Ken Bugul invite les parents à partager des livres avec leurs enfants

L’écrivaine sénégalaise Ken Bugul a invité, mercredi à Thiès, les parents à consacrer plus de leur temps à partager des livres avec leurs enfants pour nourrir leur esprit, afin de voir émerger un nouveau type de Sénégalais.
Pour Ken Bugul, de son vrai nom Marétou Mbaye, c’est par la nourriture de l’esprit à travers la lecture, que l’on transmet à l’enfant le sens du discernement et qu’on forgera un « nouveau type de Sénégalais ».
Le livre développe tous les sens de l’enfant, ceux de l’observation, du toucher, du goûter, a-t-elle dit en marge de l’ouverture du 4-ème Salon international du livre de Thiès, dont elle est la marraine.
Vingt-cinq maisons d’éditions et une vingtaine d’écrivains prennent part à cette rencontre de quatre jours, couplée d’une animation culturelle diversifiée.
Dans la lecture, l’enfant rencontre la grammaire, la syntaxe, tout comme il nourrit son cerveau après avoir nourri son ventre, relève Ken Bugul.
Ken Bugul estime qu’ »acheter un livre doit faire partie du budget » de la famille. A l’image des contes racontés aux enfants par le passé, les livres que le parent partage avec ses enfants développent leur imaginaire, fait-elle valoir.
D’où son « message conjoint » en direction des parents et de leurs enfants, pour donner plus de considération à la lecture, base de la connaissance.
« Quand nous rencontrons des problèmes nous les reprochons à nos enfants sans se le faire à nous-mêmes les parents », déplore-t-elle, regrettant le fait que les parents passent plus de temps dehors, en courant derrière la dépense quotidienne.
Ils laissent un vide que les enfants tentent de combler avec les réseaux sociaux, séries télévisées et autres, a-t-elle poursuivi.
L’auteure estime aussi qu’ »il ne faut pas critiquer l’Internet », qui est une importante source de savoir. « C’est comme au marché, tu choisis ce que tu veux acheter », a-t-elle ajouté, estimant que le rôle du parent est d’aider l’enfant à choisir entre ce qui est bon et ce qui est mauvais.
A 72 ans, l’auteure de plusieurs ouvrages, dit ne pas s’arrêter de lire, scrutant tout ce qui est écrit sur les emballages. « J’apprends ainsi beaucoup de choses », a-t-elle dit.
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