Ballon d’or : la victoire de Modric passée au scanner

Comme de coutume pour le vote du Ballon d’or France Football, la géopolitique des votes revêt une importance capitale, pour l’attribution du trophée. Coupons court à toute thèse complotiste. Luka Modric n’a pas volé son trophée. Le Croate finaliste de la dernière Coupe du monde et vainqueur de la Ligue des champions a remporté le Ballon d’or haut la main, lundi soir, et l’analyse des statistiques du vote est là pour le prouver. Le système de vote est similaire à celui de L’Eurovision. Les 180 jurés qui représentent chacun un pays désignent un top 5 de joueurs et leur attribuent chacun 6, 4, 3, 2 et 1 point, du premier au cinquième.

Au-delà de son nombre de points total, 753, qui le place à 277 unités devant le deuxième, le Portugais Cristiano Ronaldo, la très large avance de Modric ne laisse pas la place au doute. Griezmann finit sur le podium comme en 2016, avec 414 points.

La prédominance de la Ligue des champions

Ce vote confirme une tendance : la Coupe du monde n’est plus l’alpha et l’omega de l’attribution du Ballon d’or. En 2010 et 2014 déjà, la récompense avait échappé à un champion du monde. Cela montre que la Ligue des champions et son feuilleton « mondialisé » sont devenus plus brillants aux yeux des votants que le trophée de la Coupe du monde. Et ce n’est pas un hasard si on trouve 9 joueurs du Real parmi les 30 premiers du classement 2018 et seulement 6 champions du monde…
Les stars des Bleus se sont cannibalisées.
Le Ballon d’or est avant tout un trophée individuel. Il se donne au meilleur joueur et pas à la meilleure équipe. La France, qui a ainsi cumulé 921 points au total (contre 905 pour le Real), aurait pu avoir le trophée de l’Equipe d’Or s’il existait ! Il est donc arrivé aux Bleus ce qui est arrivé aux Allemands en 2014, et aux Espagnols en 2010 : leur performance d’équipe n’a pas révélé de personnalité individuelle assez forte pour emporter un suffrage aussi « direct » que le Ballon d’or. En d’autres mots, les stars des Bleus se sont un peu cannibalisées, comme Iniesta et Xavi en 2010. Modric a donc profité de sa relative « solitude » pour s’imposer, comme avant lui Ronaldo en 2014, et Messi en 2010.
79 votants sur 180 ont placé le Croate en tête

Même constat lorsque l’on s’attache au classement des premières places. Le milieu de terrain de la « Maison Blanche » a été placé 79 fois en tête par le jury de 180 votants du monde entier, contre seulement 29 pour Griezmann et 22 pour « CR7 ». Le total des premières places des trois mousquetaires français du top 10 (NDLR : Griezmann, Mbappé, Varane), n’atteint que 55 premières places, ce qui rend encore plus chimérique la perspective d’avoir eu un Français primé cette année.
Griezmann élu en Amérique du Sud

Si on s’attache à la géopolitique des votes, Modric s’impose dans le monde entier et arrive en tête dans quatre confédérations FIFA (Europe, Afrique, Asie et Amérique du nord et centrale). Le vote des journalistes est individuel et ne répond pas à une logique politique : Modric n’a ainsi eu aucun point du représentant slovène, alors que le journaliste serbe l’a classé premier.

Antoine Griezmann est, lui, en tête en Amérique du Sud. Sa campagne médiatique pro-uruguayenne a peut-être payé sur ce coup-là. Ronaldo et Mbappé sont ex-aequo en Océanie.

Si la France veut remporter le Ballon d’or dans les années à venir, elle devra miser sur une influence aussi soudaine que forte des Seychelles qui a placé Griezmann, Varane et Mbappé aux trois premières places !

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