Le dessinateur de “Sidi et Rama’’

Mamadou Lamine Thiamest le dessinateur de plus de 100 œuvres dont le fameux “Sidi et Rama’’, quia été au programme dans l’élémentaire, pendant plusieursannées. L’ex-fonctionnaire, après plus de 34 ans de service dans le public, continue de monnayer son talent depuis son Diofior natal.

Le livre “Sidi et Rama’’ a accompagné, pendant des années, les premiers pas de milliers de Sénégalais dans l’univers des lettres. On a retrouvé à Diofior, une commune de la région de Fatick, ce week-end, celui qui a dessiné la première page de cet ouvrage ainsi que toutes les images contenues dans le livre. Il s’appelle Mamadou Lamine Thiam et a vu le jour en 1951 dans cette ville.

Après son BEPC à Thiès en 1971, il a été reçu à l’école nationale des arts du Sénégal (ENA), en 1972. “En 1972, quand je faisais le concours, il y avait 33 candidats pour tout le pays. On a pris 6 et j’en faisais partie. Ensuite, j’ai été orienté à la télévision scolaire où j’ai fait 34 ans de service. J’ai pris ma retraite en 2011. Depuis lors, je vis ici à Diofior’’. Quatre ans après sa sortie de l’ENA, il commence à tisser sa toile dans l’univers professionnel des arts plastiques, en participant à une exposition collective à la maison des jeunes et de la culture de Fatick. En 1979, les portes de l’international lui sont ouvertes, avec le salon des artistes sénégalais organisé au Mexique.

 Il a, par la suite, fait un stage en photo en Guinée Conakry, avant de bénéficier de la même opportunité au Canada. C’était en 1994. Mamadou Lamine Thiam se présente comme le premier sculpteur métallique du Sénégal, en 1972. Mais ce métier s’est révélé très difficile, il a, alors, fait une formation en décoration en peinture, plus légère et plus facile. Puisqu’il s’est toujours intéressé au dessin et à l’illustration. D’ailleurs, c’est en 1980 qu’il a réalisé ses premières images pour un livre. Onze ans après, il a reconduit l’expérience avec “Sidi et Rama’’. Deux ans après, il a tenté une autre version de “Sidi et Rama’’, en mathématiques, cette fois-ci. “C’est l’INEAD qui louait mes connaissances artistiques. J’ai eu à travailler avec eux un peu plus tôt. Quand je signais un contrat, mon directeur me donnait l’autorisation d’aller le faire, vu que c’était une affaire nationale. Il fallait créer des livres didactiques, à partir de la télévision scolaire.

C’était l’Etat qui nous engageait, à travers ministère de l’Education nationale. Il m’a fallu juste un mois pour dessiner les images de tout ce livre’’, dit-il. Dans la pratique, il travaillait avec des inspecteurs qui corrigeaient ses brouillons avant la finalisation. “C’est avec un ami du nom de Moustapha Ndoye que je travaillais, en toute cordialité. D’ailleurs, jusqu’à présent, nous travaillons ensemble et il m’a beaucoup aidé sur mes projets. Au total, j’ai eu à travailler sur une centaine de livres. Toutes les ONG louaient mes services au niveau national comme international. Au Sénégal, les artistes sont malheureux. Ma première aide matérielle, en 1979 avec Senghor, était de 150 000 F CFA. C’était notre premier appui au niveau national. Je dis à l’actuel ministre de la Culture que les jeunes de Diofior sont prêts pour développer la culture. Nous souhaitons qu’il nous appuie financièrement et matériellement’’, plaide Mamadou Lamine Thiam. “L’art est mort, quand Senghor a quitté le palais’’ M. Thiam n’est plus fonctionnaire de l’Etat. Il a pris de l’âge et voudrais partager son savoir-faire avec la jeune génération. “Je suis âgé certes, mais je suis prêt à partager mes connaissances avec les jeunes. Je suis disponible pour cela.

Je peux les soutenir. Ma vision future est de les encadrer, de les soutenir. Je suis toujours dans les affaires. D’ailleurs, je viens de signer un contrat, mais il est hors de question pour moi d’habiter à Dakar. Je vais travailler à distance’’, fait savoir l’artiste qui prenait part à l’inauguration de la Maison des cultures urbaines de Diofior. “Je suis connu de tous, donc ce n’est à moi d’aller vers les gens, mais le contraire. Avec une expérience de plus de 34 ans, je ne vais pas demander à ce qu’on m’honore. Je suis très connu dans le pays. L’art est mort, quand Senghor a quitté le palais. C’est le seul homme d’État qui aidait les artistes jusqu’à sa mort. Il faut oser le dire. Abdou Diouf n’a rien fait pour l’art. Les prix du Chef de l’Etat pour les arts sous son magistère étaient très politiques.

Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait les gagner. Wade n’aimait pas les arts’’, soutient M. Thiam. Qui crie tout haut qu’il n’est pas malheureux, car il a eu à servir l’Etat. “Toutes les personnes qui ont réussi sous la génération de “Sidi et Rama’’ me rendent fier. En plus, je continue à percevoir mon salaire (pension de retraire)’’. Si l’Etat ne l’a pas encore célébré, il peut s’enorgueillir des prix qu’il a remportés, comme celui du meilleur logo international du programme de formation international pour l’environnement (PFIE) du 9e Etat du CILSS. Il a eu le 3ème prix des maquettes pour la sauvegarde de l’Ile de Gorée avec la Fondation Léopold Sédar Senghor, en 1986. Son affiche a été présélectionnée pour le 40e anniversaire des Nations-Unies.

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