«L’augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers : une infamie !» par M. Amadou Bal BA

«Pendant que la maison brûle on regarde ailleurs» avait dit Jacques CHIRAC. Dans cette crise grave, concernant les revendications légitimes des Gilets jaunes, pour un pouvoir d’achat et une meilleure répartition de la charge fiscale, Jupiter tente de louvoyer, et appelle au secours en direction du «Vieux monde» pour éteindre l’incendie qu’il a, lui-même, allumé.

On a oublié, dans cette crise une décision infâme : celle de porter les droits d’inscription des étudiants étrangers de 170 euros à 3 770 euros. C’est une mesure ségrégationniste qui ne dit pas son nom. Elle est si odieuse qu’on a du mal à comprendre, ce qui justifie une telle distinction de traitement entre les nationaux et les étrangers, si ce n’est cette montée honteuse du racisme, que la famille LE PEN ne renie pas. C’est bien une démocratie ethnique qui se met en place, dans l’indifférence presque totale.

M..Gérard COLLOMB, l’ancien ministre d’État, ministre de l’intérieur, a bien compris que, dans cette affirmation de principe «Ni de droite, ni de gauche», c’est, en fait, Edouard PHILIPPE, qu’on voit partout maintenant en première ligne. Le premier ministre a gagné le leadership, celui d’un libéralisme sans conscience sociale, teinté d’autoritarisme et de mépris pour les petits, et tout ce qui est différent.

Jusqu’ici la France, après l’indépendance des pays africains, avait mis en place sous de GAULLE (voir mon article) un système avec ses anciennes colonies dit de la Françafrique, une indépendance dans la dépendance. Les étudiants africains qui venaient se former en France reproduisaient dans leur pays d’origine, en raison de cette communauté de langue et de culture, ce système de dépendance.

Cette hausse, inconsidérée et injustifiée, des droits d’inscription des étudiants étrangers, signe la mort de tous les accords de coopération entre la France et l’Afrique francophone. En effet, en raison d’une politique très restrictive des visas depuis 1986, bien des cadres africains se forment déjà aux États-Unis. La Chine, à travers son Institut Confucius, donne beaucoup de bourses et enseigne sa langue en Afrique.

Cette politique obsessionnelle de l’immigration avait conduit, tout récemment, le président MACRON à durcir la réglementation sur les étrangers, déjà modifiée 24 fois depuis 1945 (délai de rétention passant de 45 à 90 jours, accélération de la procédure d’éloignement et réduction drastique des garanties judiciaires). C’est une loi lepéniste, purement inspirée de motifs ségrégationnistes.

Dans les deux cas, en dehors de la solidarité des associations humanitaires ou de syndicats étudiants qui commencent à se mobiliser, on s’intéresse peu à ces personnes.

Pire les gouvernements africains, eux aussi, ne défendent pas leurs nationaux. Qu’est ce qui justifierait, désormais, le maintien du FCA en Afrique, de la francophonie et de ces sommets franco-africains ?

Mais dans cette colère des Gilets jaunes, une convergence des luttes avec les syndicats étudiants pourrait secouer Jupiter, devenu Pluton le dieu de l’enfer pour les exclus, dans ses attaques répétées contre les faibles, et qui se cache dans son palais.

Il va falloir aussi que les français issus de l’immigration sortent de leur profond sommeil. Une résistance passive, comme l’aurait fait GANDHI, en refusant d’aller travailler pendant une semaine, montrerait leur rôle et utilité dans ce pays.

Paris, le 5 décembre 2018, par M. Amadou Bal BA,

Facebook Comments
WP Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com