Mais chaque fois, porté par une passion mortifère, le public alimente la chronique sur les prouesses des champions qui devraient être sensibles aux mises en garde. On ne sait jamais à l’avance qui peut être victime d’un coup fatal. Il vaut mieux relancer le débat sur cette « lutte avec frappe » – un héritage colonial – que d’avoir à discuter sans fin sur un drame que personne ne souhaite voir survenir en direct à la télé et sur les réseaux sociaux.

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