Idrissa Seck, diagnostic d’un silence intrigant

« La parole du silence ou le silence de la parole ». La phrase est du palindrome. Au style direct comme au verlan, elle semble épouser la parfaite situation de la carrière politique actuelle de Idrissa Seck. Une puissante machine politique d’excavation de rêves de pouvoiriste, aujourd’hui stationnée à la rue du mutisme, avenue de l’omerta. « Le silence de Idrissa Seck est inquiétant. En tant que leader politique, il ne s’est pas prononcé sur des questions importantes, notamment l’affaire du pétrole et du gaz, sur les inondations, l’insécurité et les accidents de circulation. Normalement, les vrais opposants interviennent sur ces question-là pour alerter et surtout interroger la majorité sur la gestion des ressources naturelles (…) Idrissa Seck intervenait sur des questions d’actualité qui préoccupent les citoyens. C’est un vide qui est peut-être volontaire, mais ne semble pas être une bonne stratégie », analyse Moussa Diaw, enseignant chercheur en sciences politiques à l’Ugb.

Le politologue ne porte pas de gant. Il met le doigt dans la plaie : « Idy a intérêt à parler, sans quoi les gens l’oublient. Les populations ont tendance à considérer nos politiciens comme des opportunistes qui n’attendent que les veilles des élections pour parler. C’est donc une erreur de stratégie. Au moment où on parle de statut de chef de l’opposition, il faut qu’il soit présent dans l’espace politique pour être un acteur permanent aspirant à diriger le pays un jour. Depuis sa puissante défaite à la Présidentielle de 2019 et ses quelques sorties publiques pour exprimer sa « non- reconnaissance » de la « mascarade électorale », Idrissa Seck a retrouvé ses vieilles habitudes. Celles qui ont motivé ses adversaires à le qualifier de « politicien de luxe », incapable de maintenir le rythme d’un effort politique poussé. Même quand le très polluant débat sur le pétrole et le gaz sénégalais qui éclabousse le frangin du président de la République, Aliou Sall, s’est ébruité , le candidat déchu à la dernière présidentielle n’a pas cru nécessaire d’élever la voix.

Dans le camp de l’actuel Président du Conseil départemental de Thiès, le mutisme de Idrissa Seck est une impérieuse nécessité. La stratégie du silence adoptée par leur leader est salutaire. A tous points de vue. « Parce que, répètent-ils en choeur, l’heure n’est pas à la parlotte, mais à la remobilisation des troupes pour se projeter sur les prochaines joutes électorales. Puisque moins l’on parle, moins l’on se découvre ».

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