Entretien: le Pédopsychiatre, Dr Lamine Fall explique comment développer la complicité Parents-Enfants …

De la famille élargie à la famille nucléaire ou même mono-parentale, beaucoup de chose ont changé, là où on pouvait avoir le soutien de tous, on est seul, face à un dilemme originel : comment s’y prendre avec les enfants ? Et quand ils deviennent adolescents, c’est encore pire. Rien de plus important dans la création et le raffermissement des liens psychoaffectifs entre parents et enfants que la communication, une bonne communication, qu’elle soit verbale ou visuelle, qu’importe, mais elle est primordiale et doit commencer dés la plus tendre enfance, voire même dés la conception. Afin de vous aider à mieux passer ce stade très délicat aussi bien pour les parents que pour les enfants, votre rédaction est allée à la rencontre d’un pédopsychiatre qui va vous parler de la communication pendant la crise d’adolescence.

Entretien…

Dr Fall, pour commencer pouvez-vous nous parler de manière générale comment créer et développer le rapport psycho-affectif parents-enfants ?

L’enfant se développe de façon harmonieuse grâce à la qualité de ce rapport qui ne dépend pas d’une certaine manière que du parent, y a des aspects conscients et inconscients dans ses éléments constitutifs. Je pense que pour les constituer, il y d’abord le bon vouloir, le désir du parent de faire un lien positif et certainement aussi celui de l’entourage d’aider les deux parents dans ce travail. Disons, un bébé qui vient de naître n’a pas les mêmes besoins qu’un bébé d’un an. De la même manière, plus il grandit, plus il a besoin d’autonomie, qu’on ne fasse plus pour lui les choses qu’il sait faire mais qu’on puisse lui témoigner de la valeur quand il réussit ou quand il essaie de réussir même s’il n’y arrive pas. C’est dans cette atmosphère que l’enfant peut sentir ou non l’affection, l’amour qu’on lui porte. Certains sont plus disposés que d’autres à apporter plus d’affection à leurs enfants et on peut voir des situations où l’intervention d’un tiers est indispensable, compte tenu de l’expérience des parents.

Quelle est l’importance de la communication dans la construction de ce lien et quelles en sont les différentes étapes?

La communication est la base fondamentale de toute relation, dans cette communication, y a beaucoup de choses qui sont dans l’interaction, qui ne vont pas dans un seul sens. Une bonne qualité dans cette communication, c’est surtout les informations, on distingue les informations du bruit, l’information produit toujours un changement quelque soit le type d’information mais quand y a que du bruit, ça ne change rien du tout. Donc il faut que les parents puissent donner plus d’informations que de faire du bruit s’ils veulent vraiment que cela ait un impact sur le développement de leur enfant. Les étapes de cette communication varie en fonction de l’âge, admettons qu’un bébé de quelques jours, on ne va pas communiquer avec lui de la même façon qu’un enfant d’un an ou un adolescent. En terme de dépendance et d’autonomie, c’est un jeu qui va se modifier au cours du processus de croissance, l’enjeu est extrêmement important à ce niveau si c’est bien vécu depuis l’enfance.

L’adolescence est vraiment une étape très difficile aussi bien pour le parent que pour l’enfant, selon vous, quelle est la meilleure façon de communiquer avec son enfant dans ces moments ?

La crise doit être perçue dans sa fonction maturative, disons une fonction positive de murissement, c’est-à-dire que ce n’est pas pour chambouler les choses, mais pour les réorganiser. Tout ce qui était stable jusque là devient moins rassurant, c’est angoissant parce qu’on veut changer les choses. On peut se projeter positivement en disant que c’est un changement utile qu’il faut accompagner sereinement, la fermeté du cadre, des adultes, leur sérénité, leur confiance sont transmis à l’adolescent qui peut s’y appuyer pour construire une personnalité solide. La meilleure façon de communiquer avec un adolescent, c’est d’être attentif à ce qu’il vit, la communication, c’est un échange, c’est interactif, on envoie une information, on attend un retour, ce n’est pas univoque, ni dans un seul sens où il y a un adulte qui vient façonner un adolescent. Donc il faut éviter de fixer les choses et surtout ne pas négliger les ressources extérieures, quelque soit ces ressources surtout quand c’est disponible, ça peut être sur la parenté, ça peut être sur le voisinage, ça peut être sur des structures, des professionnels, etc.

 

Entretien réalisé par mounamak

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