DIOURBEL RECLAME LE PACASEN

Tirées dans le lot, les quatre communes du département de Diourbel, bénéficiaires du Programme d’appui aux communes et agglomérations du Sénégal (Pacasen) devront encore patienter pour pouvoir profiter des retombées dudit programme. Jusqu’ici, la mise en œuvre tarde à se faire depuis plus d’un an. D’une durée de cinq ans, le programme, dont 12 % du financement, est destiné à quatre communes de la région de Diourbel, a connu des lenteurs dans son exécution. Prévu en 2018, le démarrage dudit programme tarde toujours à être effectif dans ces communes.

 Ce qui ne manque pas de susciter des inquiétudes auprès des représentants des différentes communes bénéficiaires du département de Diourbel qui se sont réunis la semaine dernière dans le cadre d’une mission de suivi technique du programme en question. Selon le 2e adjoint au maire de la commune de Diourbel qui a pris part à la rencontre, c’est déplorable de voir à chaque fois le démarrage effectif du programme différé. “Il faut accélérer les choses. Ce programme devait démarrer depuis l’année passée. Jusqu’à présent, il ne l’est pas, alors qu’il est très important, parce qu’il permet aux communes bénéficiaires de souffler financièrement. Cette année est une année électorale et il se peut que le maire qui aura démarré le programme ne puisse pas le continuer, s’il n’est pas réélu’’, déclare Mbaye Diakhaté.

 A peine qu’il s’est tu, le directeur de l’Agence régionale de développement de Diourbel, Samba Laobé Mbaye, lui rétorque : “En tant qu’équipes municipales actuelles, vous avez des opportunités de construire pour le futur. Vous devez être fiers de préparer le terrain pour les autres.’’ Prenant la parole, le secrétaire municipal de la commune de Mbacké, Mohamed Niang, lui, estime que ces lenteurs risquent de les mettre en mal avec les populations qui s’impatientent depuis le lancement du programme. Mais pour le secrétaire général de l’Agence de développement municipal (Adm), contrairement aux appréhensions des uns et des autres, le programme a effectivement démarré depuis le 6 novembre 2018. Seulement, relèvet-il, les lenteurs s’expliquent en partie par les réformes qui devaient être faites au niveau du Fonds d’équipement des collectivités territoriales. “C’est un programme de type nouveau qui cible la performance. Depuis deux ans, on en parle, mais c’est surtout au niveau central qu’il était connu.

 Il fallait que l’information et la communication puissent être élargies aux autres collaborateurs des maires. Et c’est ce qui a été fait. Ce programme vise des réformes structurantes pour le devenir des collectivités territoriales’’, explique-t-il. Au total, c’est un financement de 16 milliards de francs Cfa, soit 12,30 % du financement global du Pacasen, qui est de l’ordre de 130 milliards de francs, qui est alloué aux communes de Bambey, Touba, Mbacké et Diourbel. Initié par l’Etat du Sénégal avec l’accompagnement de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (Afd), le Pacasen est destiné à opérationnaliser l’acte 3 de la décentralisation. Il vise à accroître les ressources du gouvernement local et améliorer la transparence, la prévisibilité et la répartition équitable des transferts financiers de l’Etat aux collectivités territoriales (Ct).

 Mais aussi à améliorer les performances des communes impliquées dans la gestion des investissements publics pour la prestation de services locaux. A travers ce programme, l’Etat a augmenté considérablement les ressources dédiées aux collectivités territoriales, à travers le Fonds d’équipement des collectivités territoriales et le Fonds de dotations de la décentralisation. Outre ces fonds, il y a la mise en place d’une commission de fiscalité locale. S’agissant des fonds alloués aux collectivités territoriales et qui faisaient jaser bon nombre de maires, le représentant de la Direction générale des impôts et domaines est revenu sur les nouvelles dispositions. Pour lui, désormais, même les communes qui ne disposent pas de ressources vont bénéficier de l’argent recouvré au niveau de certaines sociétés. “Si je prends l’exemple de la vente de cartes de crédit de téléphone, les sommes générées par les taxes seront distribuées à toutes les communes. Pour la première fois, les dotations du Fect seront réparties aux 599 collectivités territoriales de façon prévisible, selon des critères claires et objectifs qui favorisent notamment les collectivités territoriales les plus pauvres et les plus rurales’’, déclare-t-il.

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